Revue des marchés

Performance hebdomadaire au 10 février 2012

Continue reading

Merrill conseille des prises de bénéfices sur SG et BNP Paribas

Bank of America Merrill Lynch a abaissé ce matin son avis sur Société Générale de « achat » à « neutre » (objectif inchangé de 23 euros) et sur BNP Paribas de « neutre » à « sous-performance » (objectif inchangé à 36 euros) après l’envolée des cours des banques françaises et « les incertitudes nées des propositions de François Hollande ».
L’analyste de Merrill Lynch, Patrick Leclerc, voit également dans l’augmentation des coûts de financement, les effets du désendettement ou la situation toujours tendue de l’économie et du risque souverain des raisons d’une plus grande prudence sur ces deux titres bancaires.

 

Valeurs préférées de Cheuvreux en France: à peine lancée, déjà modifiée

Décidément, chez Cheuvreux, les (très) bonnes idées ont la vie courte… J’ai récemment publié un post sur cette sélection de valeurs pour 2012, annoncée la semaine dernière. Et bien une première victime est à l’honneur aujourd’hui: BNP Paribas, remplacé par LVMH. Continue reading

Quels scénarios pour la Grèce?

La Grèce n’aura pas tardé à revenir sur le devant de la scène, comme on l’a récemment souligné. Les Allemands font pression pour qu’une décote plus importante soit appliquée sur les titres de dette souveraine du pays (en clair que les investisseurs privés constatent une perte plus élevée que prévu jusqu’ici). Ils ont le soutien de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard. D’autres appellent à l’arrêt pur et simple de cette pratique qui n’a pas montré son efficacité, et a au contraire alimenté la panique sur les marchés. Continue reading

CAC 40: Prévisions de résultat net (2011-13)

Voici un tableau des anticipations de bénéfice net publié par les entreprises constituant le CAC 40, sur la base du consensus établi par IBES. Continue reading

Les idées d’investissement de Cheuvreux pour 2012 sur le marché français

Comme à son habitude, Cheuvreux a publié durant la semaine écoulée sa liste de valeurs préférées pour 2012 sur le marché français (on regardera les recommandations sur l’Europe et quelques autres pays dans de prochains posts). La sélection de 2011 a terminé l’année dans le vert. Au menu de cette année, le courtier propose Air Liquide, BNP Paribas, EADS, Sodexo, Unibail-Rodamco pour les « larges caps »; ADP, Capgemini (!?), CGGVeritas pour les valeurs moyennes. Continue reading

Banques: le grand ménage se poursuivra en 2012-UBS

UBS a publié la semaine dernière une salve d’études sectorielles « globales ». On commence par le domaine d’activité qui préoccupe sans doute le plus les marchés: le secteur bancaire – courroie de transmission de la crise du crédit et de la récession si sa situation financière n’est pas stabilisée. Pour UBS, cette dernière risque encore d’être très fragilisée l’an prochain. A tel point que la banque suisse en voit de hâvre de paix que dans les banques canadiennes (comme en 2008-2009) et (tactiquement) dans les banques japonaises. Continue reading

Réduction des bilans bancaires: un régime de 1.000 milliards d’euros

Le processus de réduction des bilans bancaires (« deleveraging ») qui s’est opéré au plus fort de la crise financière de 2008-2009 avait représenté une diminution de 2.000 milliards d’euros en Europe. Depuis, comme si de rien n’était, la plupart des banques européennes se sont remises à faire croître la taille de leur bilan, ignorant le risque que pouvait faire peser sur l’économie le gonflement des dettes étatiques. Depuis, la multiplication des crises en zone euro et aux Etats-Unis sur la question de l’endettement public a obligé de nombreuses banques à réduire à nouveau la taille de leur bilan. Dans une étude publiée ce matin, les analystes de Bank of America Merrill Lynch chiffrent la « facture » à quelque 1.000 milliards d’euros. Explications.  Continue reading

Quand la crise a bon dos

PSA, BNP Paribas, Société Générale… Depuis quelques jours, les plans sociaux pleuvent. La « justification économique » de ces plans est la crise de la dette ou les craintes de récession économique. La réalité est parfois différente et de nombreux plans sociaux dans des groupes de cette taille sont liés à des processus de modification des périmètres, de réallocation des ressources. Le problème n’est pas que ces ajustements aient lieu. C’est leur timing qui donne le sentiment de l’impréparation et provoque la colère justifiée des premières victimes, les salariés. Continue reading

