SocGen lance le suivi du secteur du luxe: oh surprise, avec un avis positif!

Thierry Cota, analyste de la Société Générale qui couvrait jusqu’ici le secteur des télécoms, s’est découvert une nouvelle passion: le luxe. Et à grand peine, nous propose-t-il pas moins de 210 pages pour nous en parler avec l’initiation de couverture du secteur et de 8 sociétés (cf tableau). Et surprise: la vue de la banque est positive, fondée sur une prévision de croissance particulièrement optimiste (+9-10%/an au cours des 3 prochaines années, puis 5-6% par la suite). Lire la suite

Pour Goldman Sachs, les histoires de croissance ont toujours la cote

Les stratégistes de la banque d’affaires Goldman Sachs à Londres estiment que la croissance raisonnablement valorisée reste un thème d’investissement porteur, dans un environnement de reprise économique modérée à l’horizon 2014. Pour jouer ce thème, Goldman nous suggère de chercher dans les secteurs de la technologie, la santé, les biens de consommation et l’automobile. Lire la suite

LVMH: commentaires de brokers

LVMH pâtit de l’annonce d’une baisse des marges en 2012. Le titre signe la « plus forte » baisse de la Bourse de Paris (-1,6% – y a pas le feu au lac). Voici quelques commentaires de brokers. Lire la suite

Luxe: Exane s’intéresse aux histoires de revalorisation boursière

Luca Solca, ancien patron de la recherche de Cheuvreux, est retourné à ses premières amours – les valeurs du luxe – chez Exane BNP Paribas. Il publie aujourd’hui une première longue étude sur le secteur, recommandant aux investisseurs de s’intéresser aux histoires de revalorisation boursière, notamment à Richemont et Swatch. Ils pourront aussi regarder des champions de la croissance dans la maroquinerie comme Prada ou Burberry. Lire la suite

Quality Street

Au regard d’un environnement économique plus qu’incertain, la qualité est un point de repère toujours utile pour les investisseurs en actions, selon les stratégistes de Citi. « Europe SA n’est pas le PIB européen », affirment-ils dans une étude datée du 9 août. Lire la suite

Citi voit le DJ Stoxx 600 à 285 pts fin 2012 (+18%)

Enfin un courtier qui voit les marchés actions en hausse l’an prochain: Citi voit le DJ Stoxx à 285 points en décembre 2012 (contre 240.73 points vendredi en clôture). Mais cette hausse des actions européennes se ferait surtout par une expansion des multiples de valorisation, laquelle contrebalancerait une contraction de 10-15% des profits l’an prochain. Un pari pour le moins hardi alors que bon nombre d’inconnues (crise de la dette, récession en Europe) laissent plutôt présager d’une année boursière 2012 au moins aussi volatile qu’en 2011, et toujours dominée par la macro-économie. Lire la suite

Croissance, stagnation, récession: scénarios pour les actions européennes

SG a publié il y a 2 jours une étude assez fouillée de test de résistance sur les actions européennes. Si le scénario central prévoit une croissance des bénéfices en 2012 comprise entre 5% (top-down) et 11% (bottom-up), 2 scénarios alternatifs ont été étudiés: une récession « modérée » (croissance du PIB mondial de 2% l’an prochain) et une dépression (PIB mondial +0% en 2012). Résultats: les bénéfices des entreprises chuteraient de 25% à 40% en 2012 (par rapport à 2011). Si le scénario central de SG table sur un rebond de 27% de l’indice DJ Stoxx 600 l’an prochain, les scénarios alternatifs se traduiraient par une baisse comprise entre 15% et 30% (scénario également envisagé par l’économiste en chef d’UBS WM). Lire la suite

L’appétit pour le risque retrouve les niveaux de 2008-2009

Selon les estimations d’HSBC, l’appétit pour le risque des investisseurs a retrouvé le niveau constat lors de la crise de 2008-2009. Conséquence: les portefeuilles sont surpondérés en secteurs à « faible beta ».

Risk appetite has fallen to very low levels. International funds are overweight low-beta sectors and are more overweight defensive sectors than they were at any point in the 2008 recession. This level of pessimism highlights the potential for positive surprises for cyclicals. One idea at the regional level is Asia Pacific, where holdings have fallen to a six-year low. Among sectors, the ultimate contrarian sector call is materials, although we have not yet seen any signs of buying. We highlight luxury goods in Europe where holdings have fallen sharply and international funds are now underweight. We are Overweight Richemont (CFR XV, CHF46.3, TP: CHF58.0) in the luxury goods sector. In Europe, weightings in consumer staples have risen sharply. Telecoms and utilities were initially left behind but now there are signs of buying. Vodafone (VOD LN, OW, 167p, TP: 230p) is a Europe Super Ten stock and we have Overweight ratings on United Utilities (UU/ LN, 613.5p, TP: 650p) and EDP (EDP PL, EUR2.39, TP: EUR2.85) in the utilities sector.

