Ce que l’on apprend en lisant le document de référence d’Alcatel-Lucent

Alcatel-Lucent a publié son document de référence pour 2012, avec quelques informations intéressantes et quelques lacunes qu’il serait sans doute bon de combler pour améliorer l’information des investisseurs. Lire la suite

GDF Suez: un dividende soutenable et attrayant

[cleeng_content id= »476726883″ description= »Plus d\’analyses à suivre » price= »0.19″ t= »article » referral= »0.05″]GDF Suez devrait être en mesure de générer suffisamment de trésorerie pour verser un dividende significatif, conférant au titre un rendement du dividende particulièrement attrayant, estime Goldman Sachs. L’objectif de maintenir un dividende de 1,5€/action annoncé par le groupe est crédible, selon la banque américaine, et fait ressortir un rendement de 10% très supérieur à la moyenne des comparables boursiers. Lire la suite

Bilan 2012 du marché des fusions-acquisitions en France

Mergermarket a publié son analyse du marché des fusions-acquisitions en France: le bilan est très décevant avec un plongeon de 56,6% des transactions, à 25,3 milliards d’euros, soit la deuxième pire année pour l’industrie financière depuis 2001. La chute de l’activité s’est même amplifiée en fin d’année (-67,4% au T4). Autre fait marquant: l’année a été marquée par un record d’investissements étrangers dans l’Hexagone (62,5% du total des transactions, un record depuis 2001). Lire la suite

Départ houleux chez Goldman Sachs

Goldman Sachs fait encore la une des journaux, après la publication hier par l’un de ses anciens employés (Greg Smith, patron des produits dérivés sur actions en Europe et au Moyen-Orient) d’une tribune dans le New York Times. Ce dernier critique vertement le développement au sein de la banque d’affaires américaine d’une « culture (…) toxique et destructive » où l’intérêt des clients n’est plus la priorité (celle-ci serait de faire de l’argent sur le dos de ces derniers). Une tribune à laquelle les dirigeants de la banque ont immédiatement réagi. Lire la suite

100 milliards pour Facebook? Si peu

Facebook irait en Bourse courant avril-juin 2012, nous annonce le Wall Street Journal, pour une levée de fonds de 10 milliards de dollars lui assurant une valorisation boursière de 100 milliards (la société n’a pas souhaité commenter). Question: si l’opération se fait effectivement en ces termes, le parcours boursier ressemblera-t-il à celui de LinkedIn ou à celui de Groupon? Réponse: cela dépendra sans doute de la capacité de Mark Zuckerberg à convaincre les investisseurs qu’il a bien un business model capable de faire gagner de l’argent durablement et de manière rentable à son entreprise. Lire la suite

29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente »

Dans le cadre du G20 de Cannes, le Financial Stability Board a publié une liste des 29 institutions financières systémiques à l’échelle de la planète – baptisées « Global Systematically Important Financial Institutions » (G-SIFI). Bizarrement, une seule institution « émergente » (Bank of China) en fait partie. Lire la suite

Revue des marchés

Weekly Performance (21 Oct 2011)

  • S&P 500 +1.1% 1,238.25
  • Stoxx 600  +0.2% 238.93
  • MSCI Asia Pacific -0.7% 115.97 ($)
  • EUR-USD +0.1% 1.390 $
  • 2Y US 0.267%
  • 10Y US 2.219% -3ppt
  • 30Y US 3.264% +3ppt
  • 10Y Bund 2.106% -9ppt
  • Gold -2.4% 1,642$/once
  • RJ/CRB Commodity -1.9% 311.08

