Revue des marchés

Weekly Performance (21 Oct 2011)

  • S&P 500 +1.1% 1,238.25
  • Stoxx 600  +0.2% 238.93
  • MSCI Asia Pacific -0.7% 115.97 ($)
  • EUR-USD +0.1% 1.390 $
  • 2Y US 0.267%
  • 10Y US 2.219% -3ppt
  • 30Y US 3.264% +3ppt
  • 10Y Bund 2.106% -9ppt
  • Gold -2.4% 1,642$/once
  • RJ/CRB Commodity -1.9% 311.08

L’indécision des dirigeants politiques européens et le ralentissement de la croissance en Chine ont provoqué des évolutions divergentes des grandes places boursières dans le monde. Le Stoxx 600 n’a progressé que de 0.2%, tandis que l’indice MSCI Asia Pacific a cédé 0.7%. La Bourse de Hong Kong a reculé de 2.6% sur la semaine, la Chine ayant affiché son rythme de croissance économique le plus faible depuis 2009 (+9.1%). En Europe, les titres de nombreuses valeurs cycliques ont été chahutées en pleine démarrage de la saison des publications de résultats. Safran a plongé de 13% après la publication de ses ventes du 3è trimestre. Aixtron, Alcatel-Lucent ont perdu respectivement 16% et 11% après des dégradations de brokers. A l’opposé SGL Carbon a bondi de 19% sur les rumeurs de montée au capital de BMW et Volkswagen. Lundin Petroleum a pris 14% après le relèvement par Statoil de l’estimation des réserves d’un champ découvert en mer du Nord. G4S a chuté de 14% en indiquant son intention de racheter ISS pour 5.2 milliards de livres sterling.

Dans cet environnement plutôt incertain, la  Bourse américaine s’est distinguée, malgré une plus grande prudence de la Fed (Beige Book) et des consommateurs sur l’évolution future de l’économie. L’indice S&P 500 a gagné 1.1%, boosté par la spéculation d’une résolution de la crise européenne, même si de nombreux observateurs et plusieurs dirigeants européens (allemands notamment) ont tenté de tempérer tout excès d’enthousiasme. Les banques américaines Bank of America et Goldman Sachs ont progressé de plus de 4% malgré l’annonce de résultats peu encourageants. Morgan Stanley a battu le consensus et a vu son titre bondir de 12%. Dans le secteur de l’énergie, El Paso Corp a bondi de 28% après l’annonce de son rachat par son compatriote Kinder Morgan. McDonald’s a fait mieux que prévu avec une hausse de 8.6% de ses résultats trimestriels, boostant son cours de Bourse de 2.7%.

Régime chinois

En présentant les grands principes de la stratégie de Yum! Brands, David Novak, son PDG, écrivait dans son rapport annuel 2008 : « On me demande souvent quelle taille nous pensons atteindre en Chine. Notre meilleure prévision sur le long terme est 20.000 restaurants [contre 3.300 actuellement]. De notre point de vue, KFC peut être aussi gros que l’est McDonald’s aux Etats-Unis, avec un objectif d’au moins 15.000 unités ; Pizza Hut Casual Dining peut devenir aussi important que Applebee’s aux Etats-Unis avec au moins 2.000 unités ; Pizza Hut Home Service peut égaler la performance de Dominos aux Etats-Unis, avec au moins 5.000 unités ; et East Dawning s’attaque à l’équivalent du hamburger sur le marché local, donc qui sait quelle est la limite ? »

Le modèle de croissance de Yum! Brands en Chine est clair : 20% de croissance du résultat opérationnel et 20% de progression des ventes. Ce modèle a fonctionné puisqu’il a porté à 40% la part de la Chine dans les profits de l’entreprise et permis à la société de tenir sa promesse d’une progression annuelle de 10% du bénéfice par action (la Chine n’explique pas tout, mais elle joue un rôle non négligeable). Cette année, Yum ! Brands a relevé sa prévision de bénéfice par action de 2,39 à 2,43 dollars (soit +12% sur un an), valorisant son titre à 16,7 fois le résultat attendu (la « guidance » complète est disponible ici). La croissance du profit opérationnel en Chine sera de 15% en devise locale.

Au cours du deuxième trimestre, les ventes aux Etats-Unis ont stagné en données comparables, selon les comptes publiés par le groupe. Le titre en pâtit ce mercredi, cédant 2%, sur fond d’inquiétudes des investisseurs quant à l’évolution de la consommation américaine. Mais l’histoire de Yum! Brands se construit de plus en plus à l’international, en Chine, mais dans des pays de croissance comme la France, la Russie ou l’Inde.

A un peu plus de 20 milliards de dollars de capitalisation boursière, Yum! Brands vaut environ 2 fois son chiffre d’affaires. Les ratios boursiers attribués par le marché sont donc plutôt généreux, mais sont justifiés par la progression régulière de la rentabilité du capital investi par le groupe. Le cours de Bourse a également suivi, passant de 7 à 40 dollars en 10 ans, surperformant au passage McDonald’s, leader mondial de la restauration rapide.