Bilan des publications de résultats du 1er trimestre en Europe

Barclays publie un pointage des résultats trimestriels de 39 sociétés composant l’indice Stoxx 600: sur les 31 sociétés ayant publié un chiffre d’affaires, 10 ont fait mieux que prévu et 11 moins bien. Et bizarrement, la Bourse a dans l’ensemble eu une réaction plutôt positive. Lire la suite

Danone ou le mythe du découplage ?

Danone a publié des résultats annuels en ligne avec les attentes, tout en confirmant d’importantes réductions d’effectifs pour être plus réactif sur un marché européen particulièrement morose depuis quelques années. La communication du groupe agroalimentaire met également en avant son exposition croissante aux marchés émergents tout en avançant des prévisions prudentes pour 2013 (« année de transition »). Visiblement cela suffit à satisfaire la Bourse. Lire la suite

Le casse-tête des investisseurs obligataires à la recherche de rendement

Les investisseurs qui souhaitent basculer des obligations vers les actions ont un vrai casse-tête: historiquement, la perte maximale subie sur les actions (en tant que classe d’actif) a été de 48% contre 19% pour les obligations. Pour passer d’une classe à l’autre, on comprend donc qu’un investisseur demande une rémunération en conséquence. Il peut également chercher à trouver des idées d’investissement qui offrent un rendement important avec un risque de perte en capital limité. Lire la suite

Danone: Natixis pense que le potentiel de hausse est plus limité

Natixis abaisse son avis sur Danone de « achat » à « neutre », avec un objectif de cours de 56 euros. Après une belle surperformance par rapport à ses comparables Nestlé et Unilever, le courtier pense que le titre est désormais chèrement valorisé (P/E de 17x en ligne avec les comparables). Natixis anticipe une stabilité du bénéfice par action en 2013, alors que le consensus se situe à +4%, d’où un risque de déception.

Le thème de la consommation émergente a encore du jus

David Finch, stratégiste chez Exane BNP Paribas, joue les « Dr No »: non, le re-rating des valeurs de consommation exposées aux émergents n’est pas terminé; non, les moteurs de performance de ces sociétés n’est pas affecté par le ralentissement des économies émergentes; non, la bonne tenue du panier de titres proposé par Exane ne tient pas uniquement à l’absence de valeurs financières dans ce portefeuille. Lire la suite

Traverser la tempête

« At the end of last year we developed, with our analysts, four themes that we argued would drive relative stock performance in 2012 . These were: Earnings resilience; Structural growth; Balance-sheet strength; Pricing anomalies.
Essentially, we argued that quality companies with decent balance sheets, earnings that were unlikely to buckle in a weak economic environment and long-term growth prospects in their core businesses would be likely to outperform through the up and down swings. Fortunately, with the weakness of markets over the past couple of years, our analysts found plenty of such companies at reasonable valuations.
We still think these are valid themes, since the fundamental macro picture has not changed. Therefore, we have asked our analysts to refresh their ideas for stocks that best fit these themes. »

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Citi voit le DJ Stoxx 600 à 285 pts fin 2012 (+18%)

Enfin un courtier qui voit les marchés actions en hausse l’an prochain: Citi voit le DJ Stoxx à 285 points en décembre 2012 (contre 240.73 points vendredi en clôture). Mais cette hausse des actions européennes se ferait surtout par une expansion des multiples de valorisation, laquelle contrebalancerait une contraction de 10-15% des profits l’an prochain. Un pari pour le moins hardi alors que bon nombre d’inconnues (crise de la dette, récession en Europe) laissent plutôt présager d’une année boursière 2012 au moins aussi volatile qu’en 2011, et toujours dominée par la macro-économie. Lire la suite

Une lettre à Warren Buffett (incomplète)

Dans un document publié en fin de semaine dernière, le patron « mondial » de la recherche « européenne » d’un grand broker parisien (cherchez l’erreur) écrit à Warren Buffett pour lui suggérer d’acheter des titres pas chers cotés de ce côté-ci de l’Atlantique – la liste inclut Axa, Zurich Financial Services, H&M, Unilever, Volkswagen, Daimler, ABB. Lire la suite

La grande consommation innove en période de crise

Aux Pays-Bas, une nouvelle boisson, « Jillz », faite de cidre, d’orge et d’eau fruitée, a été lancée l’an dernier, avec pour cible première les femmes de 18 à 35 ans. Avec ce nouveau produit, Heineken espère convaincre les femmes qui goutteraient peu à ses bières. De son côté, Henkel a mis sur le marché une ligne de produits coiffants enrichis de phéromones, destinés à… attirer le regard des femmes. L’efficacité n’a pas été démontrée, mais ces nouveautés montrent qu’en période de crise, les groupes de grande consommation maintienne leur effort d’innovation pour ne pas perdre leurs clients et se faire distancer par les concurrents.

