Sanofi: le « re-rating » est loin d’être terminé

En quelques années, Sanofi s’est transformé : attaqué de toutes parts dans la seconde moitié des années 2000 à cause des craintes de pertes de brevets, victime d’une R&D en panne, le groupe, sous l’impulsion de Chris Viehbacher, s’est redressé et affiche aujourd’hui une santé insolante. Avec une capitalisation boursière de 110 milliards d’euros, il caracole en tête du CAC 40.

Tout ceci est le fruit d’un long travail interne et d’opérations de croissance externe bien menées, selon Frédéric Ponchon, gérant chez Sycomore Asset Management.

« La stratégie de Sanofi s’est appuyée sur plusieurs leviers:

  • Des plans de réduction de coûts;

  • Une R&D plus efficace avec une augmentation du nombre de partenariats et d’accords d’in-licensing;

  • Le redéploiement vers des plates-formes de croissance (vaccins, santé animale, OTC);

  • Le développement d’une franchise dans le diabète autour de Lantus, premier contributeur aux ventes du groupe;

  • L’établissement d’une offre de médicaments génériques par le biais de croissance externe, et, thème transversal à l’ensemble du groupe, l’expansion de la présence dans les pays émergents (Sanofi a la plus forte exposition à ses marchés par rapport à ses comparables cotés).

  • Enfin, le rachat de Genzymes a permis de combler les tombées de brevets durant la période 2008-2012, tout en acquérant de nouvelles franchises (maladies orphelines notamment). »

Comme l’illustre le graphique suivant, Sanofi a subi une longue phase de de-rating dès la fin des années 1990-2000. Le rachat d’Aventis en 2004 n’a rien changé – pour le groupe français, le modèle classique du laboratoire focalisé presqu’exclusivement sur la recherche de « blockbusters », n’était plus la solution.

Source: Factset, weeko

Source: Factset, weeko

En cherchant à diversifier les sources de croissance et de rentabilité et à « dé-risquer » l’activité de recherche – via des accords de coopération, ou des opérations de croissance externe – Chris Viehbacher a permis au groupe de limiter les pertes de revenus et à continuer à générer d’importants flux de trésorerie.

Résultat :

« Aujourd’hui, le titre se paie 13,5x les résultats, avec une croissance visible, un bilan solide, une génération de free cash flow conséquente qui permet de saisir des opportunités de croissance externe et de retourner du cash aux actionnaires », analyse Frédéric Ponchon.

Le titre a entamé son mouvement de revalorisation depuis fin 2011 et semble avoir encore pas mal de chemin à parcourir, si l’on en croit les analystes. Le mois dernier, Morgan Stanley, puis Natixis, ont publié chacun une étude pour expliquer en quoi le mouvement de hausse de Sanofi était encore loin d’être terminé.

Pour Morgan Stanley, le marché sous-estime la valeur de la franchise dans le diabète, en particulier depuis les déboires du leader mondial de la spécialité, Novo Nordisk.

Outre l’effet diabète, Natixis estime que les lancements de nouveaux produits (Aubagio, Lemtrada, Lyxumia) soutiendront la hausse du cours de Bourse. On peut aussi citer le fait que Sanofi est le laboratoire pharmaceutique le plus exposé aux marchés émergents, où l’accès à la santé progresse rapidement.

Les deux brokers mettent également en avant la possibilité de réaliser d’autres opérations de croissance externe, le groupe générant beaucoup de cash et étant très peu endetté.

Les deux courtiers estiment que le titre vaut 100 euros, contre un cours coté de 82,24€ actuellement.

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