Profil d’entreprise: Maurel & Prom (MAU)

En bref

Maurel & Prom est un groupe pétrolier indépendant, dont la stratégie repose sur l’exploration et l’exploitation de champs d’hydrocarbures, puis la revente de ces actifs une fois leur potentiel établi.

Marché et concurrents

Maurel & Prom est l’un des rares opérateurs pétroliers indépendants ou « junior » cotés à Paris. Elle est contrôlée par le financier Jean-François Hénin. Ce type d’acteurs est plus fréquent à Londres (Dana Petroleum, Cairn Energy, Tullow Oil) et souvent mieux valorisé. L’entreprise, compte tenu de sa taille, de ses moyens financiers et technologiques, ne joue pas dans la même cour que les « majors ». Elle préfère explorer et exploiter des champs trop petits pour être rentables pour les géants du secteur. Sa petite taille (297 salariés) la rend plus flexible que les majors. C’est également sa limite lorsqu’un champ s’avère trop grand ou complexe à exploiter.

L’industrie du pétrole voit son modèle remis en question par l’accès rendu plus difficile aux ressources dans certains pays, des coûts d’exploration/production en hausse, des impôts accrus (partage de la rente pétrolière) et une incertitude sur l’évolution de la demande (rapide avant la crise, plus modérée depuis). Tous ces éléments ont conduit, avec la crise, à une grande volatilité du prix du pétrole, qui reste un élément déterminant dans les décisions d’investissement des compagnies pétrolières.

Stratégie

Depuis 2003, Maurel & Prom se focalise sur la « construction d’un opérateur indépendant à forte croissance en Europe ». Cette stratégie s’est appuyée à la fois sur la croissance interne (découverte et forage de champs rentables) et sur des acquisitions (Hocol).

Histoire récente

Ancienne filiale d’Electricité et Eaux de Madagascar dont elle s’est séparée en 2000, Maurel & Prom s’est progressivement focalisée sur les métiers de l’exploration et du forage pétrolier.

Après un premier succès avec le champ M’Boundi au Congo, la société a réitéré l’expérience en Amérique Latine (Hocol), sans rencontrer la même réussite pour son cours de Bourse. L’entreprise est aujourd’hui engagée au Gabon, qui représente l’essentiel de ses réserves prouvées et probables. Le gros des efforts d’investissement était en 2009 concentré au Gabon (champ d’Onal) et en Tanzanie (71% des 439 millions d’euros investis).

Maurel & Prom cherche également des relais de croissance dans de nouveaux pays (Nigeria).

Résultats et objectifs financiers

Deux activités ont contribué aux résultats de l’entreprise l’an dernier : le Gabon (54%) et le forage (Caroil). La hausse du dollar a en partie compensé la baisse du cours du baril entre 2008 et 2009 (-37% pour le Brent).

La rentabilité des opérations n’a toutefois pas été suffisante pour couvrir les coûts d’exploration (54 millions d’euros), conduisant le groupe à constater une perte d’exploitation de 28 millions d’euros, contre un bénéfice de 96 millions en 2008. Avec un chiffre d’affaires de 193 millions d’euros, Maurel & Prom est loin du record de 2006 (584 millions de chiffre d’affaires, marge d’exploitation record de près de 47%, record de production d’hydrocarbures (29.710 barils par jour).

La crise financière a été source de difficultés supplémentaires pour le groupe, au moment où celui-ci cherchait à céder sa filiale Hocol – opération qui a finalement abouti pour 740 millions de dollars. Une opération de restructuration financière (refinancement, OCEANE 2014) et la cession ont permis au groupe de réduire son endettement.

En mai 2009, le groupe a renégocié une facilité bancaire de 177 millions d’euros, garantie par le nantissement des réserves pétrolières au Gabon. Cette facilité, inscrite hors bilan, fait l’objet de covenants bancaires.

Depuis la cession de M’Boundi, Maurel & Prom n’autofinance plus ses investissements, lesquels ont considérablement augmenté (385 millions d’euros en 2009, 541 en 2008). Ces dépenses ont été financées par la cession d’Hocol Colombie et par endettement.

Cours de Bourse

Le parcours boursier de Maurel & Prom est avant tout lié au rythme des découvertes pétrolières. L’envolée du titre s’explique entre 2003 et 2006 par la découverte et l’exploitation du champ de M’Boundi, revendu depuis au groupe pétrolier italien ENI.

En 2004-2005, la communication financière du groupe devient une source de difficulté pour le groupe (il sera sanctionné par l’AMF).

Par la suite, la production d’hydrocarbures et les résultats du groupe sont devenus nettement plus volatils, en grande partie à cause des changements de périmètre intervenus, entraînant à leur suite le cours de Bourse de l’entreprise.

Ce parcours boursier reste aujourd’hui erratique, en raison notamment du manque de visibilité sur les nouvelles découvertes de champs prometteurs.

Ratios de valorisation

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