Pourquoi l’action EADS bondit-elle ?

Malgré l’annonce de nouveaux placements de titres EADS par ses actionnaires étatiques et privés (Lagardère et Daimler), l’action du groupe d’aéronautique et de défense gagne beaucoup de terrain (4% à la mi-journée) alors que la Bourse recule de plus de 1,5%. Explications. Lire la suite

CAC 40: la fin du rebond est proche – JPMorgan

Source: JPMorgan

Source: JPMorgan

JPMorgan s’interroge sur la déconnexion croissante entre la performance de la Bourse de Paris (représentée par le CAC 40) et l’évolution de l’économie française (PMI), représentée ci-après, et recommande en conséquence d’être long sur les actions européennes (Euro Stoxx 50) et short sur la France. Lire la suite

Lagardère: des cessions ne font (toujours) pas une stratégie

Début 2011, je publiais un papier sur Lagardère, avec (quasiment) le même titre. A voir depuis lors la performance du groupe de médias en Bourse, l’évolution de ses résultats, et l’intérêt unique des investisseurs porté aux cessions d’actifs – dont celle des pars dans EADS annoncée hier soir, le groupe d’Arnaud Lagardère a réalisé bien peu de progrès. Lire la suite

Lagardère: la société s’appauvrit, son dirigeant s’enrichit (toujours)

Lagardère vient de publier son document de référence 2012: ses actionnaires seront « heureux » d’apprendre que leur groupe de médias, par ailleurs actionnaires de référence d’EADS, s’est appauvri l’an dernier. Mais son dirigeant, Arnaud Lagardère, a vu sa rémunération augmenter, pour atteindre un montant comparable à celle de George Plassat, patron de Carrefour. Lire la suite

EADS: le retour de papier limité à 5% – Oddo

EADS a officialisé hier soir que le montant du plan de rachats d’actions serait limité à 3,75 milliards d’euros, avec un cours maximum de 50%. Compte tenu du retour de papier attendu des ventes de titres par ses actionnaires Lagardère et Daimler, l’effet des ventes et rachats d’actions sera limité à 5% du capital, soit environ 18 jours de Bourse, selon les calculs d’Oddo Securities. Lire la suite

EADS: Citi relève à nouveau son objectif de cours

Mois d’un mois après avoir fixé un objectif de cours de 45€, Citi relève son objectif sur EADS à 48,5€, malgré le risque de retour de papier lié au changement de la structure actionnariale du groupe d’aéronautique et de défense. Lire la suite

SBF120: ratios boursiers (P/E, P/B, EV/EBITDA, FCF Yield)

La valorisation des sociétés membres du SBF120, en quelques ratios. Pour aller plus loin, je vous renvoie vers cet outil, que j’ai développé.

Source: Factset, weeko

Source: Factset, weeko

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Quels sont les titres à gros béta ?

Source: Factset, calculs weeko

Source: données Factset, calculs weeko

Un investisseur qui souhaiterait théoriquement surperformer le marché devrait en toute logique privilégier les titres à béta élevé… Le graphique ci-dessus produit le béta de chaque titre composant le SBF 120. Le béta est calculé sur un historique de données hebdomadaires au cours des 2 dernières années (on a pris en réalité 101 données par série, certains titres n’ayant pas encore 2 ans complets de cotation (cas d’Aperam par exemple).

Rendement total du SBF 120: performance par titre

Source: Factset, weeko

Source: Factset, weeko

Les performances affichées intègrent les dividendes réinvestis. Lire la suite

Multitude de risques autour d’une fusion EADS-BAE Systems

Plusieurs observateurs ont souligné tous les intérêts d’une fusion entre EADS et le britannique BAE Systems. Le premier se renforcerait d’un seul coup dans la défense et sur le marché nord américain, où il est peu présent. Le second accèderait à de nouveaux marchés tout en réduisant les coûts de certains programmes (Typhoon). Lire la suite