L’indécision des dirigeants politiques européens et le ralentissement de la croissance en Chine ont provoqué des évolutions divergentes des grandes places boursières dans le monde. Le Stoxx 600 n’a progressé que de 0.2%, tandis que l’indice MSCI Asia Pacific a cédé 0.7%. La Bourse de Hong Kong a reculé de 2.6% sur la semaine, la Chine ayant affiché son rythme de croissance économique le plus faible depuis 2009 (+9.1%). En Europe, les titres de nombreuses valeurs cycliques ont été chahutées en pleine démarrage de la saison des publications de résultats. Safran a plongé de 13% après la publication de ses ventes du 3è trimestre. Aixtron, Alcatel-Lucent ont perdu respectivement 16% et 11% après des dégradations de brokers. A l’opposé SGL Carbon a bondi de 19% sur les rumeurs de montée au capital de BMW et Volkswagen. Lundin Petroleum a pris 14% après le relèvement par Statoil de l’estimation des réserves d’un champ découvert en mer du Nord. G4S a chuté de 14% en indiquant son intention de racheter ISS pour 5.2 milliards de livres sterling.

Dans cet environnement plutôt incertain, la  Bourse américaine s’est distinguée, malgré une plus grande prudence de la Fed (Beige Book) et des consommateurs sur l’évolution future de l’économie. L’indice S&P 500 a gagné 1.1%, boosté par la spéculation d’une résolution de la crise européenne, même si de nombreux observateurs et plusieurs dirigeants européens (allemands notamment) ont tenté de tempérer tout excès d’enthousiasme. Les banques américaines Bank of America et Goldman Sachs ont progressé de plus de 4% malgré l’annonce de résultats peu encourageants. Morgan Stanley a battu le consensus et a vu son titre bondir de 12%. Dans le secteur de l’énergie, El Paso Corp a bondi de 28% après l’annonce de son rachat par son compatriote Kinder Morgan. McDonald’s a fait mieux que prévu avec une hausse de 8.6% de ses résultats trimestriels, boostant son cours de Bourse de 2.7%.

L’histoire Goldman Sachs-Facebook tourne à la mauvaise blague

Il faut toujours lire les notes de bas de page, en particulier sur les prospectus. La documentation fournie par Goldman Sachs aux investisseurs désireux d’investir leur argent dans Facebook contiendrait un avertissement précisant que la banque d’affaires, réputée l’une des plus « futées » de Wall Street, pourrait vendre sa propre participation dans le réseau social sans en informer ses clients. Lire la suite

Facebook a trop d’amis ?

Goldman Sachs n’abrite pas que des gens supposés brillants dans le domaine de la finance, mais a aussi quelques « rois » du marketing qui ont appliqué à la lettre les règles de base de cette discipline: susciter le « buzz » sur un produit connu, tout en créant une situation de rareté qui provoque un afflux de demande. Lire la suite

Aides de la Fed: la version de Goldman, et la réalité

C’était quelques mois avant l’affaire Abacus. Un article de Vanity Fair raconte longuement comment Goldman Sachs a traversé la crise financière de 2008. La journaliste, Bethany McLean, demande aux dirigeants de la banque, Lloyd Blankfein (PDG), Gary Cohn (DG adjoint) et David Viniar (directeur financier) si face à la tempête financière qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, Goldman Sachs aurait pu survivre. « Goldman aurait survécu sans toutes les forme d’intervention du gouvernement ». Et Cohn ajoute: « Je pense que nous n’aurions pas failli. Nous avions du cash ». Lire la suite

Disciple de Graham (4)

A lire un portrait intéressant de Bruce Berkowtiz, gestionnaire de portefeuille et fondateur de la société de gestion Fairholme Funds, dont le principal fond a enregistré un gain de 13% au cours de la décennie écoulée, tandis que le S&P 500 affiche une performance négative. Le portrait publié par le Wall Street Journal cite une étude de la Harvard Business School, intitulée « Best Ideas », qui démontre tout l’intérêt de la gestion active et remet en question certains pans de la théorie financière moderne, notamment sur la diversification des portefeuilles ou l’incapacité d’un gérant à battre le marché.

