H7N9 fait trembler le transport aérien

L’annonce de plusieurs décès liés au virus de grippe aviaire H7N9 a fait chuter le secteur du transport aérien en Europe la semaine dernière, avec aujourd’hui quelques réactions en chaîne sur certaines compagnies. Lire la suite

Ironie de l’Histoire

Peu avant la crise, en présentant les résultats annuels d’Air France-KLM, Pierre-Henri Gourgeon n’avait pas de mots très tendres pour les compagnies low-cost. L’envolée du cours du pétrole vers des sommets permettrait selon lui de démontrer la non viabilité des compagnies comme Ryanair ou Easyjet et la solidité du modèle économique de son groupe. Une récession  plus tard, Air France-KLM envisage de créer une compagnie low-cost sur quelques lignes à l’intérieur de son marché domestique…

Pourquoi un tel revirement ? La réponse a été donnée par le patron d’Easyjet France, interrogé par l’AFP:

« La base du modèle [d’Easyjet] est la rotation supplémentaire par rapport aux compagnies classiques », en ne faisant « pas de correspondance, pas de fret » et en minimisant les interventions à l’escale. « On fait un aller-retour de plus chaque jour », soit « 30% de passagers en plus par jour sur le même avion ».

De condescendant, Air France-KLM serait donc devenu plus préoccupé de la menace low-cost, qui vient, avec le TGV, lui prendre des parts de marché sur l’une de ses activités les plus rentables… Dans son ouvrage, « La face cachée d’Air France« , Fabrice Amedeo (Flammarion, 2010) évoque le sujet au chapitre 18 de son livre. Citant des documents internes de la compagnie, ce journaliste souligne que les coûts d’exploitation du low-cost sont inférieurs de près de 50% à ceux d’Air France-KLM (avions plus récents, économies à tous les postes en dehors de la maintenance et de la sécurité, rotations plus nombreuses des avions…).

La crise économique a mis à mal la rentabilité des vols long courrier et affaires d’Air France-KLM (plans d’économies des entreprises, recul du trafic), touchant là aussi une activité très rentable pour le français. Ces différents éléments ont entraîné une réaction un peu tardive du transporteur, puisque c’est apparemment à l’automne 2009 que la compagnie aérienne a commencé à réfléchir à une parade… Air France-KLM semble beaucoup réfléchir depuis plus d’un an et n’a toujours pas de plan d’action à présenter (en dehors de la classe « premium voyageur » ou d’autres actions annoncées en mai dernier).

Pour rappel, Air France-KLM a enregistré une perte nette de 1,56 milliard d’euros en 2009-2010 (exercice clos le 31 mars) pour un chiffre d’affaires en chute de 15%. Easyjet était bénéficiaire au terme de l’exercice clos le 30 septembre 2009 et devrait l’être au terme de l’exercice clos le 30 septembre 2010.