29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente »

Dans le cadre du G20 de Cannes, le Financial Stability Board a publié une liste des 29 institutions financières systémiques à l’échelle de la planète – baptisées « Global Systematically Important Financial Institutions » (G-SIFI). Bizarrement, une seule institution « émergente » (Bank of China) en fait partie. Continue reading

Revue des marchés

Weekly performance (4 Nov 2011)

Marche arrière toute: moins d’une semaine après un accord sur le sauvetage de la Grèce (qui avait laissé de nombreux observateurs indécis), les marchés financiers ont retrouvé leur lot de stress provoqué par la situation toujours incertaine de la zone euro. Cette-fois, l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro a été clairement évoquée après la décision surprise, lundi soir, du premier ministre grec d’appeler à un référendum en janvier 2012 sur une question alors inconnue. La tragédie grecque, après avoir occupé une partie d’un G20 qui devait traiter des questions de croissance économique mondiale et de l’évolution du système financier international, a tourné court. Mais c’est l’Italie, deuxième économie la plus endettée de la zone, qui a pris le relais, acceptant finalement de passer sous les fourches caudines des « experts » du FMI. Au final, le G20 de Cannes, dont on attendait beaucoup, n’a servi à rien. La porte ouverte à une nouvelle phase de volatilité sur les marchés a sans aucun doute été ouverte.

Cette situation s’est traduite mécaniquement par une chute des Bourses mondiales (les marchés émergents ayant toutefois mieux) et des rendements obligataires, une pression sur les matières premières et une légère remontée de l’or. L’euro a cédé 2.5% face au dollar.

Au sein des actions américaines, en dehors de l’envolée de Groupon pour son premier jour de cotation vendredi (+37%), l’indice S&P 500 a terminé la semaine sur un repli de 2.5%, entraîné par les valeurs financières – Jefferies a plongé de 18% sur des craintes de difficultés financières après la faillite du courtier MF Global. Les grandes banques américaines comme Bank of America, JPMorgan ont perdu respectivement 12% et 7%. Le secteur de la consommation a été pénalisé par le plongeon de 24% d’Abercrombie & Fitch, dont les ventes européennes sont mal orientées. La réunion de la Fed (2 novembre) a ouvert la porte à de nouvelles interventions pour soutenir l’économie, où les créations d’emplois sont toujours peu dynamiques.

En Europe, les valeurs bancaires ont été lourdement affectées: Lloyds Banking Group -19%, Société Générale -23% BNP Paribas -15%, pesant sur l’indice Stoxx 600 (-3.7%). L’annonce « surprise » d’une baisse de 25 points de base du taux directeur de la BCE, jeudi 3, a provoqué un bref sursaut des marchés, sans suites. Il faut dire qu’une des motivations de la banque centrale européenne et de son nouveau patron, Mario Draghi, est l’anticipation d’une récession « modérée » d’ici la fin de l’année. Certains gérants estiment même que la récession sera au programme de 2012 en Europe.

En Asie, l’indice MSCI Asia Pacific a lui aussi cédé 3.6%, entraîné par les valeurs minières – BHP Billiton a cédé près de 2%, tandis que certaines valeurs bancaires australiennes ont cédé du terrain après l’annonce d’une baisse des taux et d’une révision en baisse des perspectives de croissance du pays.

A noter le mouvement à contresens des actions émergentes (MSCI Emerging Markets +1.6%). Ces marchés ont attiré d’importants flux de capitaux récemment (3.5 milliards de dollars selon Citi), ce qui s’explique notamment par la sous-évaluation des Bourses émergentes par rapport aux Bourses développées et par une situation économique moins dramatique qu’en Europe et aux Etats-Unis (même si les difficultés de ces derniers pèsent sur la croissance des économies émergentes).