Voici le résumé de l’étude:

« We find that the stock that active managers display the most conviction towards ex-ante, outperforms the market, as well as the other stocks in those managers’ portfolios, by approximately 1.6 to 2.1 percent per quarter depending on the benchmark employed. The results for managers’ other high-conviction investments (e.g. top five stocks) are also strong. The other stocks managers hold do not exhibit significant outperformance. This leads us to two conclusions. First, the U.S. stock market does not appear to be efficiently priced by our risk models, since even the typical active mutual fund manager is able to identify stocks that outperform by economically and statistically large amounts. Second, consistent with the view of Berk and Green (2004), the organization of the money management industry appears to make it optimal for managers to introduce stocks into their portfolio that are not outperformers. We argue that investors would benefit if managers held more concentrated portfolios. »

L’étude Best Ideas est disponible sur le réseau SSRN à l’adresse suivante: http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1364827

Le mot d’ordre de Fairholme est « ne pas écouter la foule » (« Ignore the Crowd »). Sa philosophie d’investissement est décrite de la manière suivante: « Nous nous concentrons sur la recherche de titres offrant la rentabilité maximum avec un risque minimal de perte durable. Nous nous tenons à l’écart des entreprises, industries et tendances éphémères qui utilisent des méthodes comptables agressives ou des dirigeants qui sont payés une fortune pour venir au travail tous les jours. A tout moment, notre fonds se focalise sur un portefeuille focalisé sur 15 à 25 titres, dont la valeur intrinsèque a été ignorée, mal comprise et sous-évaluée par le marché. »

Dans son rapport du premier semestre 2010, Berkowitz indique qu’environ la moitié de ses actifs est investie dans des « secteurs détestés » comme les services financiers ou l’immobilier. Ses principales lignes sont General Growth Properties (13,1% du fond), AIG (10,5%), MBIA, Sears Holdings (7,7%), Goldman Sachs (5,4%), Citigroup (5,4%), Berkshire Hathaway (4,7%) ou Bank of America (4,4%). Les 10 premières lignes du fonds représentant 63,1% de l’actif géré.

Comme Graham, Buffett, Klarman et quelques autres, la règle numéro 1 de Berkowitz est de ne pas perdre d’argent et d’être « avide quand tout le monde a peur de l’avenir ».

Régulation financière: Goldman Sachs montre la voie

La banque d’affaires américaine Goldman Sachs n’a pas tardé à réagir à l’instauration d’un nouveau cadre réglementaire limitant certaines de ses activités les plus rentables: alors que ses activités pour compte propre sont menacées, la banque a tout simplement décidé de faire migrer les traders de ces activités vers celles de gestion d’actifs, selon Fox Business. Un mouvement apparemment suivi de près par de nombreuses autres banques d’affaires de Wall Street.

Si le mouvement est confirmé – Goldman n’a pas souhaité commenter l’information – il démontre une fois de plus que le législateur risque d’avoir un train de retard sur Wall Street, alors que la nouvelle régulation financière voulue par Obama va mettre des années à être mise en oeuvre, de l’avoeu même de dirigeants de banques. Ceux de Goldman Sachs ont été plutôt explicites, comme David Viniar, le directeur financier de la banque, qui s’exprimait en ces termes au cours de la conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre 2010 : « La législation a été votée et devrait être promulgué rapidement. Les règles d’application seront transcrites par les régulateurs, mais rien ne sera écrit avant probablement 15 mois, et la période de transition pour les activités devrait être longue, dans certains cas elle pourrait prendre jusqu’à 5 ans (…). Nous avons un certain nombre de personnes qui regardent tout cela. Nous évaluons tous les changements potentiels qui pourraient survenir et au fil des informations obtenues, nous prendrons les mesures appropriées, avec l’espoir d’aller encore plus vite que quiconque. »

L’information de Fox Business, qui doit encore être confirmée, montre en tout que Goldman Sachs cherche toujours à avoir un train d’avance sur le régulateur et sur le reste de l’industrie financière, histoire vraisemblablement de ne pas trop affecter sa « bottom line ».

