JPMorgan, nouveau Goldman Sachs ?

Ce n’est pas une nouveauté, mais on peut se demander si JPMorgan n’a pas fait preuve d’une certaine arrogance en publiant avant la Fed les résultats des stress tests réalisés sur le secteur bancaire. La banque en a profité pour annoncer une hausse de son dividende alors que la Bourse étaient encore ouverte (la Fed prévoyait de publier les résultats des stress tests après clôture, ce qu’elle a fait…). Continuer la lecture de « JPMorgan, nouveau Goldman Sachs ? »

Banques: le grand ménage se poursuivra en 2012-UBS

UBS a publié la semaine dernière une salve d’études sectorielles « globales ». On commence par le domaine d’activité qui préoccupe sans doute le plus les marchés: le secteur bancaire – courroie de transmission de la crise du crédit et de la récession si sa situation financière n’est pas stabilisée. Pour UBS, cette dernière risque encore d’être très fragilisée l’an prochain. A tel point que la banque suisse en voit de hâvre de paix que dans les banques canadiennes (comme en 2008-2009) et (tactiquement) dans les banques japonaises. Continuer la lecture de « Banques: le grand ménage se poursuivra en 2012-UBS »

29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente »

Dans le cadre du G20 de Cannes, le Financial Stability Board a publié une liste des 29 institutions financières systémiques à l’échelle de la planète – baptisées « Global Systematically Important Financial Institutions » (G-SIFI). Bizarrement, une seule institution « émergente » (Bank of China) en fait partie. Continuer la lecture de « 29 institutions financières systémiques, dont une seule « émergente » »

Disciple de Graham (4)

A lire un portrait intéressant de Bruce Berkowtiz, gestionnaire de portefeuille et fondateur de la société de gestion Fairholme Funds, dont le principal fond a enregistré un gain de 13% au cours de la décennie écoulée, tandis que le S&P 500 affiche une performance négative. Le portrait publié par le Wall Street Journal cite une étude de la Harvard Business School, intitulée « Best Ideas », qui démontre tout l’intérêt de la gestion active et remet en question certains pans de la théorie financière moderne, notamment sur la diversification des portefeuilles ou l’incapacité d’un gérant à battre le marché.

Voici le résumé de l’étude:

« We find that the stock that active managers display the most conviction towards ex-ante, outperforms the market, as well as the other stocks in those managers’ portfolios, by approximately 1.6 to 2.1 percent per quarter depending on the benchmark employed. The results for managers’ other high-conviction investments (e.g. top five stocks) are also strong. The other stocks managers hold do not exhibit significant outperformance. This leads us to two conclusions. First, the U.S. stock market does not appear to be efficiently priced by our risk models, since even the typical active mutual fund manager is able to identify stocks that outperform by economically and statistically large amounts. Second, consistent with the view of Berk and Green (2004), the organization of the money management industry appears to make it optimal for managers to introduce stocks into their portfolio that are not outperformers. We argue that investors would benefit if managers held more concentrated portfolios. »

L’étude Best Ideas est disponible sur le réseau SSRN à l’adresse suivante: http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1364827

Le mot d’ordre de Fairholme est « ne pas écouter la foule » (« Ignore the Crowd »). Sa philosophie d’investissement est décrite de la manière suivante: « Nous nous concentrons sur la recherche de titres offrant la rentabilité maximum avec un risque minimal de perte durable. Nous nous tenons à l’écart des entreprises, industries et tendances éphémères qui utilisent des méthodes comptables agressives ou des dirigeants qui sont payés une fortune pour venir au travail tous les jours. A tout moment, notre fonds se focalise sur un portefeuille focalisé sur 15 à 25 titres, dont la valeur intrinsèque a été ignorée, mal comprise et sous-évaluée par le marché. »

Dans son rapport du premier semestre 2010, Berkowitz indique qu’environ la moitié de ses actifs est investie dans des « secteurs détestés » comme les services financiers ou l’immobilier. Ses principales lignes sont General Growth Properties (13,1% du fond), AIG (10,5%), MBIA, Sears Holdings (7,7%), Goldman Sachs (5,4%), Citigroup (5,4%), Berkshire Hathaway (4,7%) ou Bank of America (4,4%). Les 10 premières lignes du fonds représentant 63,1% de l’actif géré.

Comme Graham, Buffett, Klarman et quelques autres, la règle numéro 1 de Berkowitz est de ne pas perdre d’argent et d’être « avide quand tout le monde a peur de l’avenir ».