La réforme de Wall Street avance

Après 6 mois de négociations, le Sénat américain a voté jeudi (59 pour-39 contre) le projet de loi instituant un contrôle plus étendu de Wall Street, la gestion du risque systémique par la Réserve fédérale (avec la possibilité de fermer des banques devenues toxiques) et la mise en place d’une commission en charge de protéger le consommateur américain, rapporte le Wall Street Journal.

Sénat et Chambre des Représentants doivent maintenant se mettre d’accord sur un texte commun. Le Journal souligne qu’un douzaine de points de divergence vont maintenant faire l’objet de discussions entre les deux chambres, qui espèrent trouver un accord d’ici la fin du mois de juin.

Les points de divergence portent notamment sur l’obligation faite aux banques de se séparer de leurs activités pour compte propre et de leurs activités de produits dérivés. Ces derniers devront faire l’objet d’une plus grande transparence en étant traités sur des places de marché organisées.

Un autre point de divergence porte sur la création d’un fonds de 150 milliards de dollars, financé par une taxe sur les banques, pour encadrer la mise en liquidation d’une banque devenue dangereuse pour le système financier.

De son côté, le New York Times souligne le risque que cette loi, trop focalisée sur les causes de la crise financière de 2008, laisse le système financier vulnérable à de nouvelles catastrophes. Sur le sujet, on pourra également lire un papier du Washington Post qui relate le déroulement du vote et revient sur les grands lignes de discorde entre les deux chambres.

Le vote du texte a fait l’objet d’un intense lobbying des banques, mais également de la Maison Blanche. Baseline Scenario rapporte que la Présidence américaine, forte de 1,75 million de « followers » sur Twitter, a appelé à mobiliser les sénateurs républicains pour supporter le texte promu par les Démocrates.

« It’s time for Wall St. reform that gives greater security to folks on Main Street. Call your Republican Senators today: http://j.mp/cwhtg7« 

Au final, 4 Républicains ont rejoint le camp démocrate, ainsi que deux sénateurs indépendants. Dans le même temps, 2 Démocrates ont voté contre le texte.