L’amende de Goldman Sachs ? De l’argent de poche

Pas de commentaire particulier sur l’amende de 550 millions de dollars annoncées hier par la SEC à l’encontre de Goldman Sachs (dépêche Bloomberg), si ce n’est que c’est une belle opération de communication pour le gendarme de la Bourse américaine et une aubaine pour Goldman, qui doit bientôt publier ses résultats trimestriels. La banque réfute toujours avoir agi contre l’intérêt de ses clients mais reconnaît « une information incomplète ». Cela s’appelle jouer sur les mots. Rappelons juste que d’autres poursuites et plaintes sont en cours de traitement. Malheureusement, difficile de croire qu’avec ce type d’accord les comportements de Wall Street vont vraiment changer.

A voir, un commentaire de Christopher Wallen, du cabinet Institutional Risk Analytics.

Whalen Calls Goldman Fine `Lunch Money\’, Sees New CEO

Le Private Equity reprend vie

NBTY, un fabricant américain de compléments nutritionnels, coté à Wall Street, a annoncé hier un projet de rachat et de retrait de la cote par le fonds d’investissement Carlyle Group d’un montant de 3,9 milliards de dollars (55 dollars par action). C’est l’une des plus grosses transactions depuis l’éclatement de la crise financière, qui avait soudainement gelé l’accès des fonds de private equity au crédit bancaire.

Cette opération montre aussi un regain d’activité significatif depuis l’an dernier, nous dit aujourd’hui Thomson Reuters. Ce fournisseur de données financières dénombre à ce jour 485 transactions de fonds de private equity sur des cibles américaines pour un montant de 46,8 milliards de dollars, soit trois fois plus que l’an dernier au cours de la même période.

Carlyle est en tête des fonds les plus actifs avec 6,9 milliards de dollars de transactions, devant Texas Pacific Group (6 milliards de dollars). Le secteur de la santé-pharmacie est très prisé des fonds de private equity avec 7,8 milliards de transactions, soit 17% du total des opérations réalisées à ce jour, selon Thomson Reuters.

On apprend par ailleurs que TPG et l’activité Private Equity de Goldman Sachs ont racheté pour 1,2 milliards d’euros le producteur de couches Ontex, détenu jusqu’ici par leur concurrent Candover. C’est la plus grosse transaction de l’industrie en Europe, devant l’acquisition de Pets at Home par KKR.

Ontex a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros (stable) et a dégagé un excédent brut d’exploitation (EBITDA) de 150,3 millions d’euros (contre 94,8 millions en 2008). Les détails de la transaction ne sont pas connus, mais sur la base du prix annoncé, Ontex est valorisé 8 fois l’excédent brut d’exploitation. En Bourse, les sociétés du secteur de l’alimentation et des produits d’hygiène se traitent actuellement 9,2 fois l’EBITDA 2009 et 1,58 fois le chiffre d’affaires (source : Exane BNP Paribas).

Too Big To Fail: une illustration

Un document intéressant posté sur le blog Zerohedge sur la mécanique de création et de fonctionnement des CDO/CDS. Le post comporte 2 diagrammes fort intéressants, le premier sur les risques de l’effet de levier (« Leverage »); le second sur l’imbrication des établissements financiers et la distribution des risques (« Counterparties »). L’illustration concerne Goldman Sachs. Mais on imagine très que le même type d’illustration aurait pu être utile aux régulateurs américains, en septembre 2008, avant de laisser Lehman Brothers faire faillite… Lorsque Buffett qualifiait les dérivés de crédit d’armes de destruction massive, il était dans le vrai.

La Coupe du Monde de foot vue… par Goldman Sachs

Chez Goldman Sachs, tous les sujets sont bons pour faire quelques profits… Voilà une étude qui présente les principaux enjeux de La Coupe du monde de foot, sans toutefois inclure de recommandation d’investissement. L’étude montre cependant qu’il existe peu ou pas de relation entre la richesse économique ou la performance boursière d’un pays et ses résultats au championnat.

