Banques: le grand ménage se poursuivra en 2012-UBS

UBS a publié la semaine dernière une salve d’études sectorielles « globales ». On commence par le domaine d’activité qui préoccupe sans doute le plus les marchés: le secteur bancaire – courroie de transmission de la crise du crédit et de la récession si sa situation financière n’est pas stabilisée. Pour UBS, cette dernière risque encore d’être très fragilisée l’an prochain. A tel point que la banque suisse en voit de hâvre de paix que dans les banques canadiennes (comme en 2008-2009) et (tactiquement) dans les banques japonaises.

La recommandation de prudence d’UBS à l’égard du secteur bancaire au niveau mondial est motivée par 4 éléments: 1) les incertitudes macro et le risque de récession; 2) les craintes de contagion dues à la crise de la dette de la zone euro; 3) les problèmes de financement et de désendettement bancaire; 4) les incertitudes liées à l’impact réglementaire.

Au moment où l’étude est rédigée (29 novembre), la crise de la zone euro pèse encore lourdement sur le secteur bancaire au niveau mondial: ce dernier perd près de 28% depuis le 1er janvier et sous-performe les marchés mondiaux de 16% environ. Pour les analystes d’UBS, les 4 risques sus-mentionnés devraient peser fortement sur la croissance du produit net bancaire du secteur (+0,7% contre une précédente estimation à +4,9% en début d’année) et donc forcément sur la rentabilité du secteur (ROE revu de 15,4% à 13,9% dont 11,3% pour les banques des pays développés et 19,3% dans les pays émergents).

Tout ceci se traduit par des niveaux de valorisation désespérément bas, mais pas nécessairement attrayants (cf tableau suivant):

Source: UBS, "Global Banks - Outlook 2012", 29/11/2011

Le secteur bancaire se traite sur un multiple de résultat de 7,3x pour 2012 et un P/B de 0,7x. Ces niveaux de valorisation sont particulièrement bas si l’on se réfère au niveau de rentabilité attendue des fonds propres des banques, mais ils reflètent plusieurs craintes des marchés financiers (selon UBS): 1) une crise de confiance et une contagion de la crise de la dette pourrait faire encore monter les primes de risques, et donc augmenter le coût des fonds propres des banques; 2) le risque de dilution est encore élevé [renforcement des fonds propres par augmentation de capital]; 3) le risque sur les résultats demeure, en particulier dans les environnements où domineront récession et réduction des bilans.

UBS tire deux listes de recommandations: les titres à privilégier (avec beaucoup de banques « développées »):

Source: UBS, "Global Banks - Outlook 2012", 29/11/2011

Et une liste de banques à éviter (qui inclut BNP Paribas!):

Source: UBS, "Global Banks - Outlook 2012", 29/11/2011

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