Lagardère dégradé par Exane

Exane BNP Paribas a dégradé son avis sur Lagardère de « surperformance » à « neutre » avec un objectif de cours de 24 euros. Malgré un potentiel de hausse de 10%, le courtier estime que la faiblesse des ventes au cours du 4è trimestre 2011 n’augure rien de bon pour 2012. Les dépréciations d’actifs (environ 300 millions d’euros sur Canal+, la grande majorité des 600 millions d’euros restant sur le sport) n’est qu’une illustration des problèmes qui minent l’entreprise depuis un certain temps, ajoute Exane. Lire la suite

Publications de chiffre d’affaires/résultats – 7 février 2012

ArcelorMittal: Résultats 2011

AperamRésultats 2011

Lagardère: Chiffre d’affaires 2011

Le Noble Age: Chiffre d’affaires 2011

Medica: Chiffre d’affaires 2011

Tessi: Chiffre d’affaires 2011

Thales: Chiffre d’affaires 2011

Vilmorin: Chiffre d’affaires semestriel 2010-2011

Vinci: Résultats 2011

VM Matériaux: Chiffre d’affaires 2011

Deutsche Bank passe à l’achat sur Lagardère, Havas

Deutsche Bank a relevé son avis sur Lagardère et Havas de « conserver » à « achat » (objectifs respectifs: 23 et 4,2 euros). Dans le premier cas, la banque reconnaît qu’après une chute de 50% du titre, une opportunité intéressante se présente (l’objectif de cours valorise implicitement le pôle Média à 5x l’EBITDA 2011e). Pour Havas, DB estime que les résultats récents (croissance organique de 6,1% YTD, amélioration des marges à moyen terme) devraient se traduire par un rebond du titre qui a sous-performé son secteur de 9% en relatif.

10 milliards pour le CAC

En remplaçant Dexia et Lagardère par Natixis et Publicis respectivement, le conseil scientifique des indices fait prendre 10 milliards de capitalisation boursière à l’indice phare de la Bourse de Paris. Sur le plan sectoriel (qui ne serait pas un des critères de choix des titres du CSI), rien ne change. Sur le plan de la liquidité et de la taille, il y aura peut-être un plus. La seule conséquence, ce sera pour les gérants indiciels qui ont jusqu’au 20 septembre pour procéder aux ajustements nécessaires.

Les méthodes de détermination des composants du CAC 40 sont disponibles sur le site d’Euronext. Bizarrement, depuis 1 an, la page des modifications  de la composition de l’indice n’est plus mise à jour. Vite, Euronext, trouvez un stagiaire!

Wyser-Pratte critiqué à son tour

Guy Wyser-Pratte était un peu à court d’arguments pour obtenir le soutien des actionnaires de Lagardère, estime mardi Société Générale dans une note diffusée aux investisseurs:

« Wyser-Pratte n’a pas élaboré de façons [plus] convaincante ses critiques sur: 1) une « gestion » défaillante. Cette critique est déplacée en ce qui concerne le Livre, infondée pour les Services, alors que la performance d’Active nous paraît malheureusement plus refléter les problèmes structurels de la presse magazine que de « simples » difficultés d’exécution; 2) de « mauvais choix stratégiques »: nous sommes d’accord pour juger la constitution du pôle Sport comme coûteuse, mais son modèle nous paraît plus soutenable à moyen terme que certaines activités historiques, et son développement financé par des cessions opportunistes (…); 3) une gouvernance « byzantine »: la commandite est un système étrange, mais nous doutons que la décote lui soit spécifiquement liée. »

SG a un objectif de cours de 30 euros, mais une valorisation par somme des parties de 36 euros. L’analyste conseille de « conserver » les actions Lagardère.

L’action a terminé la journée sur une chute de 6,1% à 29,72 euros, signant l’une des plus fortes baisses du CAC 40, dans un marché qui a plongé de 3,8%.

Lagardère: les actionnaires se tirent une balle dans le pied

Pas de surprise ni de coup de théâtre. Les actionnaires de Lagardère ont rejeté les deux résolutions proposées par l’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte. Ce dernier a indiqué qu’il continuera de défendre son projet.

Le marché ne semble pas apprécier ce rejet de la majorité des actionnaires, qui semblent se tirer une balle dans le pied. L’action perd plus de 3%.

Lagardère: rien n’est encore fait

Lagardère a beau avoir annoncé le début des discussions avec Vivendi sur le sort de ses 20% dans Canal+, rien n’est encore fait, écrit Exane BNP Paribas.