 

Deutsche Bank dégrade BNP Paribas à « conserver »

Deutsche Bank a abaissé son opinion sur BNP Paribas de « acheter » à « conserver », avec un objectif de cours revu de 51 à 46 euros. La banque a également revu en baisse son objectif de cours de Société Générale, le ramenant de 33 à 26 euros (avis « conserver » maintenu). Continue reading

Les analystes de la SG indulgents avec leur employeur

C’est la règle, les analystes salariés de banques couvrant le secteur bancaire n’émettent jamais d’opinion sur leur employeur. Ceux de la Société Générale sont allés un cran plus loin en n’intégrant même pas leur établissement dans une étude sur les banques françaises. Pourtant le sujet méritait peut-être d’inclure la SG dans la couverture: Continue reading

Euro TARP: 112 milliards pour recapitaliser les banques de la zone euro-JPMorgan

JPMorgan estime qu’il faudra au minimum 112 milliards d’euros pour renforcer les fonds propres des principales banques de la zone euro, restaurer ainsi un minimum de confiance dans le système financier européen et rouvrir l’accès au financement de court terme. Continue reading

Contagion franco-française

Les déboires boursiers de la Société Générale font boule de neige. Après Moody’s, voilà qu’une tribune publiée ce matin par le Wall Street Journal par le représentant d’un think tank ultralibéral provoque des remous chez BNP Paribas, obligeant la banque non seulement à s’indigner publiquement, mais également à clarifier sa situation en termes de liquidités à court terme. C’est la deuxième fois en un mois que la première banque cotée à la Bourse de Paris sort de sa réserve pour tenter de rassurer – en vain. En 2 jours, l’action BNP a perdu 20% de sa valeur. Elle se rapproche dangeureusement des plus bas atteints en mars 2009 (au creu du marché), alors que la Générale a déjà fait le grand plongeon. L’Agefi de ce jour cite une note de Barclays qui estime qu’au cours actuel, le marché anticipe pour BNP, SG et Crédit Agricole une perte de 100% sur les titres grecs, irlandais et portugais. « Une sanction qui s’applique même aux portefeuilles de dette italienne et espagnole » dans le cas de la Générale, ajoute le quotidien financier.

Merci Moody’s

Les valeurs bancaires sont une nouvelle fois chahutées après la perspective d’une dégradation de leur note de crédit par l’agence Moody’s. La semaine dernière S&P estimait dans une étude que les banques européennes sont menacées d’une détérioration de leur profitabilité si la croissance économique en Europe ralentit durablement. Mais quel scénario le marché intègre-t-il ? Continue reading

Banques: valorisations de crise

Ce n’est pas l’effet Portugal qui changera la valorisation des banques en Bourse. Continue reading

Revoir le financement des banques

Alors qu’il a quasiment disparu des écrans et des débats ici, aux Etats-Unis, la taille des banques et leur impact potentiellement néfaste sur la société (risque systémique) reste d’actualité. En ligne de mire, JPMorgan et son PDG, Jamie Dimon. JPMorgan est l’une des rares banques à être sortie de la crise plus grosse qu’elle n’y est entrée. En France, BNP Paribas correspond plutôt bien à cette description (un sujet sur lequel nous reviendrons). Sinon, prévient-elle, les banques resteront une menace pour la société. Continue reading

Sortie de crise pour BNP Paribas

La crise financière est désormais de l’histoire ancienne pour BNP Paribas. L’annonce de résultats trimestriels en forte croissance (+31%) place cette année la banque sur le chemin de bénéfices proches des récents records. La performance du deuxième trimestre s’explique par l’amélioration du coefficient d’exploitation (meilleure efficacité opérationnelle), mais surtout par la diminution du coût du risque. Ce dernier est revenu à un niveau inférieur à celui constaté avant la faillite de Lehman Brothers.

Cette performance s’explique aussi par le coup double du secteur bancaire, qui a réussi à obtenir fin 2008 l’aide massive des autorités monétaires (BCE en tête) et gouvernementales via des injections de capital et des garanties de passifs, puis début 2010, à s’assurer le soutien des gouvernements en pleine crise de la dette publique dans la zone euro. Ces opérations de sauvetage à grande échelle n’ont finalement pas coûté bien cher aux banques, qui, en phase de sortie de récession, bénéficient d’un levier considérable sur leurs résultats entre la réduction du coût du risque, les gains de productivité et, à plus longue échéance, la perspective de la reprise du cycle du crédit et la remontée des taux d’intérêt.

