Le temps des arbitrages approche chez PPR

PPR peut remercier Exane BNP Paribas. Le titre du groupe de luxe et de distribution bénéficie d’un relèvement de recommandation du courtier, qui lui permet d’être en tête des plus fortes hausses du CAC 40 depuis le 1er janvier avec un bond de 30%.

D’après Exane, PPR pourrait bientôt reprendre la cession de son pôle de distribution (Fnac, Conforama, Redcats; valorisé 4 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires 2009 de 10,7 milliards) et se débarasser de son statut de conglomérat, jugé pénalisant sur le plan boursier. L’opération aurait un autre avantage: le cash issu des cessions d’actifs financerait un plan d’expansion du réseau de magasins des différentes marques de luxe du groupe (Gucci, Bottega Veneta, Balenciaga, Boucheron, Sergio Rossi, Alexander McQueen, Stella McCartney, YSL), permettant de capter plus rapidement la croissance des marchés émergents tout en alimentant la hausse de la rentabilité.

Après un bond de 30%, le titre PPR affiche désormais des niveaux de valorisation généreux, surtout dans un environnement économique qui reste incertain (Exane évoque d’ailleurs un scénario noir où le titre retomberait vers les 79 euros…). Gare aux mauvaises surprises sur le front des résultats. De ce point de vue, PPR a épuisé toute marge de sécurité (au sens de Graham) depuis belle lurette.

A près de 109 euros, son cours actuel, l’action PPR offre peut-être encore un potentiel de hausse (vers 120-130 euros ?) si l’on regarde l’historique boursier du groupe. Mais cela suppose tout d’abord un sans faute sur le front des cessions d’actifs. Or en dehors de YSL Beauté (cédé à L’Oréal en 2008 sur la base de 1,8 fois son chiffre d’affaires), PPR a plus fait la preuve de son tempérament à payer cher qu’à céder des activités non stratégiques dans de bonnes conditions.

PPR doit également continuer d’améliorer ses marges. Entre 1996 et 2009, PPR a dégagé une marge opérationnelle courante moyenne de 6,6%. Les analystes estiment que la marge opérationnelle du groupe continuera de monter, passant de 8,4% en 2009 à 10,4% en 2012. Sur cette période, la tendance est clairement haussière, et s’explique par le choix du groupe d’investir le secteur du luxe, quitte à payer ses acquisitions (Gucci, Puma) au prix fort. Cette politique a d’ailleurs gonflé l’endettement du groupe et l’a obligé à céder d’autres actifs en contrepartie. Elle a en outre écrasé la rentabilité des capitaux employés (hausse du goodwill, passé de 3 à 5,7 milliards entre 1999 et 2009).

La crise financière a montré que dans l’univers des actions, contrairement aux croyances, le luxe n’est pas plus défensif que n’importe quel autre secteur d’activité. Même si les groupes de luxe disposent d’un « pricing power » important, les circuits de distribution (grossistes, grands magasins, duty free…) peuvent infliger de sévères dommages à leur profitabilité lorsque les clients désertent les boutiques. Or c’est peut-être sur ce plan de la rentabilité des capitaux engagés que PPR doit aujourd’hui relever son défi le plus significatif. Le meilleur moyen a priori pour s’assurer un avenir toujours radieux en Bourse.

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