« Cette nouvelle ne devrait pas être interprétée à tort. Lagardère a débuté un long processus de vente (au moins 3-4 mois, plus si introduction en Bourse) qui inclut des discussions avec Vivendi sur le prix et ne vont pas nécessairement se traduire par une vente en 2010. »

Exane souligne notamment que Vivendi pourrait rechercher un prix d’acquisition autour de 1 milliard d’euros, alors que la participation est évaluée à 1,4 milliard dans les comptes de Lagardère. Exane a une valeur de 1,3 milliard d’euros, « en ligne avec le consensus ». Les négociations entre les deux parties risquent donc d’être délicates et difficiles. Lagardère devrait logiquement tout faire pour ne pas vendre ses titres à perte.

Lagardère: la vente de Canal+ bientôt engagée ?

Après deux jours de « roadshow » aux Etats-Unis avec le directeur financier de Lagardère, l’analyste de Credit Suisse est convaincu que la vente des 20% détenus dans Canal+ (valorisés 1,5 milliard d’euros) pourrait être enclenchée avant la date butoir du 15 avril (demain donc).

« Bien que la fenêtre de 1 mois se termine jeudi 15 avril, demain, et que la compagnie n’avait pas (jusqu’à hier) écrit de lettre formelle à Vivendi pour engager la procédure de vente, nous pensons que cela reste un événement très probable puisqu’il n’existe pas de réel inconvénient », écrit l’analyste.

La vente pourrait prendre 3 mois, avec deux issues possibles: une mise en Bourse, ou la révision du processus d’ici 1 an. Credit Suisse valorise les 20% dans Canal+ à 1,4 milliard d’euros. « Nous pensons que les investisseurs verraient d’un bon oeil une réduction du caractère congloméral de Lagardère ».

Autre élément intéressant relevé par Credit Suisse. La prévision actuelle du consensus sur le résultat opérationnel courant du pôle média (427 millions d’euros en 2010) semble « de plus en plus prudente », grâce notamment à une « légère croissance » de l’activité de Lagardère Active au premier trimestre, et l’annonce inattendue d’un nouvel opus par l’écrivain Stephenie Meyer (l’auteur du succès « Twilight ») en juin.

Ces deux éléments devraient avoir un impact favorable sur l’EBIT du pôle média, estimé à 4% par la banque.

Ajouter à cela le sentiment plus positif des investisseurs à l’égard du pôle Edition (Lagardère Publishing), qui est l’un des deus actifs clefs du groupe, avec le pôle distribution.

Sur la base de ses prévisions 2010 (BPA de 2,75 euros), Credit Suisse estime que l’action se traite actuellement sur la base d’une P/E de 11,6X, soit avec une décote de 33% sur le secteur. Credit Suisse a un avis « surperformance » et un objectif de cours de 37,1 euros.

La surprise de Lagardère

Le titre du groupe de médias Lagardère ne manque pas d’arguments pour rebondir. Dans une étude publiée vendredi, l’analyste de Crédit Agricole Cheuvreux en voit au moins deux, qui l’amènent à reprendre le suivi à « surperformance », avec un objectif de cours de 34,5 euros.

Le premier porte sur la simplification du portefeuille de participations financières et de la structure du groupe. Nous en avons déjà parlé.

Selon le courtier, une vente accélérée des participations minoritaires – Canal+, EADS, intérêts dans différentes publications (Marie-Claire, Le Monde, Le Monde Interactif) – représente un potentiel de hausse de 4,6 euros par titre (soit près de 15%). Ces ventes et la simplification des structures aurait également un effet bénéfique, évalué à 1,2 euro par titre pour cette dernière.

Un autre « catalyste » est moins attendu par le marché, estime Cheuvreux, il s’agit du rebond des résultats du pôle sports en 2011, dernier en date au sein du groupe et ayant affiché les performances les plus décevantes en 2009. « Nous pensons que le consensus sous-estime l’impact de la coupe AFC d’Asie et des qualifications pour l’Euro 2012 ». Le consensus prévoit un EBIT de 65 millions d’euros contre 83 millions prévus par Cheuvreux.