BNP Paribas sort d’autant plus renforcée de la crise qu’elle a réussi à mettre la main fin 2008 sur un actif précieux : Fortis. Cette opération lui a permis en pleine tourmente financière d’accroître sensiblement le poids des ressources longues. La part des dépôts dans le bilan de la banque est montée à 27,4% au 30 juin 2010 contre 19,7% deux ans plus tôt. Durant la même période, les fonds propres de la banque ont sensiblement augmenté.

Au moment où la banque reprend l’expansion de son bilan, le marché prévoit cette année un bénéfice de 6,8 milliards d’euros (source : Thomson Reuters IBES), pas très éloigné des records de 2006 et 2007 (7,3 et 7,8 milliards d’euros respectivement). Mais à voir l’évolution du coût du risque et du coefficient d’exploitation au cours des six premiers mois de l’année, les investisseurs pourraient s’attendre à d’autres bonnes surprises au cours des prochains trimestres.

Sur la base du consensus actuel, le titre capitalise 7,9 fois le bénéfice par action attendu pour 2011 et 0,9 fois les fonds propres de la banque. Au moment où la rentabilité du capital de la banque progresse, des résultats supérieurs aux attentes et une valorisation raisonnable expliquent le vif rebond du titre lundi (+5,3%, plus forte hausse du CAC 40), malgré la persistance de risques d’ordre macro-économique (sur la dette grecque, rechute de l’activité ou croissance économique molle). Si les prochains trimestres sont d’aussi bonne facture, BNP Paribas pourrait enfin rattraper son retard sur le reste du marché.

Looking for dividend

UBS  a publié le 30 juin dernier une étude sur le thème du dividende. La banque souligne d’abord que le rendement à 12 mois des actions européennes atteint aujourd’hui 4,3%, contre 3,1% en moyenne au cours des 30 dernières années.

« Le rendement du dividende a rarement été aussi intéressé au regard d’autres classes d’actifs. (…) Malgré un environnement ayant vu les plus fortes coupes de dividendes en 4 ans, les marchés de futures nous indiquent qu’il y a encore des baisses à prévoir à des niveaux inférieurs de 55% aux estimations de nos analystes pour 2012! Nous pensons que le pessimisme ambiant est largement surfait. Nous suggérons d’acheter des titres à fort dividende pour obtenir un rendement dans des marchés qui évolueront en tôle ondulée. »

UBS a établi un liste de 30 noms offrant un dividende relativement sûr et confortable (plus de 4,3%). Cette liste est séparée entre valeurs non financières et valeurs financières.

Rappelons pour finir que le rendement du dividende ne devrait pas être le seul élément de prise de décision pour un investisseur. La protection du dividende, l’évolution des cash-flows, donc indirectement, la situation concurrentielle de l’entreprise, doivent être pris en compte. Le dividende ne devrait être que la « cerise sur le gateau » au terme d’un travail d’analyse financière et d’évaluation complet d’une société.

Nouvelle vague

La BCE a publié la version semi-annuelle de son rapport de stabilité financière dans la zone euro. D’après l’institution européenne, les banques de la zone euro pourraient inscrire dans leurs comptes 195 milliards d’euros de dépréciations supplémentaires d’ici la fin 2011. La profitabilité du secteur bancaire devrait donc rester sous pression un petit moment. Cela constituerait la deuxième vague des pertes causées par la crise financière et ses répercussions.

La BCE souligne que les finances publiques représentent actuellement le risque le plus important pesant sur la stabilité de la région, les dettes et les déficits continuant de perturber les investisseurs tandis que les émissions massives d’obligations prévues par les Etats risquent de restreindre l’accès des entreprises et des banques au marché du crédit. Cet effet d’éviction pèserait non seulement sur le secteur financier, mais aussi sur l’économie réelle.

Un article du Wall Street Journal montre ce matin que certains banques européennes ont aujourd’hui un  niveau d’endettement supérieur à celui de leurs consoeurs américaines. L’illustration du papier montre en tête de liste Deutsche Bank, UBS, BNP Paribas et Société Générale.

Si ces banques ont un effet de levier, la BCE note que les grandes institutions financières de la zone euro ont reconstitué des niveaux de capitaux suffisants pour supporter de nouvelles pertes. Des risques existent, mais ils se situent plus dans d’autres types d’institutions financières (les difficultés de certaines caisses d’épargne en Espagne fin mai en est une illustration).

