Ca patine dans la tech – Barclays

Barclays publie aujourd’hui les résultats d’une enquête auprès des directeurs informatiques d’entreprises en Europe et aux Etats-Unis. Sans grande surprise, la dégradation de la conjoncture mondiale pèse sur les décisions d’investissement IT. Les prévisions de croissance pour 2012 ont ainsi été « drastiquement » revues à la baisse, selon Barclays. Lire la suite

Les OPA hostiles en vogue

Incertitudes sur la vigueur de la reprise ou pas, les opérations de concentration sont reparties de plus belle. En l’espace de quelques jours, Dell et Hewlett-Packard ont engagé une bataille pour le spécialiste du stockage 3PAR (HP semble avoir pris une légère avance, mais elle reste à confirmer). Sanofi-Aventis a rendu public dimanche son projet d’offre de rachat à 69$ sur Genzyme pour faire pression sur la direction de l’entreprise qui reste sourde à ses demandes de discussions. BHP Billiton tente de ravir le spécialiste des fertilisants Potash pour un prix de 130$.

La caractéristique commune de ces offres ? Les prédateurs tentent de tirer parti de cours de Bourse déprimés pour faire de bonnes affaires. Ce n’est apparemment pas un mauvais calcul dans un environnement de faibles taux. Toute la difficulté est d’arriver à boucler ces deals en ne payant pas trop cher.

Cela montre aussi que les dirigeants d’entreprises, à défaut de réinvestir massivement dans leur outil de production, préfèrent acquérir des actifs et les restructurer pour dégager de nouvelles sources de profits. Une démarche visiblement considérée comme plus acceptable par les investisseurs plutôt que celle qui consiste à investir dans des projets de croissance interne, certes mieux contrôlables, mais plus longs à mettre en œuvre et moins à même de faire monter rapidement les cours de Bourse.

1,8 milliard pour bons et loyaux services

La rémunération des dirigeants reste un sujet sensible, sur lequel les entreprises font preuve de réelle transparence depuis peu. Au moment où l’on souligne l’importance de lier la rémunération des dirigeants à la performance sur le long terme d’une entreprise et sur la nécessite d’aligner les intérêts des dirigeants et des actionnaires, le Wall Street Journal a analysé les 25 plus fortes rémunérations au cours des dix dernières années aux Etats-Unis.

Le « vainqueur » de ce palmarès est Larry Ellison, fondateur et PDG de l’éditeur de logiciels Oracle, qui a perçu en 10 ans (1999-2009) 1,84 milliard de dollars. Il précède Barry Diller, patron d’IAC/Interactive et de la société Expedia.com, Ray Irani (Occidental Petroleum), Steve Jobs (Apple), Richard Fairbank (Capital One Financial).

Sur les 25 dirigeants, 4 viennent de l’industrie financière, dont 2 sont d’anciens patrons déchus de Wall Street: Richard Fuld (Lehman Brothers) et Sandy Weill (Citigroup). La liste inclut, outre M. Fairbank, Angelo Mozillo, ancien dirigeant de Countrywide Financial, un intermédiaire dans la réalisation de prêts hypothécaire qui a fait faillite avec l’effondrement du marché immobilier.

L’une des conclusions de l’étude est que seulement quelques-uns des dirigeants les mieux payés ont également enrichi leurs actionnaires. Dans d’autres cas, les actionnaires ont souvent perdu beaucoup. Le quotidien fait référence à Dell, Cendant, Capital One, IAC/Interactive ou Countrywide.

Le quotidien observe par ailleurs que les dirigeants les plus riches ne sont pas les mieux payés. C’est le cas de Warren Buffett (Berkshire Hathaway) et Bill Gates (Microsoft).

La réforme de la régulation financière votée sous la présidence de Barack Obama impose une revue périodique par les actionnaires d’une entreprise de la rémunération des dirigeants. Elle impose en outre aux entreprises de divulguer la disparité des rémunérations entre le PDG et les autres salariés de l’entreprise.

En France, le cabinet Proxinvest analyse chaque année la rémunération des dirigeants des entreprises du SBF120, qui atteignent souvent des niveaux astronomiques. Il notait récemment que plusieurs entreprises, parmi lesquelles Total, Sanofi-Aventis, Capgemini, refusent toujours de faire voter la rémunération du président non-exécutif par les actionnaires réunis en assemblée générale. Un sujet d’autant plus préoccupants que les présidents de conseil d’administration français sont généralement bien mieux lotis que leurs confrères en Europe.

Dans son dernier rapport, Proxinvest soulignait avec justesse qu’en « pleine année de crise, la question des rémunérations abusives creuse encore l’écart entre l’entreprise et l’opinion. Les recommandations de modération et d’auto-régulation du patronat n’ont pas mis fin aux affaires… ». Le cabinet faisait référence aux conditions de rémunérations de certains dirigeants de banques (Daniel Bouton à la Société Générale), du patron d’EDF (Henri Proglio qui cumule les postes de président du conseil chez EDF et Veolia) ou du scandale créé par l’indemnité de départ de l’ancien patron de Valeo, Thierry Morin.

En 2008, la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 était de 3,6 millions d’euros, en baisse de 20%. L’indice CAC 40 a chuté cette année-là de 42%.

Dell subventionné par Intel

En 2006, la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, ouvrait une enquête sur l’information financière du fabricant d’ordinateurs Dell. Après plus de deux ans d’investigation, les deux parties se sont mises d’accord pour un « règlement à l’amiable » de 100 millions de dollars, divulgué par la société sans que l’on connaisse la nature réelle des griefs à l’encontre de Dell. L’accord a contraint le groupe à revoir à la baisse ses prévisions de résultats pour l’exercice fiscal 2011.

Le Wall Street Journal, dans son édition de vendredi, révèle que le règlement portait sur la non divulgation par Dell qu’une partie des résultats publiés entre 2002 et 2006 reposait sur des versements reçus d’Intel, leader mondial des microprocesseurs et son principal fournisseur. Au lieu de divulguer proprement l’information, les dirigeants de Dell ont préféré expliquer leurs « bons résultats » par des « efforts de réduction des coûts » ou la « baisse du prix des composants » (expressions reprises dans la plainte de la SEC).

Selon la SEC, les paiements d’Intel représentaient 10% du résultat opérationnel de Dell au cours de l’exercice fiscal 2003 et 38% en 2006. Au cours du premier trimestre 2007, « l’obole » d’Intel représentait 76% du résultat opérationnel du constructeur informatique.

Il s’agissait donc d’une contribution significative qui méritait d’être divulguée aux actionnaires et aux investisseurs. On ne peut certes pas parler de manipulation comptable, mais plutôt de dissimulation de la réalité. De toute manière, ce type de pratique est hautement répréhensible. Il est juste regrettable que certaines entreprises s’amusent à ce genre de pratique, surtout après les scandales comptables des années 2000 (Enron, WorldCom).

Ajoutons que trois dirigeants et anciens responsables de l’entreprise ont été mis à l’amende. Michael Dell et Kevin Rollins (ancien DG) ont dû payer 4 millions de dollars chacun. James Schneider, ancien directeur financier, a dû versre 3 millions de dollars. Des montants heureusement non négligeables.