Gros stress

Encore une fois, la Bourse prend peur et ne sait pas où aller. L’investisseur prudent peut lui se frotter les mains. Même si Mr Le Marché lui dit que la « macro » gouverne tout et que l’incertitude politique doit l’inciter à la prudence (ce qu’il fera sans aucun doute), il ne peut s’empêcher de regarder ces titres fortement décotés qu’il mettra dans sa liste de valeurs à surveiller… Continuer la lecture de « Gros stress »

Ipsen change de rythme

L’annonce le 11 octobre du départ surprise du PDG d’Ipsen, Jean-Pierre Bélingard (retourné chez bioMérieux), et son remplacement par un ancien d’Amgen, Marc de Garidel, a été présentée comme l’occasion d’un changement de rythme dans la stratégie d’expansion du laboratoire biopharmaceutique, mais pas comme un changement de stratégie. Continuer la lecture de « Ipsen change de rythme »

bioMérieux inaccessible

bioMérieux fait partie de ces rares titres cotés que tout investisseur pour le long terme rêverait de détenir en portefeuille. Mais ce rêve semble difficile à concrétiser aujourd’hui.

Investir aujourd’hui dans bioMérieux est devenu irréaliste tant le titre se traite sur des multiples de valorisation exigeants. Sur la base de nos estimations, l’action capitalise 21,6 fois le bénéfice par action prévu pour 2010 (3,76 euros), 15,3 fois le cash flow par action (5,29 euros) et 3,5 fois l’actif net (23,42 euros).

Ces ratios sont élevés sur une base historique. Ils montrent que le marché attend déjà beaucoup de l’entreprise, surtout depuis l’annonce d’un plan stratégique à l’horizon 2015. bioMérieux vise un rythme de croissance de ses ventes soutenu (7% à 9% par an à changes constants) et entend poursuivre l’amélioration de sa marge opérationnelle, visant 18% à 20%, tout en maintenant un effort de R&D estimé à 12% des ventes.

bioMérieux a un bilan très solide – pas de dette et des fonds propres qui représentaient 64% du bilan fin 2009 et peut largement financer son plan de développement. Depuis sa mise en Bourse, l’entreprise fait preuve d’une gestion prudente mais efficace. La part des fonds propres n’a cessé d’être renforcée depuis 2004.

Le niveau de rentabilité des capitaux employés est resté à un niveau élevé (près de 20% en 2009 et une moyenne de 17,7% entre 2004 et 2009), ce malgré un plan d’investissement soutenu et qui s’est même intensifié l’an dernier (les investissements industriels ont représenté 10% du chiffre d’affaires).

Malgré ces qualités intrinsèques, sur le plan boursier, bioMérieux n’offre plus aucune marge de sécurité pour l’investisseur de long terme. Autrement dit, toute déception ou environnement de marché défavorable risque d’entraîner une perte en capital pour ce dernier. L’histoire des dernières semaines vient d’ailleurs d’en faire la démonstration. Malgré la rechute du titre, qui avait atteint un plus haut de près 88 euros fin mars, la situation n’a guère changé même si l’action cote actuellement 81 euros.

En intégrant les projections du groupe dans un modèle de valorisation par actualisation des flux de trésorerie disponible, avec un taux d’actualisation de 9% et un taux de croissance à l’infini de 2,5%, on arrive tout au plus à justifier 70% du cours de Bourse actuel de l’entreprise.

bioMérieux n’a donc que peu de droit à l’erreur. Dans la situation actuelle, la seule voie manière de justifier le cours actuel consisterait pour l’entreprise à mobiliser son bilan pour financer une opération de croissance externe d’ampleur.

Certains courtiers soulignaient il y a quelques semaines la capacité du groupe de financer une acquisition de 1 milliard d’euros (soit 30% de sa capitalisation boursière). Un pari risqué qui romprait avec la politique de gestion prudente de l’entreprise conduite jusqu’ici. Rien n’indique pour le moment que bioMérieux soit enclin à s’engager sur une telle voie.