Spéculation, je t’aime, moi non plus

Incompétence ou nouvelle illustration d’une communication précipitée ? La semaine dernière, les dirigeants politiques ne manquaient pas de mots durs pour villipender la spéculation qui attaque l’euro. Lundi, ces mêmes dirigeants se félicitaient du rebond des Bourses, lesquelles saluaient leur tardive réaction (BCE en tête) pour sortir la zone euro d’une passe difficile.

Pourtant, en se félicitant du rebond des marchés financiers, les « responsables » politiques saluent inévitablement les mêmes « spéculateurs » qui faisaient plonger les indices boursiers quelques jours plus tôt. Avec toutefois un bémol, car la hausse de lundi pourrait être de courte durée.

L’évolution du CAC 40 ces derniers jours (tableau) donne l’impression d’un élastique qui, après avoir été tendu à la baisse, s’est brusquement relâché lundi dans le  sens opposé.

Le rebond de lundi est le plus fort depuis 17 mois, selon l’agence Bloomberg, laquelle rappelle qu’il est surtout lié à l’envolée du cours des valeurs financières (qui ont un poids important dans les indices), Société Générale, AXA et BNP Paribas étant en tête de la hausse. Les marchés ont également bénéficié du changement d’avis de Morgan Stanley, qui sous-pondérait les actions depuis le 25 janvier et a conseillé lundi de les surpondérer dans les portefeuilles après la chute récente des indices.

Certains analystes ont également estimé lundi que la décision de la BCE d’acheter des obligations d’Etats a constitué la vraie nouvelle rassurante pour les marchés, bien plus que la création d’un fonds de stabilisation européen. Cette décision aurait pû couper court à la spéculation si elle avait été prise jeudi dernier, empêchant la panique de s’installer.

D’autres analystes estiment néanmoins que le rebond pourrait ne pas durer bien longtemps. Une crainte présente sur les marchés actions, mais aussi sur d’autres classes d’actifs, notamment celles de la dette souveraine et du crédit, ou des changes.

On peut ainsi lire cette analyse du blog Baseline Scenario, qui explique pourquoi, malgré l’annonce du plan de 750 milliards d’euros, les taux obligataires se sont peu détendus… Ce blog revient également sur le problème fondamental de l’Europe qui est le décalage croissant en matière de compétitivité des économies des pays de la zone euro (les déficits publics ne sont que l’illustration de ce manque de compétitivité).

Dès lundi soir, Moody’s est venu calmer les esprits en annonçant que le risque de contagion existe toujours. Avec un premier effet: les marchés asiatiques ont replongé dans la foulée.

Dans l’actuel contexte de regain de volatilité des marchés, il est difficile de ne pas repenser à l’épisode d’octobre 2008. Après l’effondrement de Lehman Brothers, l’espoir d’un plan de soutien massif à l’industrie bancaire avait provoqué un fort rebond des indices boursiers, sans empêcher toutefois l’effondrement de ces mêmes indices au cours des mois suivants.

Les marchés actions se sont envolés lundi, mais les autres classes d’actifs envoient des signaux qui montrent qu’il y a encore beaucoup de scepticisme sur la sortie de crise.

Plutôt que de s’emballer à saluer le rebond des Bourses, il aurait été préférable de se poser des questions du genre: « Qui est intervenu sur les marchés ? » « S’agit-il des mêmes intervenants ? »  » Quelles ont été les forces en présence et comment la situation peut-elle évoluer dans les semaines et mois à venir ? » Des questions qui ne trouvent pas de réponse immédiate ou évidente… et nécessitent de l’analyse, du temps et de l’investigation.

Malheureusement, les responsables politiques ont perdu toute patience, et par la même occasion une opportunité pour faire preuve de prudence, en sacrifiant à leur irrémédiable (et ô combien énervant) besoin de « communiquer ». Heureusement pour eux, si les marchés rechutent, ils pourront toujours expliquer qu’ils ont tout fait pour empêcher la panique…

Le coût d’une faillite

Les banques françaises n’ont pas trop tardé à communiquer sur leur exposition au risque grec. Mais elle ne l’ont pas fait avec le même degré de transparence. Or sur cette base, les chiffres ou éléments qualitatifs communiqués à ce jour ont du mal à coller avec le montant de l’exposition au risque grec.

