Une lecture optimiste de l’histoire boursière pour le 4è trimestre

Le quatrième trimestre 2012 va-t-il traduire une nouvelle phase de hausse pour les indices boursiers? Il y a bien quelques données macro-économiques plus encourageantes (chômage US, indicateurs d’activité…). Mais les risques extrêmes (« tail risks ») sont toujours présents et à chaque baisse de confiance, les investisseurs ont tendance à trouver rapidement refuge dans les valeurs refuge (or, franc suisse, yen, bons du Trésor ou Bund). Mais les spécialistes de Cheuvreux pensent que si l’on se réfère à l’histoire boursière, il y a de bonnes raisons de croire que la hausse se poursuivra. Et l’on nous rappelle sans cesse que « les performances passées ne doivent pas préjuger des performances futures »…

Voici un commentaire daté du 1er octobre (les passages en gras ont été surlignés par moi):

« Les valeurs des actions sont revenues aux niveaux de rupture du mois de septembre. Il y a une chose dont on peut être sûr concernant le monde de l’investissement : dès que le momentum à la hausse des marchés actions ralentira, les investisseurs seront immédiatement envahis par le doute et l’inquiétude.
Certes, nous continuons d’assister à la consolidation du marché. Ce sera la cas tant que le leader américain se maintiendra au-dessus de sa zone de rupture de septembre : la zone 1410-30 sur le S&P500.
Nous devons nous montrer plus flexibles concernant le comportement des maillons plus faibles de la chaîne actions, en particulier les marchés « value » de la zone euro. Une certaine correction à ce niveau est inévitable. Bon nombre des grandes capitalisations « value » délaissées en Europe ont été durement touchées au cours des deux dernières semaines : ce sont toujours les premières actions à être vendues. Néanmoins, leur rechute ne change pas le diagnostic global de consolidation. Nous remarquons que l’ampleur du marché reste bonne.
En ce début de T4 2012, les investisseurs devraient se rappeler que les indices de référence de l’Amérique et de l’Europe au sens large ont augmenté pendant quatre mois consécutifs depuis le mois de mai. L’histoire du siècle dernier nous rappelle que le quatrième trimestre a rarement été négatif dans ce cas de figure, y compris dans les périodes caractérisées par des bouleversements et des difficultés économiques.
Pour être précis, depuis 1928 l’indice S&P500 a enregistré huit fois des gains mensuels consécutifs sur la période juin-septembre. Le gain moyen pour le quatrième trimestre suivant cette période, à ces huit occasions, a atteint 7.9%. Sur ces huit occasions, le T4 n’a été négatif qu’une fois. L’exception est l’année 1940, ce qui nous rappelle qu’il n’y a aucune garantie lorsque l’on parle de l’avenir. Les statistiques pour le marché britannique sur cette même période disent la même chose.
L’un des messages est que ce ne sont pas les difficultés économiques qui déterminent le comportement du marché. La réponse aux difficultés par ceux qui ont le pouvoir de déterminer l’avenir du monde de l’investissement est une influence plus forte.
Nous pensons que le momentum à la hausse sur les marchés actions reprendra ce mois-ci, et probablement plus tôt que tard, car les marchés évoluent rapidement en 2012. En fait, nous attendons des signes de résurgence à partir de la semaine prochaine car bon nombre de catalyseurs se révèleront à partir de ce moment-là, en particulier :
-La saison de publication des résultats trimestriels, qui commence la semaine prochaine dans un contexte d’appréhension des investisseurs. Les préannonces ont été inhabituellement négatives, en raison de l’anticipation du plus bas approximatif de la tendance baissière des résultats. Les analystes ont fortement revu en baisse leurs estimations ces derniers mois : une baisse sur un an de 2-3% est à présent attendue pour les BPA de l’indice S&P500. Comme d’habitude, nous pensons que ça ne sera pas différent cette fois-ci. Globalement, il n’y a aucune raison de penser que les sociétés ne publieront pas de meilleurs chiffres qu’attendu. Nous avons les premières indications timides, selon lesquelles la tendance à la baisse des résultats pourrait se stabiliser.
- Nous pensons qu’il y aura des mesures suffisantes de soutien politique en Chine pour maintenir l’indice Shanghai au-dessus du niveau de 2000 pendant le changement de leadership du pays au-delà de cette semaine de vacances.
