Sujets brûlants pour les investisseurs

Quels sont les sujets qui préoccupent le plus les investisseurs en ce moment ? Nous avons vu que le débat de fond est celui qui oppose croissance et déflation. L’équipe de stratégie d’UBS en Europe a fait un petit tour de ses clients et a fait la synthèse des sujets les plus brûlants du moment. Ils portent sur la volatilité des marchés financiers, la croissance des bénéfices en 2011, la valorisation des actions en période de croissance molle, l’évolution des marchés en tôle ondulée, la stratégie d’investissement (quelles actions acheter ? Quels pays et quels secteurs privilégier ?), la situation de la dette publique et les tests de résistance.

Voici en 9 points, les réponses de ces experts.

  1. La volatilité devrait reculer si deux événements extrêmes se produisent: la restructuration de la dette grecque, une relative stabilisation des devises et la publication des résultats des tests de résistance.
  2. Le risque d’une chute des profits en 2011 est faible, mais la décélération sera une réalité avec 10% de croissance l’an prochain contre 25% en 2010, selon UBS.
  3. Face au risque de croissance molle, les investisseurs ne trouvent pas les actions suffisamment attrayantes à 13,4 fois le résultat attendu. Ils préfèrent payer un P/E de 12,3. UBS rappelle qu’en période de stress, le P/E des actions européennes est tombé historiquement à 10.
  4. Sur la base de ces prévisions et des différents scénarios de croissance bénéficiaire, le marché (indice FTSE EuroFirst 300) devrait fluctuer entre 875 et 1.250 (contre 1.014 actuellement).
  5. Dans un marché de tôle ondulée, UBS privilégie les valeurs de rendement (un axe également défendu par d’autres courtiers et investisseurs).
  6. L’Allemagne a largement bénéficié de la baisse de l’euro, attirant de nombreux investisseurs. Cette thématique devrait rester porteuse, compte tenu du poids de l’économie allemande, de perspectives de croissance plus solides, et d’une décote élevée des actions européennes par rapport aux actions américaines (16% actuellement contre une moyenne historique de 8%).
  7. Pour UBS, la question de la dette publique en zone euro est importante, mais elle l’est tout autant aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Or, à la différence de ces deux pays, l’Europe affiche des taux d’épargne bien plus importants, ce qui conduit à relativiser un peu le problème.
  8. L’exercice de test de résistance pour les banques européennes devrait montrer que celles-ci sont correctement capitalisées. Des tests « rigoureux » sont nécessaires et doivent permettre aux banques de se recapitaliser suffisamment au risque de connaître une croissance décevante au cours des prochaines années.
  9. Malgré ces risques, UBS conseille de privilégier plusieurs secteurs: les banques, les télécoms, la pharmacie et, dans une certaine mesure, le secteur minier.