Dell subventionné par Intel

En 2006, la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, ouvrait une enquête sur l’information financière du fabricant d’ordinateurs Dell. Après plus de deux ans d’investigation, les deux parties se sont mises d’accord pour un « règlement à l’amiable » de 100 millions de dollars, divulgué par la société sans que l’on connaisse la nature réelle des griefs à l’encontre de Dell. L’accord a contraint le groupe à revoir à la baisse ses prévisions de résultats pour l’exercice fiscal 2011.

Le Wall Street Journal, dans son édition de vendredi, révèle que le règlement portait sur la non divulgation par Dell qu’une partie des résultats publiés entre 2002 et 2006 reposait sur des versements reçus d’Intel, leader mondial des microprocesseurs et son principal fournisseur. Au lieu de divulguer proprement l’information, les dirigeants de Dell ont préféré expliquer leurs « bons résultats » par des « efforts de réduction des coûts » ou la « baisse du prix des composants » (expressions reprises dans la plainte de la SEC).

Selon la SEC, les paiements d’Intel représentaient 10% du résultat opérationnel de Dell au cours de l’exercice fiscal 2003 et 38% en 2006. Au cours du premier trimestre 2007, « l’obole » d’Intel représentait 76% du résultat opérationnel du constructeur informatique.

Il s’agissait donc d’une contribution significative qui méritait d’être divulguée aux actionnaires et aux investisseurs. On ne peut certes pas parler de manipulation comptable, mais plutôt de dissimulation de la réalité. De toute manière, ce type de pratique est hautement répréhensible. Il est juste regrettable que certaines entreprises s’amusent à ce genre de pratique, surtout après les scandales comptables des années 2000 (Enron, WorldCom).

Ajoutons que trois dirigeants et anciens responsables de l’entreprise ont été mis à l’amende. Michael Dell et Kevin Rollins (ancien DG) ont dû payer 4 millions de dollars chacun. James Schneider, ancien directeur financier, a dû versre 3 millions de dollars. Des montants heureusement non négligeables.