- Le sauvetage de l’Espagne devrait être clarifié d’ici à la réunion du Conseil européen des 18-19 octobre prochains. Le gouvernement Rajoy est déterminé à garantir que la forme de conditionnalité la moins onéreuse politiquement soit attachée à son accès au programme OMT de la BCE. Ainsi, nous avons dû attendre l’annonce des amendements de son programme budgétaire et les stress tests de la Banque. Nous pensons que l’intention est d’utiliser la ligne de crédit assortie de conditions renforcées (« Enhanced Credit Conditions Line facility » ou ECCL) d’un an renouvelable, qui pourrait fournir un financement pouvant aller jusqu’à EUR 140 mds. Les éléments économiques du programme d’ajustement de l’Espagne sont périlleux. Pourtant, le faux drame lié aux besoins de financement immédiats du pays devrait bientôt prendre fin.
- Nous attendons au total de bonnes surprises des données macroéconomiques qui seront publiées ce mois-ci en Amérique, parce que l’économie américaine tire le cycle mondial. Nous pensons qu’il y a au moins autant de marge de bonnes surprises venant des indicateurs sur la demande domestique et l’emploi que de ceux liés à la production. L’un des éléments les plus significatifs de cette année est la façon dont la croissance mondiale a créé des déceptions tandis que les indicateurs de « l’Amérique domestique » commencent à afficher une plus forte résilience.
La reprise des marchés actions depuis les ventes massives de l’été dernier a été tirée par la croissance mondiale cyclique. Un an plus tard, cette dernière est le maillon le plus faible dans le processus actuel de rebond des actions. Actuellement, les baromètres les plus importants sont l’Amérique domestique, sensible au crédit et le thème de la croissance mondiale du point de vue américain.
La semaine dernière, la confiance des chefs d’entreprises américains a fortement chuté. Parallèlement, les enquêtes indiquent un rebond des anticipations des ménages américains en septembre. Les données relatives aux petites entreprises sont également positives. Il peut sembler étrange que le consommateur américain soit apparemment plus sensible au message de M. Bernanke que les dirigeants d’entreprises. Néanmoins, cette divergence est caractéristique de 2012. Les investissements des entreprises ont été décevants cette année. L’investissement résidentiel a été une bonne surprise. Il y a également un message politique ici.
On pourrait dire que « l’Amérique domestique » vote majoritairement pour les Démocrates tandis que la croissance mondiale a une orientation Républicaine. Ce qui semble évident, c’est que la reprise du logement est une bonne nouvelle pour le Président Obama.
Il se pourrait que le sentiment déprimé des dirigeants d’entreprises américains soit lié à la perception croissante que la campagne Romney est en grande difficulté. Et c’est peut-être également pour cette raison que le « mur budgétaire » (« fiscal cliff ») attire davantage l’attention. L’idée d’impasse destructive au Congrès est plus plausible dans le cas de la Maison Blanche d’Obama et d’une Chambre des Représentants Républicaine mécontente. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, la politique budgétaire en Amérique n’est pas déterminée par le débat économique. C’est le résultat de la politique d’identité, de culture et de race.
La semaine dernière, nous avons souligné la façon dont le rééquilibrage des thèmes de croissance mondiale et d’Amérique domestique était associé à une réorientation des flux de capital au sein de la zone dollar mondiale. L’excédent d’investissement de la Réserve Fédérale était habituellement dirigé de façon disproportionnée vers les actifs associés à la croissance mondiale. Les attraits comparatifs de ces deux thèmes sont devenus plus équilibrés, ce qui implique que le dollar sera moins vulnérable aux effets d’une expansion prolongée du bilan de la Fed. Si l’expansion monétaire soutient le marché du travail américain, ce sera parce que « l’Amérique domestique » – du logement, de l’emploi, de la confiance des consommateurs, des petites entreprises et des banques locales – commence déjà à renaître. »

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