Encore une période de stress…test

L’été sera chaud sur les marchés financiers. Un premier test aura lieu dès demain, date d’échéance d’une facilité de 1 an mise en place par la Banque centrale européenne et qui doit être remboursée par les banques bénéficiaires… Montant de l’addition: 442 milliards d’euros.

Cette situation n’est toutefois pas si périlleuse, selon certains observateurs. Les banques ont eu accès à une facilité de trois mois de la BCE, et n’ont demandé que 131,9 milliards d’euros (pour 171 établissements), soit moins que ce qui était anticipé par les marchés financiers. Il faut dire qu’elles peuvent trouver des financements sur le marché interbancaire à 0,76%, alors que les facilités de la BCE sont rémunérées 1%, comme l’indique l’agence Bloomberg.

Un autre sujet risque d’animer les investisseurs par la suite. Celui de la divulgation plus ou moins complète des résultats de tests de résistance appliqués aux banques européennes. Une publication qui fait l’objet d’âpres débats, notamment en Allemagne où il semble délicat de révéler la fragilité réelle ou pas des banques régionales allemandes (les fameuses « Landesbanken ») .

L’idée de ces tests est simple: il s’agit de mesurer leur capacité de résister à des chocs externes (chute des prix de l’immobilier, pertes sur des transactions financières pendant la crise post-faillite de Lehman Brothers), donc à voir si elles disposent de suffisamment de fonds propres pour poursuivre leur activité.L’objectif est de faire la lumière sur l’état de santé financière des banques.

Mais l’exercice est suffisamment périlleux pour que les politiques cherchent à en circonscrire les modalités. On parle ainsi de limiter la publication des résultats aux 25 plus grandes banques européennes (donc ne pas parler des Landesbanken ou des caisses d’épargne espagnoles, par exemple).

On peut aussi lire que les tests de résistance n’intègrerait pas de stress sur le risque souverain, alors qu’il s’agit précisément du sujet sur lequel les marchés financiers veulent en savoir plus.

On peut enfin craindre que des résultats ne seront publiés que si la situation n’est pas si périlleuse que ce que craignent les investisseurs… Bref, un sujet vital pour une bonne transparence et un meilleur fonctionnement des marchés financiers. Mais un test qui risque d’être fortement embrouillé pour des questions politiques. Et au final, l’exercice de communication menace de créer encore plus de volatilité sur les marchés. Décidément, l’été sera chaud.