Les idées d’investissement de Cheuvreux pour 2012 sur le marché français

Comme à son habitude, Cheuvreux a publié durant la semaine écoulée sa liste de valeurs préférées pour 2012 sur le marché français (on regardera les recommandations sur l’Europe et quelques autres pays dans de prochains posts). La sélection de 2011 a terminé l’année dans le vert. Au menu de cette année, le courtier propose Air Liquide, BNP Paribas, EADS, Sodexo, Unibail-Rodamco pour les « larges caps »; ADP, Capgemini (!?), CGGVeritas pour les valeurs moyennes. Continuer la lecture de « Les idées d’investissement de Cheuvreux pour 2012 sur le marché français »

France: comment Cheuvreux prépare 2011

CA Cheuvreux vient de publier son étude France Top Picks 2011, dont nous avions donné les valeurs favorites récemment. Dans l’introduction de cette note de 56 pages, Laurent Poinsot, patron de la recherche en France passe en revue l’année 2010. Voici in extenso ses commentaires avec en introduction une question plutôt étonnante pour un broker adepte de la rotation des portefeuilles : « Est-ce que 2010 n’a servi à rien ? » Continuer la lecture de « France: comment Cheuvreux prépare 2011 »

ADP à sa valeur fondamentale, selon SG

Depuis juin 2007, les yoyos d’Aéroports de Paris (ADP) en Bourse ont ramené le titre vers sa valeur fondamentale, estime Société Générale. « Il n’y a pas  de hausse programmée des redevances aéroportuaires et les propositions d’ADP pour la période de régulation 2011-2015, prévoyant une augmentation annuelle moyenne des redevances de seulement 1,38% au-dessus de l’inflation, ne devraient pas permettre un retour sur capitaux employés du périmètre régulé en ligne avec le coût moyen pondéré du capital sur cette période de 5 ans », écrit SG.

La banque fixe un nouvel objectif de cours de 62 euros contre 51 euros, mais maintient sa recommandation à conserver. L’objectif de cours est dérivé d’une valorisation par somme des parties incluant les actifs régulés (43 euros) + l’immobilier de diversification (31 euros) + les actifs commerciaux (4 euros) + des actifs résiduels (8 euros) – la dette nette (24 euros).

A noter que SG inclut une décote de 10% pour la valeur des actifs régulés, estimant que ces derniers ne seront pas capables de créer de la valeur à court terme. ADP perd 1% à 62,43 euros.

Profil d’entreprise: Aéroports de Paris (ADP)

En bref

Aéroports de Paris possède et exploite les 3 principaux aéroports de la région parisienne, ainsi que des plates-formes d’aviation générale et un héliport. Le groupe a accueilli 83 millions de passagers en 2009. Avec 57,9 millions de passagers, Roissy-Charles de Gaulle (CDG)  est le 6è aéroport mondial et le 2è en Europe, derrière London Heathrow (classement AIC).

Les principaux clients d’ADP sont les compagnies aériennes membres de l’alliance SkyTeam, et notamment Air France-KLM (57% du trafic géré dont 53% pour Air France-KLM), ainsi que les compagnies à bas coût (12%, dont Easyjet 6%).

Marché et concurrents

L’activité d’ADP est liée à l’évolution du trafic aérien international (passagers et cargo), lui-même dépendant de l’activité économique. L’évolution du tourisme et des échanges commerciaux peut également être affecté par d’autres risques (épidémies, terrorisme…).

En 2009, le trafic passager a reculé de 3,5% dans le monde, et le fret a chuté de 10,1%. D’après l’Airport Council International, association des aéroports dans le monde, le trafic de passager ne devrait pas se reprendre avant 2011, même si les derniers chiffres disponibles font apparaître une stabilisation du trafic de passagers. Ce dernier devrait croître de 3,2% par an entre 2008 et 2013 (prévision ACI).

Le fret aérien (35 à 40% des marchandises transportées dans le monde), marché sur lequel APD est 6è au rang mondial, devrait progresser de 5,3% à 6% par an d’ici 2025 (en volume).

Stratégie

La stratégie d’ADP vise à accroître les capacités d’accueil de ses aéroports, le développement de son offre de services (activité commerciale) et la promotion de son pôle foncier.

Cette stratégie se traduit par un plan d’investissement important (1,8 milliard entre 2011 et 2015), établi dans le cadre d’un contrat signé avec l’Etat (principal actionnaire d’ADP).

Si l’activité de services aéroportuaires représente le gros du chiffre d’affaires, les résultats se font largement sur le pôle « Commerces et services » (boutiques, bars, restaurants, parcs de stationnement… qui ont représenté 62% du résultat d’exploitation en 2009).

Dans ce domaine, la priorité du groupe consiste à développer la surface des boutiques en zone réservée. Ces boutiques sont gérées en partenariat avec des spécialistes du secteur (Aelia, filiale de Lagardère, The Nuance Group). ADP cherche d’ailleurs à sortir ces activités du périmètre de régulation.

Histoire récente

Si l’histoire d’ADP remonte aux années 1920, le groupe a pris son essor dans les années 1980. En 2005, ADP a changé de statut, et s’est introduit en Bourse en juin 2006. Fin 2008, le groupe a signé un accord de coopération et pris une participation croisée au capital de Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam, pour donner naissance à un « hub » géant.

La crise  a affecté le trafic passagers (-4,7% pour ADP, -3,9% pour l’ensemble des aéroports français) et fret.

ADP a présenté en février dernier le contrat de régulation économique 2011-2015, lequel fait l’objet d’âpres débats avec certaines compagnies aériennes au sujet des redevances que ces dernières doivent verser à la société, avant d’être négocié avec l’Etat. Ce contrat table sur un trafic aérien en hausse de 0,5% en 2010, 2% en 2011, 2,4% en 2012, puis 3,9% entre 2013 et 2015.

Résultats financiers

La crise a obligé le groupe à revoir à la baisse ses ambitions. Pour 2010, ADP table, sur la base d’un trafic passagers en hausse de 0,5%, sur un chiffre d’affaires en légère croissance rapport à 2009, et sur un excédent brut d’exploitation du même ordre de grandeur qu’en 2009 (883 millions d’euros).

Cours de Bourse

Ratios de valorisation

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