Grosse journée demain, pour la BCE et pour les marchés. Ces derniers attendent de Mario Draghi des annonces fortes en matière d’intervention de la BCE sur les marchés obligataires (« SMP 2.0″ selon Goldman Sachs). Mais comme à son habitude, la Bourse voit toujours trop grand trop tôt. Depuis le début de la crise, le temps des politiques et des responsables des autorités monétaires n’a jamais été plus rapide que celui des marchés. La déception pourrait provoquer un sursaut de volatilité, une rechute d’indices boursiers qui ont plutôt bien tenu ces derniers jours, et un repli de l’euro face au dollar.
L’objectif des décisions que devraient prendre la BCE sera avant tout de permettre au système bancaire de financer l’économie réelle. L’achat d’obligations ayant une maturité allant jusqu’à 3 ans est une des options les plus anticipées par les investisseurs.
« Nous pensons que la BCE offrira peu de clarté sur son programme d’achat d’obligations – en l’absence de toute demande de soutien – mais devrait être moins exigeante en matière de contreparties et devrait abaisser son taux de refinancement de 25 points de base à 0,5% tout en laissant les taux de dépôt inchangés », selon Bank of America Merrill Lynch.
Chez Morgan Stanley, on n’attend pas non plus de miracle.
« Il y a peu de chance que la réunion aboutisse à des actions tangibles ou d’annonces sur un nouveau programme de rachats d’obligations. Au contraire du marché, nous attendons une baisse de 25 points de base de tous les taux de référence de la BCE. »
Citi table sur des mouvements de baisse des taux de référence (25 points de base pour le refinancement) et considère qu’une baisse des taux directeurs n’est plus qu’une question de temps. La BCE ne devrait pas annoncer de mesures non conventionnelles (LTRO…) et devrait donner peu de détails sur un éventuel programme de rachats d’obligations.
Chez Goldman Sachs, on attend des détails sur ces rachats d’obligations, tandis que l’on n’anticipe pas d’annonce fracassante sur les taux de référence.
« L’objectif de la BCE sera d’affirmer son intention d’agir, de manière illimitée si nécessaire, de manière à faire baisser les taux d’emprunt à des niveaux consistants avec les fondamentaux économiques, et qui ne reflètent plus ‘les primes de risque correspondant aux craintes d’une reversibilité de l’euro’ ».
On notera donc que plusieurs économistes attendent des nouvelles (taux, engagement « illimité si nécessaire », voire des explications de texte (SMP)), mais malgré tout ces anticipations sont un peu plus mesurées que ce que le marché attend. D’où encore une fois un risque de déception auquel on doit accorder quelque crédibilité.
