bioMérieux: faux départ

Les ventes décevantes annoncées par bioMérieux au terme du premier trimestre pourraient bien remettre en question l’objectif de croissance pour l’ensemble de l’exercice (+3-5% en organique). Une incertitude malvenue qui pourrait bien arrêter durablement sa revalorisation en Bourse.

[cleeng_content id= »908967048″ description= »Plus d\’analyses et de commentaires à découvrir…  » price= »0.19″ t= »article » referral= »0.05″]bioMérieux est encore trop dépendant du marché européen. Et malgré une activité (diagnostic in vitro) en théorie peu sensible à la conjoncture, et même hautement utile au regard des enjeux de santé publique, ses ventes ont été pénalisées par un environnement économique récessif.

Pour l’analyste de CM-CIC Securities, les explications de cette contreperformance sont de plusieurs ordres:

« contexte en Europe toujours difficile, en particulier en Europe du Sud, ralentissement de la dynamique de croissance dans les pays émergents, effet de base défavorable dans le segment des Applications industrielles (arrêt de commercialisation de certains produits distribués par AES) sont les principaux responsables de cette moindre performance. »

Le problème du groupe est que les relais de croissance – Amérique du Nord, Asie Pacifique – ne parviennent pas vraiment à jouer leur rôle, faute sans doute à un manque de taille critique. Au final, bioMérieux affiche un maigre +0,1% de croissance interne sur le trimestre, rendant difficile à atteindre les objectifs de croissance annuelle.

Comme l’explique CM-CIC, pour tenir ces objectifs, bioMérieux devra afficher au moins 4% de croissance au cours des 3 prochains trimestres, dans un environnement économique toujours difficile.

Le discours rassurant (et de circonstance) tenu par Jean-Luc Bélingard, PDG du groupe, n’empêche pas les investisseurs de prendre leurs bénéfices, après une belle progression du titre au cours des 12 derniers mois (+18%).

Il faut dire que le pari de croissance de bioMérieux repose sur le lancement de 3 nouvelles plates-formes, dont l’impact sur les ventes se fera surtout sentir au second semestre.

D’un point de vue boursier, le titre n’affiche pas des ratios de valorisation excessifs – mais il n’est pas non plus bon marché, loin s’en faut. Il affiche actuellement un P/E 12 mois forward de 15,9x contre une moyenne historique de 18,1x et un ratio EV/EBITDA de 8,7x contre une moyenne historique de 9,8x.

Le hiatus boursier dans lequel se trouve bioMérieux est plus facile à comprendre lorsque l’on compare le ratio cours sur actif net à la rentabilité des fonds propres. Sous cet angle, les investisseurs montrent qu’il ne seront prêts à s’intéresser au titre que lorsque les perspectives de rentabilité seront meilleures. A voir le début de l’année 2013, il faudra sans doute qu’ils attendent un peu.

Source: Factset, weeko

Source: Factset, weeko

 

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