Le risque de crédit plus intéressant que le risque de duration-Pictet

Pour trouver de la valeur dans l’univers obligataire, il faut délaisser les actifs sans risques (bons du Trésor, Bund) et privilégier le crédit, selon Sébastien Eisinger, responsable de l’équipe obligataire de la banque privée Pictet.

On observe un changement fondamental dans l’univers de la gestion obligataire: le régime de volatilité s’est déplacé de l’univers du crédit vers l’univers des actifs sans risque. Aujourd’hui, il y a moins de volatilité dans la détention d’une obligation d’entreprise investment grade, d’une obligation high yield ou de la dette émergente que dans la détention du Bund.

Cette volatilité de l’actif sans risque s’explique en fait par les brusques mouvements dans les portefeuilles ces dernières années – le fameux « Risk On-Risk Off », mené au gré des nouvelles macro-économiques du monde et des décisions prises par les responsables politiques face à la crise.

Une fois posée ce constat, reste à trouver des idées d’investissement ayant une valorisation encore attrayante, compte tenu des flux significatifs qui se sont orientés ces dernières années vers les obligations d’entreprise. Sébastien Eisinger observe que les spreads sur le crédit investment grade restent relativement élevé, tout comme sur le high yield, ce qui signifie qu’il existe potentiellement encore pas mal d’opportunités à saisir dans cet univers.

Autre univers à explorer, selon le gérant: la dette émergente en devise locale. Les multiples plans d’assouplissement quantitatif dans les pays développés vont provoquer un débasement des grandes monnaies occidentales, qui rend particulièrement attrayantes les devises émergentes.

Le gérant précise qu’il maintient un volant d’actifs sans risque en fond de portefeuille, ce qui permet une diversification de la duration et permet d’allouer le reste du portefeuille aux idées présentes dans l’univers du crédit. Parmi ces opportunités, il évoque notamment la dette bancaire, pour jouer une normalisation de la hiérarchie du risque, déjà évoquée par d’autres gérants institutionnels (le fait que les banques empruntent aujourd’hui plus cher sur les marchés que les corporate).

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