Les marchés actions entre le marteau et l’enclume

Si l’on fait abstraction du rebond boursier de la semaine dernière, la situation « micro » des marchés actions ne se présente pas sous son meilleur jour. 

La période de saison des résultats du deuxième trimestre va s’ouvrir et la tonalité n’est pas très rassurante. Au cours des dernières semaines, les avertissements sur résultats se sont multipliés : Danone, Infineon, Yulle Catto  ou plus récemment, Suez Environnement.

Cette situation n’est pas limitée à l’Europe. Aaux Etats-Unis et en Asie, les avertissements sur résultats touchent tous les secteurs d’activité : technologie, biens de consommation, automobile ou transport aérien.

La performance des actions au cours du deuxième trimestre donne déjà un avant-goût des publications à venir (graphique).

En dehors de l’immobilier, des loisirs, de l’alimentation et de la pharmacie, tous les secteurs d’activité ont perdu du terrain. En particulier les secteurs à fort béta (automobile, technologie, banques, ressources naturelles), qui ont perdu 10% et plus.

Un comportement tout à fait compréhensible puisque durant ce trimestre, les marchés ont du encaissé de nouveaux pics de stress liés à la crise de la dette en zone euro, aux signaux de ralentissement de la croissance en Chine et aux incertitudes quant à au dynamisme de reprise de l’économie américaine. La macro-économie et la politique continuent de peser lourd sur l’évolution des indices boursiers. Le problème, c’est que maintenant, ces éléments pèsent aussi sur les perspectives des entreprises.

Or, selon les stratégistes d’Exane BNP Paribas, le consensus n’a que partiellement intégré ces données.

Certes, la baisse du cours de certaines matières premières (pétrole) devrait contribuer à soutenir les marges des entreprises. Mais cela ne sera réellement le cas que si la demande est au rendez-vous.

Tout porte à croire qu’une fois encore, ce sont les banques centrales qui sauveront les marchés par de nouvelles actions de politique monétaire (conventionnelle ou non). En tout c’est ce que le marché semble croire. Le problème – et l’histoire des précédents « QE » le montre – est que cette approche n’a qu’un effet limité sur les marchés. Elle a d’ailleurs fait l’objet de sérieuses critiques de la part de la BRI dans son dernier rapport annuel.

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