Les actions émergentes en retard de valorisation

Depuis le début de l’année, les actions suisses font la course en tête (+8,9% en $), juste devant les US (+8,8%) et le Japon (+6,8%). Les actions émergentes ne gagnent que 1%, avec des situations très contrastées (+4% au Brésil, mais +0,5% en Chine ou +0,3% en Russie et -1,9% en Corée). Un écart de performance qui peut étonner au regard des données fondamentales caractéristiques des actions émergentes (notamment une dynamique de croissance relativement plus forte).

Quelques données fondamentales consolidées par grands indices et par sous-secteurs au sein du MSCI World montrent le différentiel de croissance bénéficiare entre pays développés (US) et émergents. Ceci constituerait donc a priori un élément explicatif de l’écart de performance entre ces régions.

Source: Goldman Sachs

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Comme le montre les graphiques suivants (notamment le cadran nord-ouest), les marchés développés ont repris en moins de 3 mois le retard accumulé sur les émergents – revenant à la situation observée à la fin de l’été 2012. Les gérants semblent donc opérer d’importants mouvements dans les allocations de portefeuilles.

Source: Goldman Sachs
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Mais une raison du rebond de certaines Bourses « développées », comme les Etats-Unis, est sans doute d’une tout autre nature, comme l’on relevé les stratégistes de JPMorgan: l’envolée de la Bourse américaine tiendrait en fait aux importants rachats d’actions opérés par les sociétés cotées – faute de perspectives plus encourageants sur la demande intérieure qui les inciterait à investir davantage, elles privilégient le retour de cash aux actionnaires – parfois jusqu’à l’absurde (i.e. en s’endettant).

Source: Goldman Sachs

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Pourtant, comme le montre le tableau ci-dessus, le mouvement de révision en baisse des résultats touche un peu moins les actions émergentes que les autres places de cotation.

Source: Goldman Sachs

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Le graphique qui suit montre que les situations sont plutôt contrastés entre pays émergents: forte dégradation du « sentiment » (différence entre les révisions en hausse et les révisions en baisse des prévisions de résultat) dans un pays comme la Corée, quand il s’améliore nettement au Japon (l’effet « abenomics » ?) et en Chine.

Source: Goldman Sachs

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Il n’en demeure pas moins qu’en termes de valorisation, les pays émergents sont, dans l’ensemble, en phase avec leurs multiples historiques, quand, en Europe et aux USA, la Bourse a visiblement eu tendance à un peu s’emballer dernièrement.

Source: Goldman Sachs

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Ces tableaux et graphiques envoient plutôt un signal contrariant. Si l’environnement économique est de meilleure qualité dans les pays émergents que dans les pays développés, les actions émergents devraient en toute logique en profiter. Ou alors, la Bourse préfère jouer l’espoir d’une sortie de crise dans les pays développés – quitte à pousser ses pions un peu trop loin.

 

 

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