A quoi servent les banques ?

Quelle est la contribution économique des banques ? Quel est le rôle des banques dans la création de richesse d’un pays ? Voilà des questions légitimes après une crise financière historique, provoquée par des années d’innovation financière incontrôlée, grâce à l’audace de l’industrie financière et au laisser-faire des autorités de régulation, partout dans le monde.

Depuis le début de la crise, les banques expliquent qu’elles jouent un rôle important dans le financement de l’économie. C’est en partie vrai. Elles expliquent aussi que les taxer plus que de raison risque de pénaliser la compétitivité d’une économie. Pour que cela soit vrai, encore faut-il que les banques aient un réel poids dans l’économie.

Certains experts sont sceptiques sur le rôle des banques. La London School of Economics vient de publier un livre intitulé « The Future of Finance » (disponible en ligne). L’ouvrage, qui rassemble des contributions de banquiers, d’économistes, d’investisseurs et d’éditorialistes, tente de répondre à plusieurs questions sur le rôle et l’avenir des banques et de la finance en général. Un compte-rendu du livre a été publié il y a peu par The Economist.

Dans un chapitre intitulé « Quelle est la contribution du secteur financier : miracle ou mirage ? », les auteurs – Andrew Haldane, Simon Brennan et Vasileios Madouros – soulignent que les banques ont bénéficié d’un « miracle de productivité » depuis les années 1980, dû à la fois à l’augmentation de leur poids dans le PIB alors que leur part de l’emploi et du capital diminuait.

L’analyse de la rentabilité croissante des banques durant cette période montre en particulier qu’elle s’explique par une prise de risque croissante (effet de levier, développement des métiers de trading…). Ces risques pris se sont traduits en lourdes pertes, transformant le miracle en mirage. Les auteurs concluent que l’étude de la contribution des banques à l’économie ne peut se faire sans une bonne compréhension des risques pris.

Un autre article, écrit par Adair Turner, le patron de la FSA (régulateur britannique), montre qu’une part très minoritaire des activités bancaires porte sur l’orientation de l’épargne disponible vers le financement de l’économie réelle. Le métier de prêteur exercé par les banques a en majorité alimenté la bulle des prix de l’immobilier (résidentiel et commercial), avant de créer les difficultés que l’on connaît.

Adair Turner conclut à la nécessité d’imposer des niveaux de capitaux réglementaires supérieurs à ce qu’ils étaient avant la crise, d’assurer une meilleure gestion de la liquidité du système financier et d’instaurer des mesures macroprudentielles contracycliques. Celles-ci permettraient aux banques de disposer de suffisamment de fonds propres pour mieux supporter un retournement du cycle de l’économie et du crédit (ce dernier point fait actuellement l’objet d’une discussion au niveau de la Banque des Règlements Internationaux).

Une pensée sur “A quoi servent les banques ?”

  1. c’est plus une histoire de profitabilité que de compétitivité comme dans beaucoup de cas…

    mais un mot passe mieux que l’autre… 🙂

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