Selon la Banque des Règlements Internationaux, l’exposition à la Grèce pour l’ensemble des banques se montait fin 2009 à 236 milliards d’euros. Sur ce total, 188,6 milliards sont détenus par des banques européennes. L’exposition des banques françaises est estimée entre 20 et 30 milliards d’euros, sans tenir compte de l’exposition directe de Crédit Agricole, à travers sa filiale Emporiki.

Crédit Agricole a indiqué un risque total de 850 millions d’euros. BNP Paribas et Natixis ont évoqué une « exposition très limitée ». Société Générale indique une « exposition limitée et gérable » – son exposition aux « PIGS » étant chiffrée à 13 milliards d’euros au total. Dexia a, seule, admis un risque significatif, sans le chiffrer. Il s’agit pour l’essentiel de communication au cas par cas (aucun communiqué spécifique sur les pages relations investisseurs des sites Internet des banques mentionnées).

Pour Pierre Flabbée, analyste chez Kepler Research, « ces indications semblent quelque peu contradictoires avec l’exposition de 20 à 30 milliards des banques françaises ».

Les experts d’Exane BNP Paribas l’écrivent d’une autre façon.

« Tout comme pour le subprime, nous savons que quelqu’un a de la dette grecque, mais nous ne savons pas qui. La plupart des banques assurent que leur exposition n’est pas significative, mais peut-on en être sûr ? N’était-il pas trop tentant pour résister à l’envie de gagner quelques points de rendement dans un environnement de faible taux? »

Certains investisseurs parlent d’une époque de « pain béni » pour les banques. Celles-ci peuvent emprunter de l’argent à un taux extrêmement faible auprès des banques centrales et investir cet argent dans des titres rapportant quelques points de pourcentage… en utilisant qui plus est l’effet de levier.

Une occasion en or pour récupérer une partie des pertes subies lors de la crise du subprime et après la faillite de Lehman, et qui explique pour partie les résultats faramineux publiés l’an dernier et qui devraient être encore de très bonne facture au cours du premier semestre 2010. Il reste que certaines banques ont peut-être été plus prudentes que d’autres, d’où l’actuelle volatilité des titres bancaires.

De son côté, Kepler s’est risqué à l’exercice du « test de résistance » (comme pour la crise des subprime), en envisageant une perte de 20% sur une exposition fictive de 5 milliards d’euros à la dette grecque, irlandaise et portugaise. Le courtier aboutit à une perte comprise entre 1% et 6% au niveau de l’actif net par action pour 2011.

« Malgré une amélioration attendue des résultats au 1er trimestre, on peut douter de la capacité de ces publications à recréer une dynamique de prix durable si la plupart des cas la crise de la dette publique persiste en Europe. »

A noter que l’étude fait l’impasse sur l’exposition des compagnies d’assurance. On peut également regretter que la Banque de France ne fasse pas plus son travail de transparence à l’égard des investisseurs et des clients des banques françaises, sachant que ces dernières sont les plus exposées au risque grec.

Les banques françaises à « L’école des fans »

Dans une étude publiée vendredi, HSBC a relevé son opinion sur Natixis. Désormais, la banque anglaise est à l’achat sur l’ensemble des « grandes » banques françaises cotées – BNP Paribas, SocGen, Crédit Agricole et Natixis. HSBC, c’est un peu « l’école des fans »: malgré une situation économique incertaine, des pertes pour provisions ou dépréciations d’actifs et les risques liés au durcissement de la réglementation financière, son analyste Robin Down estime que les investisseurs sont trop pessimistes.

En termes absolus, la valorisation des banques françaises est peu exigeante: pour 2010, le ratio prix sur actif net tangible est juste au-dessus de 1, le PE normalisé se situe autour de 5X et le multiple de résultat opérationnel est sous les 4X.

