PagesJaunes et le mur de la dette

Depuis le paiement fin 2006 d’un dividende exceptionnel de 9 euros par action, financé par endettement, le titre PagesJaunes a un parcours moribond. Les investisseurs ont placé le titre de l’éditeur d’annuaires sur liste rouge, estimant que la transition de ses services du papier vers Internet ne va pas assez vite, mais également que la dette destinée à les amadouer, remboursable in fine (en 2013), représente  une perspective peu réjouissante pour les finances du groupe.

Le changement de dirigeant opéré par KKR, l’actionnaire de référence de PagesJaunes, n’a pour l’instant donné que peu de résultats. Le groupe ne réalise toujours pas la majeure partie de son activité sur Internet (42% en 2009 contre 24% en 2005) et doit investir davantage pour relancer ses ventes.

La croissance du nombre d’annonceurs en ligne reste modeste et la hausse rapide des revenus moyens générés par annonceurs sur Internet ne suffit pas à compenser le déclin de « l’ARPU » (revenu moyen par annonceur) sur le papier.

Ces éléments se reflètent pour partie dans les objectifs financiers du groupe, avec une marge brute opérationnelle au mieux stable en 2010, au pire en déclin de 5%…

Certains investisseurs peuvent donc se demander si PagesJaunes n’investit pas avec retard pour devancer la reprise du marché de la publicité en ligne. Le marché a certes décliné en France en 2009, selon les chiffres du SRI. Mais l’organisme professionnel attend un rebond sensible dès 2010, que PagesJaunes doit tout faire pour capter, au risque de se laisser distancer par des acteurs plus agiles que lui dans l’univers en permanente ébullition des nouveaux médias.

Mais la pire des déceptions porte sur le dividende, dont le taux de distribution que le groupe entend maintenir à un niveau élevé « ne constitue en aucun cas un engagement de PagesJaunes » (un commentaire enfoui en bas de page dans son communiqué de presse). Or, comme le soulignait récemment la banque Nomura, cette promesse d’un rendement élevé était l’un des principaux motifs de détention du titre pour de nombreux investisseurs.

Reste enfin la question de l’endettement. Comment PagesJaunes compte-t-il refinancer sa dette. Le fera-t-il avant l’échéance ? Ou attendra-t-il 2013 pour envisager une solution équitable pour l’ensemble de ses actionnaires ?

Au moment où le titre cote à un niveau particulièrement bas et se traite sur des ratios boursiers qui peuvent susciter la curiosité, ce type de communication risque plus d’inciter de nombreux investisseurs à passer leur chemin.

Quelques données financières et ratios boursiers