Saint-Gobain s’effondre vendredi après un avertissement sur résultats et l’annonce d’un nouveau plan d’économies. Cette correction boursière est sans doute justifiée à court terme. Elle ne présente pas moins une opportunité significative d’acquérir à bon compte une entreprise de qualité pour le long terme.
Comme tout bon groupe exposé au cycle de l’économie, Saint-Gobain souffre de l’essoufflement de la croissance économique internationale (comme l’illustre l’annonce aujourd’hui du PIB américain). L’activité vitrage, très exposée au secteur automobile, encaisse un effondrement de ses marges (2,1% contre 9,5% un an plus tôt). Les autres métiers résistent un peu mieux, même si tout n’est pas rose dans l’aménagement extérieur ou la distribution.
Mais certains investisseurs auront observé le discours de la direction. Celui-ci semble indiquer une volonté de préserver les marges par le maintien de hausses tarifaires, même si cela doit conduire à une légère contraction des volumes. C’est sans doute une nouvelle plutôt rassurante contenue dans cette publication.
Le consensus des analystes, qui tablait sur un résultat d’exploitation d’un peu plus de 3,1 milliards d’euros, va devoir abaisser son curseur. Certains brokers tablent au mieux sur 3 milliards. Mon estimation se situe désormais à 2,79 milliards d’euros pour cette année.
En supposant que la dette nette se stabilise d’ici la fin de l’année au niveau atteint au 30 juin (9,8 milliards d’euros) et compte tenu d’une capitalisation boursière de 12,9 milliards d’euros, la valeur d’entreprise de Saint-Gobain ressort à environ 22,7 milliards d’euros, soit 8,2 fois le résultat d’exploitation au plus.
Une fois de plus, Mr le Marché a décidé de plonger dans l’excès absolu. Craignant un éclatement de la zone euro et une rechute en récession de l’économie mondiale, il panique et sanctionne la moindre mauvaise nouvelle.
Le bilan de Saint-Gobain reste sain. L’équipe de direction est focalisée sur la préservation tant bien que mal des marges et de la génération de cash-flows. Le groupe dispose d’atouts grâce aux efforts de R&D de sa division Matériaux Haute Performance, qui irradie les autres métiers. Autant d’atouts que la Bourse a décidé d’ignorer. Au moins temporairement.
Avertissement
L’auteur du poste informe le lecteur qu’il détient des actions Saint-Gobain en portefeuille (pour être totalement transparent, elles ont été acquises avant l’écriture de ce papier; il aurait été étonnant de ne pas en acheter compte tenu de l’argumentaire développé ci-dessus…).
