Croissance ou déflation ?

Voilà le dilemme qui devrait animer les marches financiers au cours des prochains mois, ont estimé ce jeudi les spécialistes de la banque privée suisse Pictet. Et il y a de bonnes chances que la gestion calamiteuse de la crise de la dette en Europe (notamment l’incapacité des gouvernements à coordonner leur action) provoque encore beaucoup de stress et une envolée des primes de risque.

Du coup, comme au cours de la seconde moitié de 2008, ce sont les nouvelles macro-économiques qui vont dominer. Les investisseurs continuent d’ignorer la perspective d’une croissance soutenue des résultats des entreprises pour se concentrer sur les questions de politique économique (coordination des politiques monétaires et budgétaires, voire réinvention des politiques publiques-après l’échec cuisant des politiques de ciblage d’inflation).

Dans cet environnement incertain et pollué par les décisions politiques, l’allocation d’actifs privilégiée par Pictet est la suivante:

  • maintenir les positions construites ces dernières années sur l’or (le métal jaune, détenu en physique, représente environ 5% des actifs sous gestion de la maison, 285 milliards d’euros);
  • en cas de déflation, choisir les obligations du Trésor américain et les Bunds qui devraient voir leur rendement augmenter à partir du 4è trimestre (après une baisse durant le 3ème trimestre);
  • prendre une position stratégique sur le crédit et la dette émergente en monnaie locale;
  • préférer les actions américaines, notamment les grandes capitalisations, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une classe d’actif très liquide, « ce qui la rend vulnérable aux poussées de panique déflationniste ».

Bref, tant que les incertitudes sur la gestion macro-économique de la crise ne sont pas levées, les marchés resteront nerveux. Il faudra attendre le mois de septembre-octobre, pour faire un point. En attendant, la prudence reste de mise.

Les sons de la conférence sont disponibles ici (toutes mes excuses pour la mauvaise qualité sonore). Yves Bonzon, directeur des investissements de Pictet, présente la première partie (approche structurelle de la stratégie d’investissement). Christophe Donay, chef stratège, poursuit sur l’analyse conjoncturelle actuelle (deuxième partie) et les scénarios (1/ croissance, ou 2/ déflation) et choix en matière d’allocation d’actifs (troisième partie).