Revue des marchés

Weekly performance (28 Oct 2011)

Deux bonnes nouvelles sur la semaine auront permis aux marchés financiers d’enregistrer un mois d’octobre record. L’annonce en l’espace de quelques jours d’un accord des gouvernements de la zone euro sur un nouveau sauvetage de la Grèce et des chiffres de croissance moins mauvais que prévu aux Etats-Unis ont suffi pour pousser les investisseurs vers les actifs risqués. Le S&P 500 a bondi de 3.8%, le Stoxx 600 de 4.2% et le MSCI Asia Pacific de 7.5%.

En Europe, les valeurs bancaires ont mené la hausse (+9.1% pour le Stoxx 600 Bank Index). Crédit Agricole a bondi de 27%, Deutsche Bank de 19%, Barclays de 11%. Les valeurs minières ont également été recherchées profitant de statistiques d’exportation encourageantes au Japon. Kazakhmys a bondi de 19%, SSAB (aciériste suédois) de 28%.

Aux Etats-Unis, l’annonce d’un rythme de croissance le plus rapide depuis un an a boosté les valeurs cycliques – des titres comme GoodyearIngersoll-Rand ou Caterpillar ont gagné respectivement 14%, 16% et 11%. Boeing a progressé de 5.5%. Dans le secteur de la technologie, AMD et Akamai ont avancé de 26% et 19%. Avec de tels rebonds, la Bourse américaine affiche son plus fort rebond mensuel depuis… 1974.

En Asie, Esprit Holdings s’est envolé de 19%, tandis que Mitsubishi a gagné 12%. Dans le transport ferroviaire, des titres comme CSR ou China Railway Group ont pris 59% et 44% respectivement. Les valeurs financières ont également été à la fête – ICBC, plus grande banque chinoise en matière de prêts, a bondi de 21%.

L’enthousiasme du marché à l’égard de l’accord obtenu au sommet de Bruxelles (texte de l’accord ici) sera-t-il durable ? L’impression d’ensemble qui est ressortie de l’accord est que les Européens ont cherché à gagner du temps. Les investisseurs seront-ils de cet avis ? Pas sûr, si l’on lit ces articles publiés par Bloomberg ou le WSJ.

Pour que la hausse des marchés puisse tenir, au moment où la croissance économique en zone euro donne des signes d’affaiblissement, il faudrait que les Européens donnent des signaux clairs qu’ils sont tous engagés dans un projet commun. Les grandes lignes du plan sont connues vont dans le bon sens. Il reste maintenant à en dévoiler les détails, ce qui passera certainement par de nouvelles annonces (en espérant qu’elles ne seront pas dissonantes comme cela a été souvent le cas dans le passé).

 

Accord européen: la balle dans le camp de la BCE-SG

Les dirigeants européens se sont bien abstenus la nuit dernière de faire le moindre commentaire sur la politique de la BCE, réaffirmant son indépendance… Cette dernière devra néanmoins envoyer des signaux forts aux marchés financiers, ce qui pourrait bien passer par une baisse de taux et par l’annonce de mesures non conventionnelles marquantes (un cadeau de bienvenue de Mario Draghi ?)….  Continuer la lecture de « Accord européen: la balle dans le camp de la BCE-SG »

Préférer les actions au crédit

Au moment où de nombreux investisseurs pointent leur préférence pour le crédit d’entreprise par rapport aux actions, les stratégistes de Credit Suisse ont une thèse quelque peu originale. Ils observent que depuis la mi-août, les actions affichent une performance positive de 8% alors que les spreads de crédit se sont écartés.

La raison serait une valorisation relative très attrayante pour les actions (rendement bénéficiaire ou « earnings yield » par rapport au rendement du high yield ou du crédit corporate). La prime de risque des actions se situerait à 7,2% alors que d’après la lecteur de données macro-économiques de type ISM ou spreads de crédit, elle devrait plutôt se situer à 6,2%.

Ce qui joue en faveur des actions:

  • une valorisation relativement attrayante en termes de rendement bénéficiaire;
  • une surperformances des actions en phase de retournement de cycle;
  • les actions évoluent favorablement lorsque le taux d’inflation remonte vers 3-4%…

Ce qui joue en défaveur des actions:

  • la bonne santé des entreprises (peu de dette, niveau de cash élevé) suggère que la seniorité des dettes par rapport aux actions devrait rendre le crédit des entreprises relativement moins risqué que les actions;
  • les marges des entreprises sont de nouveau à un plus haut;
  • la volatilité du crédit est sensiblement inférieure à celle des actions.

Les marchés restent dominés par la macro

La corrélation entre actions (« stock-to-stock correlation ») a fortement augmenté ces dernières années, atteignant des niveaux que l’on n’avait pas vu depuis le début des années 1990 (graphique ci-après).

Cette hausse de la corrélation entre titres s’observe sur toutes les places boursières dans le monde.

La conclusion (contrariante pour tout analyste fondamental) est que les analyses de type « bottom-up » sont devenues moins importantes. Mais cela peut aussi s’expliquer par l’importance croissante des acteurs ultra court-termistes (trading à haute fréquence et consors…).