Dette US: un relèvement du plafond de dette ne suffira pas

Plus la limite du 2 août approche et plus les investisseurs commencent à prendre peur, au vu de l’état de blocage des discussions sur le relèvement du plafond de dette. Pourtant, ce n’est pas le moindre des défis que le législateur américain doit relever. Ce qu’attend le marché et les agences de notation, c’est un plan de consolidation budgétaire « significatif ». Pour l’agence de notation Standard & Poor’s, « significatif » veut dire environ 4.000 milliards de dollars sur 10 ans. Selon les économistes d’Exane BNP Paribas, « étant donnée la polarisation extrême de la politique américaine, une dégradation de la note américaine d’ici la fin de l’année paraît aujourd’hui légèrement plus probable que son maintien ». Un mouvement qui semble anticipé par le marché, au regard de la remontée des taux et l’évolution de la courbe des CDS sur le souverain américain (comme relevé avant-hier par L’Agefi).

Le tableau suivant fait état des positions entre Républicains et Démocrates.

 

Exane exclut un krach obligataire. Le courtier anticipe une pentification de la courbe des taux à court terme, qui sera néanmoins contrainte par un certain nombre de facteurs: « faible appétit pour le risque, épargne élevée et anticipations d’une politique monétaire durablement accommodante ». A cela s’ajoute le fait que les investisseurs ont peu d’alternatives au marché obligataire américain: l’Europe est enlisée dans ses propres problèmes et l’Asie manque d’un marché obligataire digne de ce nom (la Chine est très en retard sur le sujet).

Paul Donovan, économiste senior chez UBS, a posé avec brio le coeur du problème: que les responsables politiques américains dépassent leurs mesquineries partisanes et travaillent pour le bien commun. Or cette dynamique semble loin d’être enclenchée. L’économiste rappelait qu’il existe deux types de « princes »: ceux qui dirigent avec pour seul moteur le bien commun et ceux qui placent leur intérêt partisan en premier. Les pays qui sont régis par les dirigeants du deuxième type sont qualifiés de république bananière…

Le commentaire audio de Paul Donovan est disponible intégralement ici et il vaut son pesant de cacahouètes.

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