Au total, Lagardère dispose de nombreux éléments pour surprendre. Dans le scénario le plus optimiste, la valorisation par somme des parties conduite par Cheuvreux pourrait mener le titre vers 39,3 euros (disparition des décotes sur la structure et les participations minoritaires).

Quelles que soient les décisions du groupe, ce dernier a appelé vendredi ses actionnaires à voter contre les résolutions déposées par Guy Wyser-Pratte. Ces dernières viennent d’être intégrées à l’avis de convocation de l’assemblée générale, publié au Bulletin des annonces légales obligatoires.

Lagardère : un groupe sans stratégie, pas sans valeur

Lagardère est un groupe de médias en manque de pilote et de stratégie claire. En revanche, il détient des actifs et des positions concurrentielles qui lui confèrent une certaine valeur, a priori plus grande que celle que lui attribue actuellement la Bourse.

C’est bien cette différence entre la valeur intrinsèque de Lagardère et celle donnée par le marché qui a suscité l’intérêt de l’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte. Mais combien valent exactement les activités du groupe ?

Sous l’impulsion de son PDG, le groupe a opéré depuis une décennie un recentrage sur les médias. Mais il est présent dans des métiers différents (édition de livres, presse, distribution, audiovisuel, droits sportifs), qui présentent peu de synergies entre eux. Le groupe détient en outre des participations financières dans des activités connexes (Canal+) et dans le secteur de l’aéronautique-défense (EADS).  Pour évaluer ces différentes composantes, nous avons entrepris d’estimer l’actif net réévalué de la société.

1) Pour déterminer la valeur du pôle média (Lagardère Média), nous avons retenu une approche par actualisation des flux de trésorerie disponible ou « DCF » (on aurait aussi pu l’appréhender par le biais de comparables boursiers, mais l’idée est ici de trouver une valeur intrinsèque, d’où l’emploi d’un DCF). Notre modèle emploie un coût du capital de 7,7% et un taux de croissance à l’infini de 1,5%. Après un exercice 2009 guère brillant, nous avons pris des hypothèses plutôt prudentes pour les prochaines années en matière de croissance des ventes et d’évolution des marges. Notre modèle fait ressortir la valeur de Lagardère Média à 5,69 milliards d’euros (tableau).

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2) A ce premier bloc, il faut ajouter la valeur des participations financières en commençant par Canal+. Le groupe en possède 20% du capital. Au moment de son accord avec Vivendi (actionnaire de référence de la télévision à péage), cette société était valorisé 7,5 milliards d’euros. La participation de Lagardère vaut 1,5 milliard d’euros.

3) S’y ajoutent les 7,5% restants dans le groupe d’aéronautique et de défense EADS. Pour l’évaluer, nous avons retenu sa valeur en Bourse, soit 12,04 milliards d’euros, ce qui donne un montant de 903 millions d’euros pour la part revenant à Lagardère. Une approche par DCF pour EADS aurait donné une valeur de 14,2 milliards d’euros.

4) Il faut également tenir compte d’autres participations financières, plus marginales – 25% dans le groupe Amaury (propriétaire du Parisien), 42% de Marie-Claire, et d’autres participations. Ces différentes activités sont estimées dans les comptes du groupe à 267 millions d’euros.

Au total, les actifs de Lagardère valent 8,36 milliards d’euros. Déduction faite de la dette nette de la holding (2,18 milliards d’euros), des intérêts minoritaires et après prise en compte des titres d’autocontrôle, la valeur de l’actif net est de 6,2 milliards d’euros, soit 47,25 euros par action. Par principe, on prend en compte une décote de holding, ici de 10%, ce qui donne une valeur intrinsèque de 42,53 euros par titre. Soit une décote de 34% sur le dernier cours de Bourse.

En acquérant 0,53% du capital (comme il l’a affirmé), Guy Wyser-Pratte a déjà provoqué une revalorisation du titre en Bourse, de quoi commencer à rentabiliser son investissement. Mais notre estimation montre, comme l’investisseur l’a affirmé, que le titre Lagardère vaut plus.