Exposition des sociétés européennes au Japon

Citi a publié une note (datée du 14 mars) passant en revue l’exposition des entreprises européennes à l’économie japonaise. Ci-joint un tableau comprenant les sociétés les plus exposées (luxe, réassurance, équipements télécoms, semi-conducteurs, automobile, compagnies aériennes, pharmacie, tabac). Lire la suite

Profil d’entreprise: Hermès International (RMS)

En bref

Hermès International est un groupe de luxe indépendant. Fondé en 1837, l’entreprise a décliné sa marque autour de 14 familles de produits (sellerie, soie, maroquinerie, agendas, prêt-à-porter, parfums, horlogerie…). Hermès a également fait le choix d’être totalement intégré, de la production à la vente via à un réseau de magasins détenus en propre.

Marché et concurrents

Avec un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, Hermès pèse peu dans un marché mondial évalué à 153 milliards d’euros (source : Bain & Company). Malgré plusieurs vagues de consolidation, l’industrie du luxe reste atomisée. Dominent quelques grands acteurs multimarques – LVMH, Richemont, Swatch, Gucci Group (filiale de PPR).

Les produits de luxe sont majoritairement distribués par des grossistes (grands magasins, duty free…). La crise a fait la preuve que ce secteur d’activité, dont les produits sont réservés à une clientèle fortunée, n’échappe pas aux récessions.

Alors que l’économie mondiale s’est contractée de 2,2% l’an dernier, les ventes mondiales du secteur ont diminué de 8%, selon le cabinet de conseil Bain & Co. Les ventes d’Hermès ont, elles, fait bien mieux, avec une hausse de 8,5% (4,1% à changes constants). L’année a notamment été sauvée par les fêtes de fin d’année.

Stratégie

Hermès ne définit pas de stratégie à proprement parler (Cf document de référence 2009) . Jean-Louis Dumas, ancien PDG du groupe, définissait le luxe comme « la conscience du rare et l’amour du  beau ». En matière de stratégie, son credo était plutôt la discrétion : « ma politique c’est le silence », affirmait-il (Les Echos, mars 1998).

Son successeur, Patrick Thomas, premier dirigeant non-membre d’une des familles actionnaires du groupe, n’est guère plus prolixe en matière de stratégie (on peut lire son portrait dans Enjeux-Les Echos).

L’axe de développement du groupe est néanmoins de maîtriser de bout en bout la fabrication et la distribution des produits, de préserver un niveau de qualité très élevé et de maîtriser la croissance de l’offre (à un rythme inférieur à la demande). Hermès se développe en préservant la rareté de ses produits.

En retard sur ses concurrents en matière de distribution contrôlée en direct, Hermès a rattrapé ses concurrents au cours des années 2000. Le groupe a intensifié son effort d’investissement dans les périodes de crises. Estimé en moyenne à 7,5% des ventes entre 1994 et 2009, il a fluctué selon les périodes entre 3,4% et 10,3%.

Histoire récente

L’histoire récente d’Hermès n’est pas un long fleuve tranquille. En 2006, Jean-Louis Dumas, gérant de la société, choisit Patrick Thomas comme successeur, après une tentative infructueuse de recruter hors du groupe quelques années plus tôt. La succession s’est passée sur fond de rumeurs de vente de la maison de luxe, démenties à de nombreuses reprises.

Longtemps porté par les soiries, le développement d’Hermès a surtout reposé sur le succès des articles de maroquinerie. Ces derniers ont représenté 49% des ventes en 2009, contre 13% en 1989 (source: Merrill Lynch).

Résultats et objectifs financiers

En 2010, Hermès table sur une progression des ventes d’environ 5% à taux de change constants, après des gains de parts de marché en 2009. Bain & Company prévoit une croissance de 4% du marché mondial cette année.

Sur le plan financier, le groupe n’a cessé d’améliorer son niveau de profitabilité et le cash généré par l’activité tout au long des annéés 1990.

Les années 2000 marquent une évolution plus erratique des marges, voire un certain plafonnement (en dehors des effets de change, le groupe fournit assez peu d’explication dans son document de référence).

Compte tenu du niveau élevé de marge dégagé et de besoins financiers plutôt limités, Hermès autofinance son développement. Le groupe a réalisé peu d’appels au marché et peu d’opérations de croissance externe (John Lobb), principalement sous forme de prises de participation minoritaires (Jean-Paul Gautier). Certaines ont été des échecs (Leica).

Le groupe a un statut de SCA et s’est mis à l’abri de toute prise de contrôle hostile. Il reste une entreprise familiale, qui pourrait très bien vivre en dehors de la Bourse.

Cours de Bourse

Valorisation

© weeko

LVMH n’a plus de potentiel de hausse selon Credit Suisse

Credit Suisse déclasse LVMH de surperformance à neutre, avec un objectif de cours revu de 85 à 89 euros. « Les nouvelles favorables du secteur sont largement intégrées dans le cours et nous voyons peu de potentiel de révision en hausse du consensus », écrit l’analyste.

Pour 2010, le courtier estime que les ventes du groupe de luxe devraient progresser de 6% à périmètre et taux de change constants. Le résultat opérationnel devrait croître de 11%, en ligne avec le consensus.

A 20,5 fois le bénéfice attendu pour 2010, l’action LVMH se traite sur des niveaux supérieurs à sa moyenne historique et à des comparables comme Hermès. Dans le secteur du luxe, Credit Suisse préfère des valeurs comme Swatch ou Richemont. Ces titres devraient bénéficier d’un meilleur mix géographique, d’un effet de levier opérationnel plus significatif (que LVMH), d’une trésorerie importante et d’une valorisation relativement meilleur marché.