L’optimisme des marchés, suscité par les interventions successives des grandes banques centrales (BCE, Fed, BoJ), ne doit pas faire oublier l’état toujours moribond de l’économie internationale: la croissance ralentit sensiblement en Asie, elle est durablement inférieure au potentiel aux Etats-Unis et l’Europe connaît une nouvelle phase de récession, conséquence de la crise de la dette publique qui frappe plusieurs de ses pays.
Un tel environnement doit pousser les investisseurs à rester prudents, même si de nombreux brokers tablent sur une possible nouvelle vague de hausse des marchés actions d’ici la fin de l’année. Mais ce pronostic ne fait pas l’unanimité. Certains investisseurs jugent les actions européennes particulièrement attrayantes en termes de valorisation – ce qui expliquerait le retour des flux d’investissement sur cette classe d’actifs.
D’autres craignent une remontée des primes de risque suite à un nouvel événement défavorable en zone euro. Le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro reste d’actualité chez certains brokers (Citi voit une probabilité de 90% d’ici 12-18 mois) et le cas de l’Espagne n’est toujours pas réglé (le pays doit rembourser 27 milliards d’euros en octobre et 53 milliards d’ici la fin de l’année)… Enfin, les détails de l’intervention de la BCE ne sont pas connus, ce qui pourrait créer une source d’incertitude mal appréciée des investisseurs.
Certains analystes (Morgan Stanley) s’interrogent également sur l’efficacité de la politique d’assouplissement quantitatif de la Fed. L’objectif de cette action reste de soutenir le marché immobilier américain et de permettre un refinancement des prêts hypothécaires. Car la Fed ne voit pas d’amélioration durable de l’emploi avant la fin 2013…
Au total, si la probabilité des « risques extrêmes » (récession mondiale, éclatement de la zone euro) a bien reculé, la perspective d’ensemble est celle d’une croissance molle, avec des a-coups difficiles à anticiper. Et comme l’observent les économistes d’Oddo Securities, cet environnement « ne laisse pas beaucoup de place pour des surprises positives dans les prochains mois ». Un sentiment partagé par les économistes de Citi, qui évoquent un « monde de fragilités ».
