L’IPO de General Motors fait pschitt

Après un début de journée en fanfare, l’introduction en Bourse de General Motors n’a pas cassé la baraque comme beaucoup l’espéraient. Introduit à 33 dollars, le titre a terminé sa première séance boursière à 34,19 (+3,61%), dans un volume en revanche très étoffé de 458 millions de titres (ce qui un record depuis 1994 au moins, selon Bloomberg). Rappelons que le nombre d’actions mis en vente par le gouvernement américain était de 478 millions. Le constructeur automobile affiche une capitalisation boursière de 51 milliards de dollars. Les résultats de l’option de surallocation n’étaient pas encore connus, donc difficile de dire pour l’instant s’il s’agit vraiment de la plus grosse IPO de l’histoire.

Mais cette mise en Bourse n’a pour l’instant pas permis au gouvernement américain de rentrer dans ses frais. Du point de vue du contribuable, l’IPO de GM (surnommé « Government Motors » puisque l’Etat contrôlait 61% de son capital jusqu’à hier) est un flop. Le Wall Street Journal rappelle, tout comme Bloomberg (cité sur ce blog), que pour rentrer dans ses frais, GM devait avoir une capitalisation boursière dans le haut de la fourchette des estimations faites avant l’IPO, soit entre 50 et 70 milliards de dollars. A 51 milliards, il est tout juste dans son objectif.

Ce commentaire du WSJ est intéressant: « Une fois que les banques introductrices ont vu quelle était la demande (pas aussi forte qu’espéré), elles ont cessé de parler de la valorisation implicite pour mettre en avant le nombre de titres offert, le prix de l’action et le montant des fonds levés. » En gros, le gouvernement ne rentre pas dans ses frais, mais ce n’est pas important, il faut que cela reste un succès « marketing », donc que tout le monde pense qu’il s’agit de la plus grosse opération de l’année (même si ce n’est pas totalement vrai pour l’heure).

Les grands gagnants de cette histoire, ce sont les banques qui vont empocher entre 100 et 250 millions de dollars de commissions. En sachant qu’elle ont offert un joli rabais, sans lequel elles auraient empoché collectivement environ 1 milliard de dollars.

Les commentaires sont fermés.