Selon CA Cheuvreux, la chute du cours de Bourse de CFAO la semaine dernière, déjà évoquée ici et qui s’est poursuivie lundi 19 avril, montre que la Bourse a intégré plusieurs éléments, notamment une évolution défavorable des parités de change, ainsi que l’absence de rebond du marché automobile en Afrique.
« Un tel scénario ne peut être exclu, mais nous continuons de penser qu’un rebond du secteur automobile est possible au second semestre 2010″, explique l’analyste Arnaud Joly.
Il réitère son avis « surperformance » sur CFAO et maintient inchangé son objectif de cours à 31 euros.
Pour mémoire, selon le document de référence 2009 du groupe, l’activité automobile a représenté l’an dernier un chiffre d’affaires de 1,45 milliard d’euros (56% du chiffre d’affaires total), et un résultat opérationnel courant de 118,1 millions d’euros (54% du résultat groupe).
Le risque de change est identifié par le groupe:
« l’appréciation de l’euro par rapport aux devises dans lesquelles le groupe réalise ses ventes (…) pourrait (…) diminuer la valeur en euros des ventes, et la dépréciation de l’euro, pourrait (…) augmenter la valeur en euros des achats effectués par le groupe. »
Le risque de change se manifeste également au niveau des charges financières, au regard des obligations (dettes incluses) libellées en devises autres que l’euro.
Natixis Securities apporte un complément d’information. Selon le courtier, le dépôt du document de référence la semaine dernière était accompagné d’un communiqué de presse (que nous n’avions pas vu-le DR est diffusé sur le site du groupe et sur celui de l’AMF que nous consultons), indiquant que le groupe ne faisait pas de prévision pour 2010.
« Ces commentaires, bien que requis par l’AMF, selon notre compréhension, invitent à une prudence renforcée sur l’exercice », écrivent les analystes de la banque.
Dans son document de base en vue de son introduction en Bourse (déposé en octobre 2009), CFAO écrivait:
« Grâce à son solide ancrage panafricain, à ses savoir-faire uniques et à sa capacité démontrée à élargir son empreinte géographique tout en maintenant des rentabilités élevées, le groupe considère qu’il dispose de tous les ingrédients pour prolonger un modèle de croissance puissant au cours des prochaines années. Hors effets de fluctuations majeurs liés aux conditions macroéconomiques globales, le groupe a pour objectif de réaliser une croissance annuelle entre 2009 et 2012/2013 de l’ordre de 10% en moyenne, avec un rebond anticipé dès 2010. »
CFAO avait alors pris le soin de préciser que ces objectifs ne consituaient pas de prévisions formelles (on appelle cela « jouer sur les mots »).
Mardi, Natixis a abaissé son objectif de cours en conséquence de prévisions financière plus prudentes pour 2010.
AVERTISSEMENT: l’auteur du post détient des actions CFAO.