L’année 2009 a vu les ventes des 50 plus grands groupes mondiaux du secteur progresser de 0,6%, après un bond de 13,3% en 2008. Preuve de leur résistance ? Pas tout à fait. Leur marge opérationnelle médiane a stagné à 14,6% du chiffre d’affaire, selon la 9ème édition du baromètre annuel du secteur réalisé par le cabinet de conseil OC&C Strategy Consultants, alors que l’année 2009 a été marquée par une baisse du prix des matières premières. Baisse qui a été en grande partie « rendue » aux consommateurs et aux distributeurs. Compte tenu d’un environnement économique incertain, l’année 2010 sera peut-être meilleure en termes de ventes, mais plus difficile sur le plan des profits. « Le mouvement de glissement vers les marques de distributeur (MDD) et les premiers prix dans les grandes marques est un mouvement de fond », estime Jean-Daniel Pick, associé chez OC&C.

A court terme, les groupes ont tous engagé des restructurations lourdes. Elles ont atteint 4,1% des ventes, soit plus que leurs investissements dans la création de nouvelles capacités de production ou dans la modernisation des unités existantes. A plus long terme, l’innovation reste le maître mot pour rester compétitif. Innover, cela veut dire coller au plus près aux attentes des clients, avec une offre plus large (premiers prix, produits premium) et une segmentation plus fine: par sexes, par thèmes (bien-être ou naturel, côté fonctionnel ou pratique des produits).

La crise n’a pas « paupérisé » la consommation. Mais elle a rendu les consommateurs plus malins, capables d’arbitrages entre les produits et les marques. Une tendance qu’il est désormais important pour elles de savoir capter en étant plus réactives. Une enquête présentée par OC&C, réalisée par Datamonitor, montre qu’à la question: « Je renonce à certaines de mes marques préférées pour économiser », 45% des personnes interrogées dans le monde répondent par l’affirmative (peu ou totalement d’accord), avec des taux de réponse élevés dans les pays d’Europe occidentale, aux Etats-Unis, mais également dans certains pays émergents comme l’Inde (43%), ou la Chine (38%).

Cet environnement est donc favorable aux marques de distributeurs. Face à ce mouvement de fond, « les marques n’ont d’autre alternative que d’investir pour se différencier », explique Jean-Daniel Pick. Leurs efforts de R&D sont maintenus, tout comme les dépenses publi-promotionnelles. Les restructurations viennent en complément pour être en mesure d’absorber l’évolution du prix des matières premières (en baisse l’an dernier, mais cela ne devrait pas durer).

Pourrait-il y avoir des rapprochements entre grands groupes de consommation et MDD ? Un sujet « tabou » dans l’industrie, souligne le consultant, qui note toutefois l’existence de quelques groupes qui n’hésitent pas à attaquer leur marché en étant présent sur tous les créneaux, comme dans les produits laitiers par exemple.

Hiérarchie

L’étude d’OC&C montre également que la hiérarchie mondiale des groupes de consommation a été peu bousculée par la crise. Le leader mondial reste Nestlé, suivi de Procter & Gamble, Unilever, PepsiCo, Kraft Foods et AB Inbev. Le premier groupe français est L’Oréal (11è), devant Danone (13è), Pernod Ricard (36è), LVMH (43è).

En matière de croissance, Danone a perdu l’an dernier son titre de champion mondial avec une progression moyenne des ventes de 7,6% entre 2004 et 2009, au profit de Reckitt Benckiser (8,5%).

