Obligations: vers une nouvelle échelle des risques

La crise financière, suivie par la crise de la dette publique dans la zone euro, ont bouleversé l’échelle des risques des investisseurs. La hiérarchie traditionnelle entre risque souverain (considéré comme fondement du taux sans risque car actif le plus sûr), risque de crédit et high yield a volé en éclat avec la quasi faillite de la Grèce, puis plus récemment de l’Irlande.

Dérapage des comptes publics d’un côté, prudence et grande discipline financière du côté des entreprises. Avec l’effondrement des rendements sur les obligations d’Etat (de 3,2% à 2,6% sur le Bund allemand au cours de 2010), et la perspective d’une légère remontée au cours des 3 prochains mois (15 points de base), certains investisseurs recommandent d’être très sélectifs.

La deuxième crise souveraine en zone euro, centrée sur l’Irlande, illustre une discrimination plus grande entre pays, fondée sur les différences de performance macro-économique, la situation du secteur bancaire et les mesures de politique fiscale. Cette discrimination s’opère à travers l’écartement des spreads de crédit sur la dette des pays émetteurs. « Aujourd’hui, les investisseurs obligataires ont pris conscience que les émetteurs souverains de la zone euro ne pouvaient être aprréhendés comme une entité homogène », explique Jérôme Broustra, responsable de la gestion taux chez AXA Investment Managers.

Une plus grande sélectivité au sein du crédit s’opère également, selon Anne Velot, responsable de la gestion crédit Europe occidentale chez AXA IM. Refroidies par le gel de l’accès au crédit bancaire au plus fort de la crise financière, les entreprises ont porté leur attention sur la gestion du cash et la réduction de l’effet de levier. En 2009, la priorité était d’avoir un bilan sain pour s’ouvrir l’accès aux marchés obligataires. Depuis, les entreprises semblent privilégier l’accès aux marchés plutôt que le financement bancaire, sans toutefois rompre totalement leurs relations avec le secteur bancaire, selon une étude… de la Société Générale.

Dans ce vivier d’émissions, il est possible de trouver des noms qui offrent une bonne santé financière et une exposition aux marchés émergents. Il est également possible de trouver des rendements intéressants sur le plan des fondamentaux dans la catégorie « high yield ». En Europe, le marché connaît aujourd’hui un second souffle, atteignant 150 milliards d’euros, avec des titres offrant un potentiel d’amélioration, grâce à l’amélioration des fondamentaux et au resserrement des spreads. A travers ces appels au marché, les entreprises cherchent à réduire le coût du crédit tout en en allongeant la maturité. Autant de sources de rendement qui peuvent s’avérer intéressantes à exploiter pour un investisseur.