Une investigation de plus d’un an, ayant coûté plus de 30 millions de dollars, selon le Wall Street Journal. Un rapport de 2.200 pages en 9 volumes. C’est le résultat de l’enquête menée par Anton R. Valukas, et demandée par la justice américaine, sur la faillite de Lehman Brothers, survenue le 15 septembre 2008.
Selon ce rapport, les dirigeants de la banque ont tronqué la réalité sur sa situation financière, utilisant certains artifices comptables. Le cabinet d’audit de la Lehman, Ernst & Young, est d’ailleurs sur la sellette. Les alertes de certains dirigeants de l’établissement financier ont été ignorées.
Le rapport affirme également que d’autres établissements de Wall Street – JPMorgan et Citigroup – ont précipité la faillite de Lehman en demandant, aux heures les plus critiques, plus de contreparties financières (collatéraux). Une accusation également étayée par la presse et par certains ouvrages, dont celui de Larry McDonald, A Colossal Failure of Common Sense.
McDonal raconte notamment comment certains responsables avaient vu dès 2005-2006, en pleine euphorie immobilière, que les choix de Richard Fuld, PDG de la banque d’affaires, risquaient de mener au désastre. Leurs avertissements ne furent jamais pris avec sérieux.
Cette nouvelle affaire de manipulation comptable rappelle étrangement l’histoire d’Enron, qui employa des artifices comptables pour faire apparaître une croissance rapide de ses ventes, tout en dissimulant l’explosion de son endettement. L’entreprise, active dans le secteur de l’énergie, fit faillite en 2001.
Dans le cas de Lehman, les artifices comptables ont servi à gonfler artificiellement la valeur de certains investissements, notamment dans l’immobilier résidentiel ou commercial, au moment où les prix de l’immobilier commençaient à chuter. Pour l’heure, ces révélations n’ont pas fait l’objet de poursuites judiciaires… Le rapport Valukas ne devrait toutefois pas rester lettre morte.