Solvay: OPA amicale de 31,60 euros/action Rhodia

Solvay a annoncé ce matin un projet de rachat à 31,60 euros par action (hors dividende de 0,5 euro/action) sur le français Rhodia, valorisé 3,4 milliards d’euros. En attendant de creuser cette annonce, voici quelques premiers indicateurs de valorisation de Rhodia sur la base du prix offert. La prime offerte est élevée, mais on peut se demander si elle valorise pleinement le potentiel de Rhodia. Nous reviendrons sur ce point prochainement. Lire la suite

Rhodia boosté par Credit Suisse

Credit Suisse a repris le suivi de Rhodia avec une recommandation « surperformance » et un objectif de cours de 31 euros. Le groupe chimique devrait bénéficier d’une croissance de la production industrielle mondiale et d’une une hausse des ventes soutenues (+5,9% et 16,7% respectivement), et d’une forte profitabilité (marge brute d’exploitation attendue à 17,2% l’an prochain). Lire la suite

Rhodia fragilisé par sa dette

La situation financière de Rhodia semble s’améliorer après la publication de ses comptes du troisième trimestre (chiffre d’affaires +21% en organique; EBITDA récurrent +25%; mais baisse sensible du free cash-flow). Tout n’est toutefois pas au beau fixe pour le groupe chimique, comme le rappelle l’analyste de Société Générale dans une note publiée vendredi. Lire la suite

Profil d’entreprise: Rhodia (RHA)

En bref

Rhodia est né de la fusion des activités chimiques, fibres et polymères de Rhône-Poulence en 1998. Pénalisé par des acquisitions coûteuses et un endettement galopant, le groupe s’est restructuré à partir de 2004. Il a cédé des actifs pour se recentrer 6 domaines d’activité et s’adresser à un nombre plus réduit de marchés clients (automobile, biens de consommation, textile…). Sur ces 6 métiers, 3 (polyamide, polymères de spécialité, silices) ont représenté 73% des ventes en 2009. L’Europe reste le 1er marché du groupe, mais 45% des ventes sont désormais réalisées dans les pays émergents.

Marché et concurrents

Le marché mondial de la chimie est évalué à 1.950 milliards d’euros (2008), dont 29% en Europe, 21% en Amérique du Nord, 39% en Asie (17% Chine, 7% Japon, 12% autres). L’activité chimique (hors pharmacie) évolue à un rythme estimé entre 1 et 1,2 fois le PIB.

En Europe, après deux années de contraction (-3,3% et -11,4% en 2008-2009), l’activité devrait se redresser de 4,5% en 2010, selon le CEFIC. L’activité des spécialités chimiques présenterait un profil plus volatil (-14,4% en 2009, +5,8% en 2010).

Rhodia affirme être numéro 2 mondial des polyamides 6.6 (clients : automobile, textile, construction, électronique), n°1 mondial des tensio-actifs et polymères de spécialité (usages: détergents, cosmétiques, agrochimie…), n°1 mondial des silices haute performance (débouchés: pneumatique, nutrition animale, silicones, dentifrices).

Les concurrents du groupe sont multiples, l’industrie chimique étant relativement peu concentrée. En Europe, on trouve des sociétés comme Akzo Nobel, BASF, Bayer, Clariant, DSM, Evonik, Givaudan, Lanxess, Lonza, et des filiales de groupes pétroliers (Shell…).

Histoire récente

Peu après son introduction en Bourse, Rhodia se lance au début des années 2000 dans plusieurs acquisitions qui vont rapidement se révéler des erreurs. L’endettement s’envole et le groupe évite de peu la faillite en 2003. En contrepartie de la restructuration de sa dette, Rhodia doit céder des actifs, supprimer des emplois et réaliser plusieurs augmentations de capital, fortement dilutive.

Entre 2000 et 2009, le chiffre d’affaires du chimiste est passé de 7,4 à 4 milliards d’euros. Rhodia choisit de se recentrer sur des métiers où il occupe une position de leader, et qui ne représentent qu’une faible part des coûts de ses clients, ce qui lui permet de passer des hausses de prix. Le groupe, qui perdait 1,4 milliard en 2003, redevient bénéficiaire en 2006.

Fin 2009, son endettement est ramené à 1,1 milliard d’euros, contre 3 milliards en 2003. Les prochaines échéances de dette sont attendues pour 2013 (obligation senior 2006) et 2014 (OCEANE).

Stratégie

L’ambition de Rhodia est de consolider ses positions de leader dans ses principaux métiers – Polyamide, Novecare et Silcea qui représentent 72% de ses ventes 2009. Ces activités restent cycliques, malgré des positions de leader. C’est notamment le cas de Polyamide, dont la  marge brute d’exploitation a chuté à 2,1% en 2009 alors qu’elle était de 14,2% en 2007.

En période de crise, près de la moitié des résultats a été générée par les métiers de services (gestion des achats de gaz et d’électricité, production et commercialisation de crédits carbone, régénération d’acide sulfurique pour l’industrie pétrochimique nord-américaine). Ces activités ont

Le groupe compte également sur l’innovation produit (20% des produits ont moins de 5 ans) pour se différencier de la concurrence. Les dépenses de R&D représentent 2,3% des ventes.

Résultats financiers

Cours de Bourse

En 2006-2007, la hausse du cours de Bourse est due à plusieurs facteurs: le redressement des résultats, le désendettement progressif de la société, et la prise en compte par les analystes de l’activité de vente de crédits carbone détenus par Rhodia.

A partir de 2008, les effets de la crise et le caractère cyclique de l’activité ont à l’inverse provoqué une chute du titre, qui se ressaisit avec l’ensemble du marché depuis mars 2009.

Ratios de valorisation

Compte tenu des résultats de la société, seuls les ratios de valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires et sur excédent brut d’exploitation permettent de décrire sur longue période la valorisation de Rhodia (tableau).

Sur la base du consensus IBES et du cours de Bourse du 29 mars 2010, l’action Rhodia capitalise 12,2 fois le bénéfice par action prévu cette année et 8,5 fois celui de 2011. Le titre présente aujourd’hui des ratios plutôt modérés au regard du redressement des résultats attendus par le marché en 2010 et 2011 (tableau).

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