Goldman Sachs publie une étude intéressante sur le positionnement des portefeuilles des investisseurs institutionnels en croisant plusieurs sources (banques centrales, associations professionnelles, performance des hedge funds…). La conclusion est que les « zinzins » sont sous-exposés aux actions européennes.
La crise n’a fait qu’amplifier un mouvement de fond: les investisseurs privilégient les obligations plutôt que les actions dans leur allocation de portefeuille.
Depuis 2009, les flux qui ont été affectés aux gérants actions (235 milliards d’euros) ont été alloués à des investissements en dehors de l’Europe (pour 231 milliards), observent les stratégistes de la banque américaine.
Et ils doutent que cette tendance se renverse rapidement, même s’il semble difficile de tirer des conclusions claires sur le sujet.
Fonds de pension et compagnies d’assurance n’ont apparemment pas le souhait d’accroître leur exposition aux actions européennes dans leur allocation d’actif. Les autres intervenants (sociétés de gestion d’actifs…) augmenteront leur exposition en fonction de leur appréhension de la situation économique en Europe. Deux indicateurs permettent de suivre cet appétit pour les actions: les enquêtes de confiance des ménages, ainsi que les enquêtes d’activité (PMI).
L’autre élément d’un intérêt plus marqué pour les actions pourrait être les rachats par les entreprises de leurs propres actions. Un mouvement déjà évoqué ici et que Citi dénomme la « dé-equitisation« .
Comme on l’a déjà observé ici, avec des rendements qui ont chuté sur la partie obligataire, les zinzins ont diversifié les sources de rendement en allant du côté du crédit (obligations d’entreprise, haut rendement) et sur les devises présentant un moindre de risque de débasement monétaire (devises émergentes). Les actions pourraient toutefois constituer un autre support d’investissement plus qu’appréciable pour le long terme, en particulier en cas de risque inflationniste (mais cette menace semble encore lointaine). Certains zinzins semblent néanmoins étudier la question, même si la réglementation reste contraignante.