Le changement de statut suffira-t-il à lui seul à révéler toute la valeur du groupe ? Cela est moins sûr. Il s’agit plus d’un premier verrou. Il faut surtout que le groupe présente une stratégie plus convaincante, faite de recentrage sur les métiers réellement créateurs de valeur (le sport en fait-il vraiment partie ?), qui dépasse une logique purement financière ou une nouvelle couche de réduction des coûts. Bref, une politique qui anticipe les mutations de l’univers des médias, et qui se concentre sur les métiers d’avenir.

Lagardère, forteresse bien protégée

Un papier intéressant de Reuters sur la prise d’assaut de Lagardère par Guy Wyser-Pratte. Interrogeant des investisseurs activistes, un avocat d’affaires, des représentants de minoritaires (ADAM), les journalistes de l’agence soulignent combien l’entreprise de l’investisseur franco-américain est risquée et délicate, mais aussi que les choses ne seront plus comme avant pour le groupe de médias. Le papier met également en exergue la différence culturelle fondamentale entre l’activisme à l’anglo-saxonne et les manières (soit disant) plus policées du capitalisme à la française.

L’Assemblée générale de Lagardère aura lieu le 27 avril prochain. Selon l’agence Bloomberg, Wyser-Pratte aurait obtenu gain de cause devant la justice pour faire voter ses deux résolutions (une pour être nommée au conseil de surveillance; l’autre pour modifier les statuts du groupe) lors de cette AG.

Ce matin, UBS a publié une note sur Lagardère. La banque note que le titre est peu cher (7X EBITDA 2010, PE de 10X hors Canal+ et EADS), mais conserve une opinion neutre et un objectif de cours de 31 euros, estimant que l’évolution des résultats manque de souffle.

Pour ceux que le dossier intéresse, j’ai publié récemment un papier sur la stratégie du groupe, qui comprend également les commentaires les plus récents disponibles de courtiers sur la valeur.

Lagardère: à la recherche de la stratégie perdue

Le marché reste sceptique sur la capacité de rebond du groupe de médias Lagardère, en panne de projet stratégique de long terme. Selon plusieurs articles de presse (Mediapart, Libération), l’arrivée de l’investisseur activiste Guy Wiser-Pratte ne ferait que révéler l’absence de leadership dans un groupe protégé de toutes pressions externes par son statut de société en commandite par actions (SCA).

Pour un groupe de médias, c’est un paradoxe : Lagardère n’a pas d’histoire à raconter aux investisseurs. Son cours de Bourse est moribond. Les résultats plongent et le rendement du dividende ne semble même plus constituer un vecteur d’intérêt. Avec des résultats attendus à nouveau en net recul cette année, le groupe dirigé par Arnaud Lagardère doit se réinventer.

Or rares sont les analystes financiers qui ont une opinion franchement positive sur la société. Ceux qui recommandent d’acheter le titre le font du bout des lèvres. La plupart des analystes soulignent qu’en dehors de cessions des participations détenues par le groupe (dans Canal+ et EADS), Lagardère manque de réels attraits fondamentaux.

L’activité média – cœur des résultats du groupe depuis le recentrage décidé par Arnaud Lagardère – a du mal à redresser sa situation financière. En 2009 déjà, le pôle Edition (« Publishing ») a bénéficié de gros succès de librairie comme « Twilight », qui ne devraient pas se répéter en 2010.

Les autres métiers souffrent de la crise du marché publicitaire. Ainsi Lagardère Active – qui regroupe la presse et l’audiovisuel – a vu son résultat opérationnel plonger de 93% en 2009. La division pourrait engager de nouvelles restructurations, selon les propos tenus par des dirigeants devant les investisseurs lors de récents roadshows.

« La plupart des activités de Lagardère sont matures, et une part du capital employé est utilisé dans des participations financières, dans lesquelles Lagardère est actionnaire mais n’a pas de rôle d’opérateur. Nous pensons que la société devra réévaluer l’emploi de ses capitaux, et revoir son plan de développement sur le long terme », écrivait la semaine dernière HSBC dans une étude sur le groupe.

L’incursion dans le monde du sport s’avère pour l’heure un investissement peu rentable et certains analystes estiment que le groupe ferait mieux de réfléchir à un emploi plus efficace de ses capitaux plutôt que d’envisager une nouvelle acquisition dans ce métier difficile et cyclique.