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Goldman Sachs poursuivie par la SEC

Goldman Sachs est accusée de fraude par la SEC, le gendarme de la Bourse américaine. La banque d’affaires est accusée d’avoir créé et vendu des titres adossés à de l’immobilier à risque (subprime), tout en dissimulant des informations capitales aux investisseurs qui achetaient ces titres.

Selon le New York Times, qui a révélé l’affaire en décembre 2009, il s’agit des premières poursuites liées à la vente d’instruments financiers (CDO) – dont un dénommé Abacus 2007-AC1 (décrit ici par Zerohedge). Selon la presse, Goldman Sachs et certains investisseurs ont gagné beaucoup d’argent en pariant sur la perte de valeur de certains composants des titres financiers que Goldman vendait à d’autres investisseurs. Ces derniers auraient perdu des milliards de dollars.

« Selon la plainte de la SEC, Goldman a créé Abacus 2007-AC1 en février 2007, à la demande de John Paulson. (…) Goldman a laissé Mr Paulson sélectionner les obligations hypothécaires contre lesquelles il voulait parier et les a réassemblées dans Abacus 2007-AC1. Goldman a ensuite vendu Abacus à des investisseurs, comme des banques étrangères, des fonds de pension, des compagnies d’assurance et d’autres hedge funds », décrit le quotidien.

Selon des documents vus par le journal, Goldman Sachs disait aux investisseurs à qui la banque vendait Abacus que les titres seraient choisis par un gérant indépendant, la société ACA Management.

John Paulson est par la suite devenu très célèbre (et très riche) pour avoir parier à raison contre la chute des prix de l’immobilier. Le gérant avait eu l’occasion d’expliquer sa stratégie lors d’une audition devant le Congrès américain, en novembre 2008, après la faillite de Lehman Brothers. Son pari a fait l’objet d’un livre, The Greatest Trade Ever. (Ceux qui s’intéressent aux derniers paris de Paulson et d’autres gérants de hedge funds peuvent suivre l’excellent blog Market Folly).

L’affaire risque de faire grand bruit, non seulement pour la renommée de Goldman Sachs, mais parce qu’il est bien possible que d’autres investisseurs ont été le victime d’autres conflits d’intérêt tel que celui évoqué par la plainte de la SEC. Ce vendredi, l’un des responsables du service d’enquête de la SEC a indiqué que d’autres transactions similaires font l’objet d’investigations.

Déjà à Wall Street, l’action Goldman Sachs chute de près de 13% à 161 dollars. L’onde de choc a rapidement atteint Paris, où la Bourse a amplifié ses pertes.

La banque a d’ores et déjà réagi en indiquant qu’elle avait elle-même perdu de l’argent. Mais même ce point fait débat. A noter que Lloyd Blankfein, l’actuel PDG de la banque d’affaires, doit être auditionné le 27 avril au Sénat américain.

Goldman Sachs: rien à se reprocher

La lettre aux actionnaires de Goldman Sachs est l’occasion pour les dirigeants de la première banque d’affaires américaine – Lloyd Blankfein et Gary Cohn – de défendre l’activité de la banque, notamment le rôle joué pour le compte de ses très nombreux clients et d’aligner quelques arguments de défense. Goldman Sachs agit dans le respect de ses clients et depuis très longtemps, affirme cette lettre, citant le rôle de premier plan dans les activités de conseil, intermédiation financière, levées de fonds, etc… Dans le cadre de ces activités, si la banque prend des risques, c’est donc pour le compte de ses clients. En outre, Goldman ne surpaye pas ses employés et a mis en place des garde-fous pour les empêcher de prendre des risques inconsidérés et s’aligner sur des intérêts de long terme.

