CFAO: l’heure du LBO a sonné

Le cours de CFAO atteint des records. Ce pourrait être l’occasion pour PPR, son actionnaire de référence, de vendre les 42% qu’il détient au capital du spécialiste de la distribution automobile et pharmaceutique en Afrique. Une sortie qui pourrait se faire par le biais d’un rachat avec effet de levier (LBO). C’est en tout cas l’une des conclusions d’une étude publiée ce matin par Laurent Gelebart, analyste chez Exane BNP Paribas. Le raisonnement du broker est le suivant: l’arrivée de la gauche au pouvoir et les décisions fiscales qui seront prochainement prises pourraient pousser PPR à vendre sa participation pour modérer son risque fiscal.

CFAO fait face à un certain nombre de risques conjoncturels, mais ses qualités intrinsèques en font une cible intéressante pour un fonds d’investissement cherchant à capter la croissance du continent africain (plusieurs fonds thématiques représentant 3 milliards de dollars d’encours ont été levés ces dernières années). Ces qualités sont de plusieurs ordres:

  • la taille et le savoir-faire du groupe sur le continent africain:
« Distribution is usually a low-margin, volume-driven business in mature markets. CFAO’s model stands out as being generally lucrative and enjoying natural high entry barriers. This is underpinned by two factors: market fragmentation and control of the value chain. This makes CFAO a pivotal operator for manufacturers looking for a local presence in a continent characterized by high entry barriers. »

 

  • des positions de marché dominantes (notamment dans l’automobile et la distribution pharmaceutique);
  • un portefeuille d’activité diversifié;
  • un bilan solide;
  • la qualité de l’équipe de direction et son « track record »;
  • le potentiel d’arbitrage dans le portefeuille d’activités de l’entreprise (Exane évoque une possible cession des intérêts dans la bière, sur la base des multiples du récent rachat de Modelo par AB-Inbev).

Un rachat par LBO à 44 euros par action (soit une prime de 19%), financé à 50% par de la dette, fait ressortir un taux de rentabilité interne de 18% à l’horizon 2016, estime Exane (le modèle n’est pas intégralement détaillé). Exane conseille donc aux investisseurs de conserver leurs titres, voire à ceux qui croient à ce scénario de s’y intéresser de près.

Il s’agit d’un travail très hypothétique. L’opinion de PPR sur le sujet n’a visiblement pas été sollicitée par l’analyste. Pour sa part, la presse a souvent spéculé sur l’évolution du périmètre du groupe de luxe et de distribution, lequel a clairement indiqué son intention de se recentrer sur le luxe (et cherche donc à sortir des autres métiers de distribution plus « classique » en les valorisant au mieux). A n’en pas douter, l’analyse d’Exane arrive à point nommé pour relancer la spéculation.

 

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