Seb proche d’un point d’entrée ?

Parmi les titres des sociétés qui ont beaucoup baissé ces 3 derniers mois, on trouve Seb. Encore un petit effort, et ce sera bientôt le moment d’en acheter…

Dans la série des valeurs cycliques fortement secouées par les craintes de net ralentissement de la croissance économique mondiale, j’ai récemment évoqué Nexans ou Arkema. Il y a aussi Seb. Le marché semble s’inquiéter des perspectives du fabricant de petit électro-ménager, après un premier trimestre marqué par un repli des ventes de 1,5% à périmètre et taux de changes constants.

La publication du premier semestre constituera sans doute une phase test importante. A la moindre déception, Seb pourrait continuer sa chute. Ce qui ne serait pas en soi une mauvaise chose pour les investisseurs en quête d’entreprise de qualité mal valorisées par le marché. Car Seb est proche de tomber dans cette catégorie.

Maintenant, comme l’on parle d’une valeur cyclique, il faut aussi tenir compte de l’évolution de la conjoncture. D’où l’importance des commentaires de Seb aux investisseurs cet été, notamment sur le comportement des consommateurs et l’attrait des différentes gammes de produits. Au cours du premier trimestre, les appareils pour la préparation de boissons, le confort domestique ou les articles culinaires ont marqué le pas. Le succès d’autres gammes de produits (préparation des aliments) n’a pas permis de contrebalancer cette tendance.

Sur la base de différents modèles d’évaluation, la valeur intrinsèque de l’entreprise se situe actuellement autour de 60 euros par action (le consensus des analystes est à 65,50 euros). En tenant compte d’une marge de sûreté de 30%, l’action deviendrait vraiment intéressante sous les 41-42 euros. Or, elle cote actuellement près de 49 euros.

Si l’on regarde les ratios de valorisation de l’entreprise, on se rend bien compte qu’il y a sans doute un problème de valorisation – ou quelque-chose que le marché anticipe et que le consensus n’a pas encore intégré (recul plus prononcé que prévu des profits ? Ralentissement plus important qu’anticipé de la croissance des ventes ?).

L’action Seb se traite sur des ratios sensiblement inférieurs à leur médiane historique : P/E 2013e de 9,2x, P/B de 1,5x, EV/EBIT de 8x (contre respectivement 13,6x, 2x et 10,2x sur la période 1997-2011). La rentabilité des fonds propres de l’entreprise devrait se situer  autour de 15% l’an prochain ; la rentabilité du capital autour de 13%, soit bien au-dessus de la performance historique de l’entreprise. Un élément que ne prend pas en compte le marché.

Si le marché a raison, cela signifie que les investisseurs doivent s’attendre à d’autres mauvaises nouvelles dans les mois à venir. A l’inverse, il se pourrait que Seb constitue une belle opportunité de saisir une valeur de croissance, exposée au dynamisme des marchés émergents (je me place dans une perspective de long terme)…

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