Google dérape

Voilà, c’est fait. Google a publié des résultats du deuxième trimestre en-deçà des attentes (6,45$ par action, hors compensation en actions, soit 7 cents en-dessous des attentes des analystes). Réaction du marché à chaud (« after-hours »): -4%. Le titre du géant de l’Internet risque de peser sur la séance boursière de vendredi.

Est-ce pour autant une catastrophe ? Les revenus ont progressé de 23% sur le trimestre et le profit opérationnel de 26% (données GAAP). Ceux qui s’inquiètent de lendemains qui déchantent devraient regarder le bilan de Google: 30 milliards de cash, 40,6 milliards de fonds propres pour un total de bilan se montant à 48 milliards de dollars au 30 juin.

Grossièrement, si l’on annualise le profit du trimestre (6,45 * 4) et que l’on retraite le cours de la trésorerie disponible (93 dollars par action pour un dernier cours coté de 494,02 dollars=401,02 dollars), l’action Google vaut 15,5 fois le bénéfice dégagé par l’entreprise. Un niveau que certains investisseurs ne jugeront pas excessif au regard des perspectives de croissance, non démentie au cours du trimestre écoulé et depuis l’introduction en Bourse de la société.

Contrairement à Apple qui doit sans cesse renouveler son offre de produits, opération qui n’est pas sans risque, Google bénéficie d’une quasi-rente de situation, avec une technologie incontournable pour les annonceurs et les producteurs de contenus, et se laisse porter par le développement d’Internet, lequel bénéficie d’une multiplication des supports de diffusion (PC, portable, mobile, tablettes…) et des marchés géographiques.

Avec son bilan, les marges dégagées par son activité et ses parts de marché, Google a de sérieux arguments à faire valoir. Ces atouts structurels devraient placer au second plan l’annonce de résultats trimestriels en-deçà des attentes.