« Nous ne pensons pas que cela soit la meilleure allocation possible » du capital, estimait la banque Citi dans une note du 19 mars.

Lors de rencontres avec des investisseurs, des dirigeants du groupe ont indiqué être satisfaits du niveau actuellement d’endettement (1,8 milliard d’euros, soit 50% des fonds propres environ). Or, la cession des participations dans Canal+ France (valorisée 1,2 milliard d’euros) et les 7,5% d’EADS (920 millions sur la base du cours actuel) permettraient en théorie de ramener la dette à zéro.

Se présenteraient alors deux possibilités pour retrouver une structure financière optimale : le versement d’un dividende exceptionnel, évoqué par le groupe mais pas envisagé à court terme, ou la réalisation d’opérations de croissance externe. Là encore, les investisseurs s’inquiètent des cibles envisagées, en espérant qu’elles auront un réel effet d’accélérateur sur la croissance du groupe et sur l’amélioration de sa rentabilité.

Ce que les analystes ont récemment écrit

Exane BNP Paribas (30 mars 2010) : sous-performance, objectif de cours : 25 euros

« Le problème n’est pas la gestion des actifs, mais bien plus la détérioration des fondamentaux, au moment où la vente d’actifs non stratégiques à un bon prix semble difficile. »

Morgan Stanley (24 mars) : sous-pondérer, objectif : 26,5 euros

La banque évoque des résultats « décevants ». « Contrairement à d’autres groupes de médias, nous abaissons nos prévisions après de faibles résultats annuels. (…) Si l’action est bon marché (6 fois l’excédent brut d’exploitation, 7 fois le bénéfice par action ajusté pour 2010), nous voyons peu de potentiel de surprise positive pour les résultats. En l’absence d’une vente réussie de Canal+ ou d’une reprise plus rapide que prévue, nous pensons qu’il y a peu de catalystes et restons sous-pondérer. »

HSBC (23 mars): neutre, objectif : 30 euros (contre 34 euros)

Prévisions 2010 décevantes : le groupe anticipe une baisse de 10% de son résultat opérationnel courant, contre 5% attendu par les investisseurs.

« Sur la base de nos estimations, l’action se traite sur un multiple de 14,8 fois le bénéfice par action estimé pour 2010, en ligne avec ses niveaux historiques. »

Evoquant les cessions d’actifs, HSBC ne pense pas que « ces événements feront à eux seuls le fondement d’une stratégie de long terme et changeront de manière significative la situation du groupe. »

Oddo (22 mars), Accumuler, objectif : 30 euros

« Il nous paraît prématuré de revenir à l’achat, d’autant plus que le flux de nouvelles devrait rester sous pression en 2010 au vu d’un calendrier peu favorable dans le sport, d’un marché de la publicité magazines toujours morose et d’un effet de base défavorable dans l’édition. »

Les seuls soutiens à la recommandation « accumuler » du courtier: la cession des titres Canal+ et EADS, le redressement du trafic aérien (favorable à la division Services) et la perspective de redressement des marges dans le sport à partir de 2011.

Citi (19 mars 2010) : conserver, objectif : 29,7 euros

La banque souligne une incertitude sur l’impact du livre électronique sur les résultats du groupe [Lagardère estime pour sa part qu’il s’agit d’une activité plus rentable que le papier] ; Citi juge difficile de voir le réel pouvoir bénéficiaire dans l’édition après l’effet « Twilight ».

Sur Lagardère Active, Citi souligne que les risques structurels (notamment pour les magazines) persistent malgré la restructuration et l’effet positif attendu d’une éventuelle reprise du marché publicitaire.