Dans le domaine des fusions-acquisitions, seules 5 opérations ont dépassé le milliard de dollars en termes de valeur d’entreprise. La plus grosse opération a été le rachat de Cadbury par Kraft (VE de 21,4 milliards de dollars), suivi de l’opération de reprise de PepsiCo sur ses embouteilleurs nord-américains (VE de 10,3 milliards de dollars).

La menace « émergents »

Les pays émergents sont souvent présentés par les entreprises comme une opportunité, un eldorado à conquérir. Mais ces pays vont aussi devenir des menaces pour ces mêmes entreprises. Les salariés des champions nationaux le savent déjà, puisqu’ils sont mis en concurrence avec les « petites mains » de nombreux pays émergents, en commençant pas la Chine. La Chine, l’Inde, le Brésil… sont aussi la patrie de groupes multinationaux qui représentent de plus en plus une concurrence sérieuse pour les occidentaux. Jusqu’ici, nombreux étaient ceux qui comptaient sur leur « avance technologique » pour se démarquer. C’est de moins en moins vrai.

Partant du constat de cette « menace émergente », la Société Générale publie jeudi une étude sur ce thème. Quels sont les groupes qui sont vraiment en mesure de tirer parti de l’opportunité liée aux marchés émergents. Quels sont ceux qui, au contraire, risquent d’en pâtir ?

La banque publie deux listes de valeurs: celles qui sont affectées, à plus ou moins brève échéance, à la menace des nouveaux acteurs émergents, et celles qui seront en mesure de tirer parti de la croissance des pays émergents. Cette dernière liste de valeurs ne permet pas d’éviter la correction des marchés (SG évoque une surperformance de sa liste, ce qui est vrai en relatif aux indices européens et émergents, mais faux sur le plan de la préservation du capital).

Baptisée « SG European Exposure to Emerging Markets », le panier de valeurs qui profiteront des émergents comprend les sociétés suivantes: Anheuser-Busch Inbev, Beiersdorf, BHP Billiton, BBVA, Carrefour, Diageo, Ericsson, HSBC, Inditex, LVMH, Nestlé, Prudential, Renault, Saipem, Santander, Schneider Electric, Siemens, Standard Chartered, Technip, Unilever, Veolia Environnement, Volkswagen, Xstrata.

Danone moqué par Arrêt sur Images

La « capitulation » de Danone, sommé par l’Europe d’arrêter de vanter les bienfaits santé de ses « blockbusters » commerciaux que sont Actimel et Activia, fait l’objet d’un commentaire un peu moqueur de la part de Daniel Schneidermann, d’Arrêt sur Images, qu’un gérant de fonds m’a fait passer. DS y salue notamment le travail de l’EFSA, agence européenne de sécurité alimentaire.

« Quand on connait les budgets de lobbying que les multinationales sont capables d’engloutir auprès des instances de contrôle, nationales et supranationales, on mesure la performance que constitue cette résistance de l’EFSA. Les « bureaucraties européennes », qui ont bien des défauts, ont aussi parfois quelques qualités. »

Pour Danone, ce revers n’est pas à minimiser, selon certains courtiers. Selon CM-CIC Securities, « le risque d’un décalage de facturations dues à un report de lancement des nouveautés pourrait avoir lieu ». Le courtier a abaissé son opinion d’ « Achat » à « Conserver ».

Credit Suisse, CA Cheuvreux, Exane BNP Paribas estiment au contraire que cela n’aura pas d’impact sur les ventes. La communication du groupe a déjà été adaptée en France et au Royaume-Uni, sans impact sur son activité.

Le commentaire Société Générale est plus troublant:

« Nous constatons qu’un an après la réunion du 15 juin 2009 à Bruxelles, les deux parties [groupes agroalimentaires, EFSA] ne se comprennent toujours pas. La filière agroalimentaire et en particulier les leaders (Nestlé, Unilever et Danone) sont déçus par le manque de clarté et de cohérence des décisions prises. Il nous semble que par ce retrait, Danone cherche : 1) à gagner du temps en attendant que les deux parties arrivent à définir une règle du jeu claire et logique, 2) à renverser la situation et mettre la pression sur l’EFSA. Si les leaders ne soumettent plus de dossiers à l’’EFSA, ce dernier a moins de raison d’exister. Danone ne remet pas en cause sa démarche scientifique mais se pose la question de l’intérêt de dépenser 30 millions d’euros en tests cliniques. »