Combien pèsent les banques ?

L’INSEE vient de publier une étude fort intéressante, qui mesure l’écart d’appréciation de la performance des banques selon qu’on l’apprécie à travers leurs comptes publiés chaque année, ou à travers la comptabilité publique.

La divergence des résultats s’explique pour l’essentiel parce que l’INSEE ne mesure pas comme les banques leur contribution à l’économie. Mais également, parce que le rôle des banques a profondément évolué, pour faire une place grandissante aux activités de marché, les établissements s’éloignant de plus en plus de leur métier « traditionnel », celui de créer de la monnaie et de financer l’économie.

« La comptabilité nationale retient au sein de la valeur ajoutée ce qui relève de la production de services bancaires, qui seule contribue au PIB. Or, ce sont d’autres éléments qui expliquent la forte croissance des résultats bancaires jusqu’en 2006 et leur repli en 2008 : revenus financiers d’une part, plus ou moins-values sur les actifs détenus ou échangés par les banques d’autre par« , écrit l’INSEE.

Autre enseignement: le poids des banques dans le PIB est resté relativement stable, à 4,8% (en incluant les sociétés de services financiers) – un niveau comparable à l’Allemagne (4,2%), et inférieur au Royaume-Uni (6,6%).

Pour information, le plan de relance de l’économie, d’un coût de 26 milliards d’euros, n’a représenté que 1,3% du PIB, selon Bercy.

Le plan français d’aide aux banques incluait 2 mécanismes: un mécanisme pour assurer l’accès des banques aux liquidités, en substitution au marché interbancaire totalement gelé fin 2008, via la SFEF (plafond d’émission de 265 milliards d’euros); l’injection directe de fonds propres pour 40 milliards d’euros (argent dont une bonne partie a depuis été remboursé).

« L’activité bancaire mesurée par les banques et la comptabilité nationale », Jean-Marie Fournier (INSEE), Denis Marionnet (Banque de France), INSEE Première, n°1.285, Février 2010, 4 pages (téléchargeable).