Nomura (11 mars) : alléger, objectif : 28 euros

« Nous réitérons notre opinion alléger et estimons que la société est composé en grande partie d’activités de faible croissance avec des problèmes structurels dans certaines divisions. »

Société Générale (11 mars) : conserver, objectif : 27 euros

« Le titre nous paraît correctement valorisé, mais avec des ressorts boursiers mal orientés : 1) le potentiel de rebond bénéficiaire est entravé par des problèmes spécifiques à ses activités défensives(comparables très élevés pour le Livre, détérioration du Sport) ; 2) une nette réduction de la décote nécessiterait un scénario ‘idéal’ de cession intégrale et rapide des participations EADS et surtout Canal+, incertaine dans des conditions favorables compte tenu des priorités apparentes de Vivendi . »

Kepler (28 janvier 2010) : achat, objectif : 35 euros

« La plupart des mauvaises nouvelles (notamment dans le sport) semblent intégrées dans le cours. Le couple risque-rendement du titre redevient attrayant, en particulier avec la probabilité d’une vente de la participation dans Canal Plus à Vivendi en 2010. »

L’activiste Guy Wyser-Pratte s’intéresse au cas Lagardère

L’investisseur activiste Guy Wyser-Pratte s’attaque aux statuts de Lagardère et demande que le groupe se transforme en société anonyme, selon le quotidien Les Echos. Il souhaite également faire modifier les statuts du groupe pour une meilleure représentation des minoritaires, dont il fait partie.

Comme le rappelle le quotidien, ce statut de SCA permet à Arnaud Lagardère de contrôler le groupe avec seulement 9,6% du capital. Selon le journal, Wyser-Pratte, qui détient 0,53% du capital de Lagardère à travers sa société, estime entre 40 et 50 euros la valeur intrinsèque du groupe de médias.

L’assemblée générale ordinaire de Lagardère est prévue pour le 27 avril à 10 heures. L’avis de convocation a été déposée au Bulletin des annonces légales obligatoires.

Deux résolutions ont été déposées par Wyser-Pratte :

La première résolution déposée par Guy Wyser-Pratte vise à le nommer au conseil de surveillance, ce qui nécessite l’obtention d’une majorité simple. La seconde, plus technique, vise à modifier certains articles des statuts du groupe, pour éviter que soit nécessaire l’accord préalable des commandités, en l’occurrence Arnaud Lagardère, pour certaines résolutions soumises à l’assemblée générale (Les Echos).

Le quotidien estime toutefois que cette tentative a de bonnes chances d’échouer, car l’acceptation des résolutions dépend du bon vouloir d’Arnaud Lagardère et des commandités… Reste à savoir quelle sera la réponse du groupe, qui préfère se taire pour l’instant.

Arnaud Lagardère récompensé malgré la chute des résultats de Lagardère SCA

Le groupe Lagardère a beau avoir enregistré un plongeon de ses résultats, cela n’affecte pas Arnaud Lagardère, son PDG. En 2009, le résultat opérationnel courant du groupe a chuté de 29%, à 461 millions d’euros. Pour la même année, la rémunération due à Arnaud Lagardère a bondi de 45% à 2,2 millions d’euros, grâce à un quasi-doublement de la part variable (page 291 du document de référence 2009).

Arnaud Lagardère n’a pas de souci à se faire pour ses vieux jours… Les actionnaires, qui ont vu le cours de Bourse du groupe reculer de 2% en 2009, quand le marché opérait un rebond spectaculaire, ne peuvent même pas se consoler avec le dividende – ce dernier est resté inchangé à 1,3 euro par action.

Lagardère Média a vu son effectif moyen diminuer de 1% à 29.028 personnes (contre 29.393 en 2008). Sur les effectifs en CDI, la glissade est encore plus forte: 26.893 collaborateurs fin 2009 contre 28.813 fin 2008 (décrit page 89 du document de référence). Les principales réductions d’effectifs ont touché Lagardère Active et Lagardère Services.

Le salaire annuel moyen, toutes catégories confondues, était de 36.066 euros l’an dernier, contre 35.568 euros en 2008 (+1,4%).

Le document de référence stipule: « en matière de rémunération, Lagardère s’attache à proposer des pratiques de rémunération justes, équitables et cohérentes. » Cette cohérence se limite visiblement aux seuls salariés du groupe, et ne concerne pas son principal dirigeant.

CAC40: le cash avant tout

Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises du CAC 40 ont été lourdement affectées par la crise internationale déclenchée outre Atlantique. Mais si elles affichent des bénéfices nets en baisse (-27% selon Les Echos, -20% selon mes calculs qui excluent les 2 entreprises à exercice décalé que sont Alstom et Pernod Ricard), leur priorité de 2009 a été la préservation du cash et du bilan. Lire la suite