Deux craintes expliquent ces faibles valorisations, selon HSBC: celles liée à la réglementation bancaire et celles liées aux risques de crédit. L’analyste de HSBC pense que les craintes d’ordre réglementaire, liées notamment à la mise en oeuvre prochaine des normes « Bâle 3″ sur les ratios de solvabilité (niveau adéquat de capital au regard des risques pris par les banques) sont surfaites. Des craintes peuvent exister sur les niveaux de liquidités, mais selon HSBC, les banques françaises auront plusieurs années pour se conformer à la réglementation.

Sur la base des comptes 2009 publiés et des normes de Bâle 3 actuellement connues (et susceptibles d’évolution), HSBC a évalué la rentabilité des banques (tableau).

Les peurs des investisseurs en matière de risques de crédit sont également exagérées selon HSBC. Les provisions à passer pour créances douteuses (le « coût du risque » dans le jargon bancaire) devrait même baisser de 35% par rapport à 2009.

En résumé, l’étude de HSBC montre que toutes les banques devraient faire bonne figure au cours des prochains trimestres et méritent donc toutes d’être mises dans les portefeuilles des gérants actions. Un message conforté vendredi dernier par le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, lequel a affirmé au cours d’une conférence de presse que « les banques françaises apparaissent dans l’ensemble bien armées pour relever les défis qui se dessinent à court et moyen terme ».

Les actions, plutôt que les obligations (GMO)

Quelles sont les classes d’actifs qui rapporteront le plus au cours des 7 prochaines années ? C’est cette question que se posent régulièrement les gérants de GMO. Cette société de gestion américaine (107 milliards de dollars d’actifs sous gestion au 31/12/2009) est dirigée entre autres par Jeremy Grantham, cofondateur de la société et célèbre gérant de fond, qui, au plus bas des marchés (10 mars 2009), expliquait qu’il valait mieux investir au regard de valorisations historiquement basses, plutôt que de conserver du cash et risquer de louper le rebond.

Un gérant également cité et suivi par de nombreux blogueurs, et référencé par Louis Lowenstein, dans The Investor’s Dilemma (John Wiley, 2008). Un ouvrage dont je recommande la lecture à toute personne qui envisage de confier son argent à des gérants de portefeuille.

GMO vient donc de publier ses dernières prévisions et selon cette société de gestion, il vaut mieux investir dans les actions que dans les obligations. Où précisément ?

GMO fait la part belle à 3 catégories d’actions : les actions américaines « de qualité » (« US High Quality »), les grandes capitalisations internationales, et les actions émergentes (quelle surprise ?!). Ces trois classes d’actifs seraient en mesure de rapporter plus que les 6,5% de rendement annuel des actions américaines sur longue période.

Chez GMO, la notion de qualité renvoie notamment à des perspectives solides de croissance de la rentabilité des fonds propres. A Wall Street, les gérants de GMO ont sélectionné des noms bien connus des investisseurs : Oracle, Microsoft, Johnson & Johnson, Wal-Mart Stores, Procter & Gamble, Pfizer, Coca-Cola, ExxonMobil, Cisco Systems, PepsiCo, Chevron, Merck, Google, IBM et Abbott Laboratories.

A l’international, le fonds « International Intrinsic Value » détient des actions de Glaxosmithkline, Royal Dutch Shell, Sanofi-Aventis, Novartis, AstraZeneca, ENI, Banco Santander, BNP Paribas, Nissan Motor, Total, Unicredit, Roche, Vodafone, ING ou Enel. Un fond très défensif et européen.

Dans la poche émergents, GMO est actionnaire de Petrobras, Samsung Electronics, Gazprom, Vale, Lukoil, Hon Hai Precision Industry, Posco, Sberbank, Mobile TeleSystems, Banco Bradesco, Rosneft, Turkiye Garanti Bankasi, Surgutneftegaz, China Mobile.

A noter que le fond US est beaucoup plus concentré que les fonds internationaux et émergents. Les rendements sont à aller chercher hors des Etats-Unis, mais la gestion du risque dans les portefeuilles est toujours présente…

CAC40: le cash avant tout

Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises du CAC 40 ont été lourdement affectées par la crise internationale déclenchée outre Atlantique. Mais si elles affichent des bénéfices nets en baisse (-27% selon Les Echos, -20% selon mes calculs qui excluent les 2 entreprises à exercice décalé que sont Alstom et Pernod Ricard), leur priorité de 2009 a été la préservation du cash et du bilan. Continue reading