Gros stress

Encore une fois, la Bourse prend peur et ne sait pas où aller. L’investisseur prudent peut lui se frotter les mains. Même si Mr Le Marché lui dit que la « macro » gouverne tout et que l’incertitude politique doit l’inciter à la prudence (ce qu’il fera sans aucun doute), il ne peut s’empêcher de regarder ces titres fortement décotés qu’il mettra dans sa liste de valeurs à surveiller… Continuer la lecture de « Gros stress »

Nouvelle poussée de fièvre spéculative sur Bourbon ?

La semaine dernière, Bourbon a connu l’une des plus fortes progressions de la Bourse de Paris, ramenant le titre vers les 33 euros, niveau déjà atteint en mars lors de la publication de ses résultats annuels. Y a-t-il des raisons fondamentales à ce soudain regain d’intérêt du marché pour le spécialiste des services maritimes à l’industrie pétrolière offshore ? Pas vraiment. En revanche, la spéculation monte sur ce qui pourrait être annoncé fin juin, à Shanghai, lors de l’annonce du nouveau plan stratégique du groupe.

La semaine dernière, au cours d’une conférence investisseurs organisée par la Société Générale, le groupe a donné des indications plutôt encourageantes sur son activité, et les investisseurs ont évoqué plusieurs hypothèses sur sa stratégie future. Parmi les pistes envisagées figurerait « l’adoption d’un modèle moins gourmand en cash », « la cession du vrac », un « focus sur le segment des ‘crew boats' » ou une « consolidation du marché de l’IMR ».

Ce lundi, Cheuvreux publie une étude sur Bourbon, dans laquelle l’hypothèse d’une cession du vrac est également évoquée (l’activité est valorisée entre 600 et 650 millions de dollars par le courtier). Le produit de cette cession pourrait être utilisé pour financer les développements futurs du groupe, mais pourrait aussi être rendu aux investisseurs.

Aucune de ces hypothèses n’est pour l’instant confirmée, mais elle alimente une hausse du titre importante. Cheuvreux valorise l’action Bourbon à 45 euros. SG a un objectif de cours de 37 euros.

Notre analyse (datée de mars 2010) avait montré que le groupe a financé son développement par le cash généré par l’activité, et par les cessions d’actifs. L’hypothèse de vente du pôle transport de vrac de Bourbon est donc crédible, mais reste pour l’heure une hypothèse hautement spéculative (idéale donc pour drainer des flux de capitaux du point de vue des courtiers).

La revalorisation du titre pourrait avoir un soutien plus fondamental, évoqué dans notre commentaire de mars, à savoir la décélération du rythme des investissements, qui signifie une moindre consommation de cash. Couplée à la remontée progressive de la rentabilité du capital, objectif du groupe, ce levier pourrait avoir un effet démultiplicateur sur le cours de Bourse de Bourbon.