Perspectives 2012 d’investissement en Europe – Cheuvreux

Comme je l’indiquais dans mon précédent post, le courtier Cheuvreux a publié ses listes de valeurs recommandées pour un ensemble de pays couverts par sa recherche actions. Nous avons vu les recommandations pour la France. Avant d’aller dans d’autres pays, voici le commentaire plus général sur l’Europe délivré par la patron de la recherche, Luca Solca. Continuer la lecture de « Perspectives 2012 d’investissement en Europe – Cheuvreux »

France Télécom ne répond plus

Un changement de dirigeant ne suffit pas toujours à changer l’histoire d’une entreprise. France Télécom en fait actuellement l’expérience. Malgré la refonte (tardive) de son équipe managériale, la recherche d’une organisation un peu plus humaine en interne et une politique de recrutement et de formation ambitieuse sur le papier, le marché a délaissé le titre de l’opérateur historique, dans un mouvement généralisé d’abandon des titres défensifs. Cette baisse semble toutefois arriver à son terme, si l’on en croit une étude d’UBS parue aujourd’hui.

Or, à 14,755 euros, France Télécom affiche une valorisation très attrayante. Peut-on pour autant parler de sous-évaluation? Cela dépend de la capacité de l’opérateur à maintenir son cash-flow organique tout en respectant son corps social. Si c’est le cas, France Télécom apparaît comme notoirement sous-évalué.

Prenons le dividende (1,4 euro par action). L’objectif de cash-flow organique (8 milliards par an selon le groupe, 5 à 6 milliards d’après nos estimations) semble soutenable même en retenant des hypothèses relativement prudentes de croissance du chiffre d’affaires et d’évolution des marges. L’actualisation du dividende, avec un coût du capital de 10% et un taux de croissance de 1,5%, valorise l’action France Télécom à 16,5 euros. Une valorisation par DCF montre que le marché retient des hypothèses plutôt pessimistes sur l’avenir du groupe, alors que celui-ci conserve, quoi qu’on en dise, des positions encore importantes sur ses marchés de référence.

Les dirigeants de France Télécom devraient d’ailleurs tout faire pour que le corps social du groupe se sente un peu mieux, ce qui explique certains chapitres du plan « Conquêtes 2015 » annoncé lundi. La France représentait l’an dernier 63% de la marge brute opérationnelle du groupe. Donner du sens et une stratégie claire est non seulement la mission de base de tout dirigeant, mais elle fait également sens pour une revalorisation du titre en Bourse.

Dans un commentaire publié ce matin, le courtier CA Cheuvreux note que France Télécom affichait une sous-performance de 4% par rapport aux autres grands opérateurs de télécommunications (Telefonica, KPN et Deutsche Telekom), alors qu’il sert un rendement de dividende 20% supérieur à ses comparables (à 9,7%) et un free cash-flow yield 40% au-dessus de ses mêmes comparables (à 19,3%).

Dans des marchés volatils, où il devient très difficile de trouver à la fois une protection du capital et un rendement attrayant, France Télécom se distingue avec un niveau de risque atténué (sauf à considérer que le groupe soit soudainement incapable de rembourser ses dettes ou à juger insuffisant le niveau des fonds propres au bilan – 31%, ce qui est un vrai sujet selon nous). Une aubaine donc, qui devrait permettre de raccrocher quelques investisseurs.

Désendettement des Etats et stratégie d’investissement

Le désendettement des Etats va être l’un des thèmes majeurs au cours des prochaines années. Exane BNP Paribas expose sa stratégie d’investissement (en actions) pour s’adapter à cet environnement dans une étude publiée jeudi. Les principales points de l’étude sont les suivants:

  • Acheter des titres offrant un rendement du dividende conséquent et relativement sûr (quelques idées avancées par le broker dans une liste de 11 noms: Vivendi, Vodafone, Deutsche Post).
  • Acheter des titres offrant un potentiel de hausse du dividende (quelques noms cités: AstraZeneca, Heineken, Carrefour, Sanofi-Aventis, SAP, Reed Elsevier).
  • Rechercher les champions de la croissance des résultats, quel que soit l’environnement (Adidas, LVMH, Standard Chartered, Autonomy, SES sont évoqués).
  • Vendre les valeurs très sensibles au cycle économique (Next, Panalpina, Rolls Royce, SKF et UPM font partie de cette catégorie selon Exane).
  • Vendre les sociétés exposées aux dépenses gouvernementales (BAE Systems, Crégit Agricole, Finmeccanica, RBS, Smith & Nephew, Synthes sont cités parmi d’autres).