Un stress test pour les Etats européens

La Grèce est dans la panade, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie pourraient suivre, et pourtant c’est toute la planète finance qui tremble (avec, quelle surprise, une vague de panique à Wall Street…). A voir la chute des Bourses (un peu plus de 9% en 4 séances à Paris…), l’effet de contagion est bien réel et le mot d’ordre est partout le même: sauf qui peut les actifs risqués. Bizarrement, plus les pays veulent rassurer sur leur situation économique, plus les banques expliquent le montant de leur exposition, moins leurs discours ne rassurent.

Comme le souligne Dylan Grice, stratégiste à la Société Générale, la crise asiatique de 1997 vient nous rappeler qu’un pays a beau présenter un « bilan solide », il peut bien ne pas résister aux assauts du marché. Ce fut le cas à l’époque lorsque la crise, qui débuta en Thaïlande, affecta par effet de contagion les Philippines, l’Indonésie… puis la Corée du Sud, pourtant considérée comme à l’abri d’une chute de sa devise. La crise des subprime avait eu le même effet pour le secteur financier (en dehors de quelques banques au Canada ou en Asie).

Dans la zone euro, compte tenu d’une monnaie unique, les ajustements se font sur les CDS et les taux d’intérêt attribués par le marché à tel ou tel pays. Problème: un pays qui peut être considéré comme « solide » avec un taux d’intérêt de 4%, peut ne plus l’être avec un taux de 6% ou 8%. Ce qui arrive à la Grèce n’épargne de facto aucun autre pays de la zone euro, y compris la France.

Le niveau de déficit public n’a plus grande signification dans le débat actuel. C’est l’écart de déficit courant et le retard de compétitivité accumulé par le passé qui doit faire aujourd’hui l’objet d’un ajustement. Certains experts préconisent donc un traitement de choc (déflation pendant plusieurs années et contraction du PIB), voire une reconfiguration de la zone euro, pour procéder aux ajustements nécessaires.

Dans un tel contexte, les gouvernements seraient peut être inspirés de pratiquer un « test de résistance », à l’instar de ce qui a été appliqué à certaines banques en pleine tourmente financière aux Etats-Unis l’an dernier, et de préparer des trains de mesures adéquats pour ajuster le tir et retrouver à long terme leur compétitivité et une balance courante plus solide (la France fait partie de ces pays). S’ils ne le font pas rapidement, à coup sûr, ce seront les marchés financiers qui se chargeront de les forcer à agir.

Une pensée sur “Un stress test pour les Etats européens”

  1. et aussi revoir leur politique fiscale…
    3 milliards foutus en l’air chaque année pour nos amis cafetiers par exemple parce qu’ils votent « bien »…

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