BCE 2.0: moins allemande, plus italienne – UBS

L’approche de la BCE en matière de politique monétaire s’éloigne du modèle allemand (dit de la Bundesbank) pour se rapprocher du modèle italien, ce qui s’est traduit par un rôle plus « proactif » pour aider à sortir de la crise. Pour les économistes d’UBS, ce changement aurait commencé dès 2010 avec la mise en oeuvre du programme de rachat d’obligations souveraines sur le marché secondaire (Securities Markets Program).

Cette évolution reflète avant tout le changement profond de l’environnement économique et monétaire. Pour UBS, le modèle de la Bundesbank ne fonctionnait correctement que lorsque les conditions économiques étaient favorables. C’est-à-dire lorsque les pays parvenaient plus ou moins bien à respecter les engagements du Traité de Maastricht (dont une lecture critique a posteriori semble plus que nécessaire aujourd’hui, NDLR).

Le rôle plus proactif de la BCE s’est amplifié avec Mario Draghi et a pris plusieurs formes depuis sa prise de fonction.

  • 2è baisse des taux repo en décembre 2011 ;
  • évolution du board de la BCE ;
  • les deux opérations de refinancement à long terme du système bancaire (LTRO).

Reste le volet le plus récent de l’action de la BCE: les Outright Monetary Transactions (OMT) qui, pour UBS, s’inscrivent davantage dans une approche plus pragmatique de l’action de l’autorité monétaire. La thèse de la banque suisse est qu’une plus grande coopération entre banque centrale (monnaie) et gouvernement (budget) ne conduit pas nécessairement à une perte d’indépendance, comme ce fut le cas en Italie. Ce changement est dicté par les circonstances. Et la BCE restera donc focalisée sur la stabilité monétaire.

Mais en annonçant l’OMT, la BCE marque une rupture avec l’héritage de la Buba et ouvrirait la voie à une sortie de crise, selon UBS.

« Solving the fundamental problems of the euro area, which mainly consist of competitiveness gaps, excessive debt and unsuitable institutions, will take time. In allowing for the time necessary to address these problems, the ECB has stepped away from its austere, Bundesbank-like position, and moved in the direction of a more co-operative central bank, responsible for more than monetary stability. This role is, again, more similar to that of the Banca d’Italia, although this is not to say that it is acting less independently. »

Rappelons toutefois qu’il y a un débat sur le rôle et le mandat de la BCE, tout comme certains économistes critiquent avec dureté les modalités du pacte budgétaire actuellement en cours de ratification au sein de l’Union européenne.

 

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