Microsoft tire un trait sur aQuantive

Microsoft a annoncé hier soir une provision de 6,2 milliards de dollars pour acter l’inefficacité de sa stratégie de développement sur Internet, et son incapacité à rivaliser sérieusement avec Google. La nouvelle vient à un mauvais moment pour Steve Ballmer, patron du géant de Seattle, dont les choix stratégiques sont contestés par un grand nombre d’investisseurs.

Le Wall Street Journal rappelle que le rachat d’aQuantive était intervenu peu de temps après celui de DoubleClick par Google, pour un montant bien supérieur (prime de 85% par rapport au cours de Bourse de la société).

Microsoft paid too much for aQuantive and it wasn’t a close fit with its search technology, said analyst Trip Chowdhry of Global Equities Research. By the time Microsoft’s Bing search engine had integrated aQuantive’s technology, Google had leapfrogged ahead. « In the online space its not about size, its about the fast beating the slow, » said Mr. Chowdhry. « Microsoft was too slow. »

L’ambition de Microsoft de devenir un géant de la recherche et de la publicité en ligne a donc échoué.

Au regard des profits générés par l’entreprise, grâce à ses rentes de situation sur les systèmes d’exploitation d’ordinateurs, de serveurs et les suites bureautiques, la somme peut être relativisée. Microsoft a dégagé un profit net de 23,15 milliards de dollars au terme de l’exercice clos le 30 juin 2011.

Mais au-delà de l’impact à court terme (baisse des profits), c’est la stratégie de croissance de l’entreprise sur le long terme qui est en question. Microsoft n’a pas de réel relais de croissance. Les incursions dans la téléphonie mobile, l’Internet n’ont pas encore donné de résultats probants. Et les jeux sont une activité hautement cyclique et très consommatrice de capitaux. Ceci explique sans doute pourquoi l’entreprise se traite en Bourse sur des multiples de valorisation modestes, et en particulier inférieurs à ceux de Google (tableaux).

Ratios de valorisation de Microsoft:

Source: IBES

Ratios de valorisation de Google:

Source: IBES

 

On verra surtout dans l’annonce de cette dépréciation une manoeuvre opportuniste. Steve Ballmer a décidé de plomber l’exercice 2011-2012 ce qui lui permettra d’afficher « facialement » des résultats en forte croissance en 2012-2013. Mais les investisseurs ne sont pas dupes. La plupart raisonnent sur la base de résultats retraités des éléments non courants, si bien que si la croissance sous-jacente des résultats (c’est-à-dire en retraitant des éléments non courants) n’est pas suffisante, les investisseurs ne verront aucune raison de proclamer leur satisfecit à un dirigeant qui manque de vision et à un groupe qui est trop lent en matière d’innovation.

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