La lettre évoque de manière plus approfondie sa relation avec l’assureur AIG, sauvé en septembre 2008 de la faillite par le gouvernement américain. La banque détaille le montant des 12,9 milliards de dollars reçus d’AIG, en expliquant qu’il s’agit pour l’essentiel de contreparties sous forme de titres reçus d’AIG (« collatéraux ») en échange de prêts accordés par Goldman Sachs. Grâce à ces contreparties, « si AIG avait fait faillite, nous aurions eu les collatéraux d’AIG et le produit de la vente de CDS que nous avions achetés, ce qui nous aurait évité de subir des pertes significatives », explique la banque.

Pas de mal dans la relation directe entre AIG et Goldman. En revanche, Goldman reconnaît que la faillite aurait eu des conséquences indirectes (impossibles à chiffrer) en cas de disparition d’AIG en raison de son poids « systémique » (effet de contagion à l’ensemble des intervenants sur les marchés financiers.

De même pour le rôle de la banque sur le marché de la titrisation immobilière. Goldman Sachs indique ne pas faire de pari contre ses clients, mais utiliser différentes techniques (dont les ventes à découvert) pour gérer les risques liés aux activités pour le compte de ses clients. La banque a ainsi commencé à réduire son exposition au marché immobilier dès la fin de 2006, avant que la situation ne commence à dégénérer. « La firme n’a pas dégagé de profits importants en pariant contre les titres adossés à de l’immobilier, comme certains l’ont sous-entendu », écrit la banque.

Goldman Sachs n’a donc rien à se reprocher. Evidemment, cette lettre va certainement générer son flot de réactions et de controverses. A l’inverse de JPMorgan, Goldman fait peu voire pas de commentaire sur ses souhaits en matière de régulation financière, comme si la situation actuelle semblait lui convenir.

Pour une autre lecture de ces événements, on peut revoir l’émission « 60 Minutes » sur CBS.

Le Wall Street Journal a édité sa propre version de la lettre qu’auraient pu écrire les dirigeants de Goldman Sachs… A lire.

La contre-attaque des empires (JPMorgan, Goldman Sachs)

Goldman Sachs, la banque d’affaires américaine accusée d’avoir fait pression en septembre 2008 sur le gouvernement américain pour sauver AIG (qui lui devait des milliards de dollars) et d’avoir fait des paris contre ses clients avant et pendant la crise financière, devrait dévoiler sa défense le 7 avril, lors de la publication de sa lettre aux actionnaires dans son rapport annuel 2009, selon Business Week:

« La défense de Goldman manque de détails importants, en raison, selon la banque, du devoir de confidentialité à l’égard de ses clients. Mais le message d’ensemble est catégorique: Goldman n’a rien fait qui justifie une excuse – et la banque n’a spolié personne. (…) Les dirigeants de Golman ont été intelligents, sans plus. La banque insiste par dessus tout qu’elle a joué avec les mêmes règles que tout le monde. »

Goldman Sachs n’est pas la seule banque à contre-attaquer. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, l’un des acteurs sortis renforcés de la crise, est également engagé dans une campagne de communication visant à retourner l’opinion américaine, comme le racontent les blogs Zerohedge ou Goldmansachs666.com.

Sa lettre aux actionnaires explique notamment comment le fait d’avoir grossi (JPM est né de la fusion de JPMorgan, Chase et Bank One) a été une protection pour ces derniers.

Dimon fait un long laïus pour justifier le niveau des rémunérations dans sa banque (120.000 dollars par employé en moyenne en 2009, dont 50% en variable). Il explique aussi comme sa firme s’est protégée de la montée des risques en faisant régulièrement des tests de résistance (« stress test ») avant les difficultés  – au passage le dirigeant critique l’utilité de la « VAR », l’un des principaux outils utilisés dans la finance pour mesurer le niveau de risque d’une activité donnée.

