Peugeot: ce qu’il faut retenir des résultats semestriels

C’est un peu l’événement de la journée. Le groupe PSA Peugeot Citroën, en proie à d’énormes difficultés sur le marché automobile européen, a publié une perte nette semestrielle de 819 millions d’euros. Les chiffres/indicateurs de performance les plus importants à retenir de cette publication sont, selon moi, les suivants: Continuer la lecture de « Peugeot: ce qu’il faut retenir des résultats semestriels »

Changement de perception sur les actions?

Un rebond par défaut? Avec des rendements obligataires négatifs pour les titres considérés comme les plus sûrs, le sentiment que l’engagement politique sera là pour éviter le scénario du pire (éclatement de la zone euro), et une sous-exposition significative aux actifs risqués, certains pourraient avoir le sentiment que les marchés actions ont les ressorts d’un rebond plus durable que celui observé au cours du mois de juin. Attention, avertissent les stratégistes de JPMorgan. Certains signaux montrent qu’il faut rester prudent, en particulier l’écartement des courbes entre l’évolution du S&P 500 et le rendement à 10 ans des bons du Trésor (graphique).

Source: JPMorgan

 

 

La finance au détriment de la productivité

Un excès de finance nuirait-il à la croissance économique? La crise financière de 2008 en a été la démonstration, tout comme l’est aujourd’hui la crise de la dette publique en zone euro. Deux économistes, Stephen Cecchetti et Enisse Kharroubi, ont étudié la question dans un document de travail publié par la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Continuer la lecture de « La finance au détriment de la productivité »

Kepler sur le point de racheter Cheuvreux

Info Les Echos. Kepler devrait être le courtier qui va racheter Cheuvreux. La cession du broker était évoquée depuis plusieurs semaines. Le papier ne mentionne pas la valorisation de Cheuvreux dans cette transaction mais précise que Crédit Agricole verserait une soulte en cash au repreneur… Cheuvreux a en effet perdu près de 54 millions d’euros en 2011 (pour un PNB de près de 120 millions d’euros, en baisse de 7,7% par rapport à 2010-base comptes sociaux). On sait une chose: les restructurations seront lourdes, à n’en pas douter (le journal parle de nombreux doublons compte tenu de l’organisation géographique et des métiers des deux entités). Ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais cela peut se comprendre au regard du désintérêt accru des investisseurs institutionnels pour les actions, de la chute des volumes de transactions sur les marchés actions ces dernières années et du très grand nombre d’intervenants dans l’intermédiation actions. Cette opération de consolidation en appellera sans doute d’autres.

Entartage boursier pour Alcatel-Lucent et Soitec

Un profit warning ne suffisait pas. Eh bien la Bourse de Paris vous en offre deux aujourd’hui, en prime, dans le « même » secteur d’activité… Hier soir, Soitec a ouvert le bal en anticipant une perte opérationnelle de 60 millions d’euros sur le premier semestre, après avoir révélé une chute de 27% de ses facturations au cours du trimestre clos fin juin. Chapeau bas. Ce matin, c’est Alcatel-Lucent qui a rajouté une couche en retirant ses objectifs de rentabilité pour 2012 (pour rappel: une hausse de sa marge opérationnelle). Pour Alcatel-Lucent, cette dépêche de Bloomberg apporte des informations intéressantes. Je conseille aussi la lecture d’un article publié en janvier, qui reprenait les conclusions d’une étude plutôt fouillée de Natixis Securities. Concernant Soitec, je me permets d’orienter le lecteur vers ces deux notes publiées respectivement en octobre et en juin de l’année dernière.

Désendettement : il va falloir être patient

Source: McKinsey

Pour un cadre analytique plus général sur les crises bancaires, je propose deux lectures:

« Systemic Banking Crisis: A New Database« , de Luc Laeven et Fabian Valencia (FMI, novembre 2008).

« This Time It’s Different« , de Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, 2009 (traduit en français).

Le cas de la crise bancaire suédoise, qui est une sorte de point de référence ici, a été analysé par Peter Englund dans l’Oxford Review of Economic Policy.

Enfin, pour l’analyse plus générale de la situation actuelle, je fais une nouvelle fois référence aux travaux de Richard Koo et à son ouvrage « The Holy Grail of Macroeconomics: Lessons from Japan’s Great Recession« ).

Prix de l’immobilier: la bulle n’a pas encore éclaté en France, aux Pays-Bas et en Belgique

Les économistes de Deutsche Bank ont publié fin juin une étude sur les prix de l’immobilier en Europe, d’où ils tirent cette conclusion: « l’ajustement de la période de surévaluation est loin d’être terminé dans la plupart des marchés ». Ils font au passage l’éloge du marché immobilier allemand, l’un des rares à ne pas être surévalué. Continuer la lecture de « Prix de l’immobilier: la bulle n’a pas encore éclaté en France, aux Pays-Bas et en Belgique »

Une leçon de patience de Mason Hawkins et Staley Cates – Longleaf Partners

Rien à ajouter – ils résument en quelques lignes une opinion que je partage sur l’état actuel des marchés financiers.

« Investors are avoiding volatility at an arguably high cost. They prefer U.S. or German bonds yielding less than 2% to corporate earnings yields at 6-9%, as measured by S&P 500, Russell 2000, and EAFE P/E estimates. They are paying large premiums for long-life stable income via owning toll roads or airports in private infrastructure funds. They have pushed stocks with high dividend yields and stable earnings to or through fair values and abandoned the margin of safety priced into competitively entrenched businesses with high returns on capital but with more cyclical earnings and/or any debt. As with all investment bubbles, while it lasts, participants are rewarded, but when it collapses, which is always unexpected but predictable, the capital losses can be tremendous. This may be particularly true when investors think they own safety. If bonds begin to migrate to their 50 year average yield-to-maturity of 6+%, the bond price devastation will be substantial. »

L’intégralité de la lettre est disponible sur le site de Longleaf Partners.

Le problème de l’Espagne: sa dette externe plutôt que sa dette publique

Source: Goldman Sachs

L’envolée des rendements obligataires espagnols trouve plus son origine dans l’explosion de l’endettement du pays vis-à-vis de l’extérieur que dans l’augmentation de la dette publique. Cette réflexion faite à l’Espagne peut être généralisée à l’ensemble des économies de la zone euro, comme illustré par le graphique précédent. Continuer la lecture de « Le problème de l’Espagne: sa dette externe plutôt que sa dette publique »

Peugeot : un échec familial

Depuis 10 ans, les difficultés récurrentes de l’entreprise PSA-Peugeot-Citroën ont coûté leur emploi à un nombre significatif de dirigeants et encore plus important de salariés (sans parler des effets indirects sur les sous-traitants). Pendant tout ce temps, on s’est rarement posé la question du rôle joué par la famille Peugeot dans la débâcle du deuxième constructeur automobile en Europe. Continuer la lecture de « Peugeot : un échec familial »