La partie intéressante de sa lettre porte sur la suggestion d’un régulateur capable de contrôler le niveau de « risque systémique » dans le système financier. Dimon le définit comme un « super-régulateur du risque » (« super risk regulator »). Il avance également l’idée d’un fond de sauvegarde de l’industrie financière, financé par les banques elles-mêmes, capable de prendre le contrôle d’une banque si celle-ci n’est en mesure de se financer.

Sur ces derniers points, on se rend compte combien l’exercice est difficile. Mesurer le risque systémique dans une finance globalisée, avec des niveaux de transparence différents selon les intervenants (hedge funds, banques, fonds d’investissement, paradis fiscaux…), nécessite une coopération globale des régulateurs et des Etats. Celle-ci n’est pas en place.

Ensuite, combien de banques en difficulté accepteraient-elles de passer sous la coupe d’un super-régulateur des risques ? La faillite de Lehman Brothers (dans laquelle JPMorgan a eu sa part de responsabilité) montre qu’une fois que des erreurs stratégiques graves ont été commises, les dirigeants peuvent, dans certains cas, refuser de corriger le tir et s’entêter dans la mauvaise direction. A partir de quand le super-régulateur aurait-il la capacité d’intervenir ?

Le message de Dimon consiste au final à dire: NOUS, nous avons fait notre boulot, et en prime, nous avons aidé le gouvernement. Il serait stupide de vouloir réguler tout le monde de la même manière (référence indirecte à la théorie du passager clandestin). Donc régulez mieux s’il vous plaît, mais laissez nous continuer de faire notre boulot, et d’être bien payé pour cela.

Il serait étonnant que Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, chante un air bien différent de celui de Jamie Dimon.

SG aime bien GS

Société Générale a publié une étude sur la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, dont elle recommande d’acheter les titres, avec un objectif de cours de 190 dollars (objectif à 12 mois).

L’argumentaire d’investissement vaut le détour (traduction libre):

« Goldman Sachs a été l’un des principaux bénéficiaires de la dislocation du marché causée par la crise financière et en sort avec des positions de marché renforcées dans la plupart de ses métiers. Si une normalisation de l’environnement risque de menacer les positions de la banque dans les produits de taux (fixed income), Goldman est bien positionné pour faire mieux que la concurrence grâce à la fois à sa franchise de premier plan dans la banque d’affaires et l’effet de levier qu’il peut retirer dans les métiers liés aux actions à travers une plus grande prise de risque. »

SG estime que la banque américaine peut dégager une rentabilité des fonds propres proche de 15% jusqu’en 2012.La banque a également publié une étude sur Morgan Stanley (Conserver, objectif de 32 dollars).

La presse, nouveau « facteur de risque » pour Goldman Sachs

C’est écrit noir sur blanc (page 34) dans le rapport 2009 de Goldman Sachs, publié le 26 février dernier. Une mention qui n’apparaissait pas dans le rapport 2008 de la banque… en pleine tourmente financière. Verbatim:

« The financial crisis and the current political and public sentiment regarding financial institutions has resulted in a significant amount of adverse press coverage, as well as adverse statements or charges by regulators or elected officials. Press coverage and other public statements that assert some form of wrongdoing, regardless of the factual basis for the assertions being made, often results in some type of investigation by regulators, legislators and law enforcement officials or in lawsuits. Responding to these investigations and lawsuits, regardless of the ultimate outcome of the proceeding, is time consuming and expensive and can divert the time and effort of our senior management from our business.  . . . . . Adverse publicity, governmental scrutiny and legal and enforcement proceedings can also have a negative impact on our reputation and on the morale and performance of our employees, which could adversely affect our businesses and results of operations. »

Hat tip Curious capitalist et Business Insider.

Parmi les articles les plus virulents qui ont décrié les pratiques de la banque (accusations réfutées par cette dernière), citons l’article du magazine Rolling Stone, ou la couverture de certains bloggeurs, notamment Zero Hedge, qui cherchent à comprendre comment un établissement financier aussi puissant et connecté que GS fonctionne.