Multitude de risques autour d’une fusion EADS-BAE Systems

Plusieurs observateurs ont souligné tous les intérêts d’une fusion entre EADS et le britannique BAE Systems. Le premier se renforcerait d’un seul coup dans la défense et sur le marché nord américain, où il est peu présent. Le second accèderait à de nouveaux marchés tout en réduisant les coûts de certains programmes (Typhoon). Continuer la lecture de « Multitude de risques autour d’une fusion EADS-BAE Systems »

Les idées d’investissement de Cheuvreux pour 2012 sur le marché français

Comme à son habitude, Cheuvreux a publié durant la semaine écoulée sa liste de valeurs préférées pour 2012 sur le marché français (on regardera les recommandations sur l’Europe et quelques autres pays dans de prochains posts). La sélection de 2011 a terminé l’année dans le vert. Au menu de cette année, le courtier propose Air Liquide, BNP Paribas, EADS, Sodexo, Unibail-Rodamco pour les « larges caps »; ADP, Capgemini (!?), CGGVeritas pour les valeurs moyennes. Continuer la lecture de « Les idées d’investissement de Cheuvreux pour 2012 sur le marché français »

Zodiac, EADS, Rolls-Royce, valeurs préférées de BofAML

L’équipe en charge de l’aéronautique chez Bank of America Merrill Lynch fait part de prévisions plus prudentes pour 2012 pour le secteur. Elle recommande d’être encore plus sélectif après une année de surperformance, en se focalisant sur les valeurs les plus exposées à la croissance des marchés finaux (base installée et maintenance) et celles présentant un potentiel de restructuration. A travers ces deux critères, BofAML préfère EADS (objectif 28 euros), Zodiac (objectif 64 euros) et Rolls-Royce (objectif 805 pence). Merril est également à l’achat sur Qinetiq (150 pence). Continuer la lecture de « Zodiac, EADS, Rolls-Royce, valeurs préférées de BofAML »

France: comment Cheuvreux prépare 2011

CA Cheuvreux vient de publier son étude France Top Picks 2011, dont nous avions donné les valeurs favorites récemment. Dans l’introduction de cette note de 56 pages, Laurent Poinsot, patron de la recherche en France passe en revue l’année 2010. Voici in extenso ses commentaires avec en introduction une question plutôt étonnante pour un broker adepte de la rotation des portefeuilles : « Est-ce que 2010 n’a servi à rien ? » Continuer la lecture de « France: comment Cheuvreux prépare 2011 »

Lagardère: à la recherche de la stratégie perdue

Le marché reste sceptique sur la capacité de rebond du groupe de médias Lagardère, en panne de projet stratégique de long terme. Selon plusieurs articles de presse (Mediapart, Libération), l’arrivée de l’investisseur activiste Guy Wiser-Pratte ne ferait que révéler l’absence de leadership dans un groupe protégé de toutes pressions externes par son statut de société en commandite par actions (SCA).

Pour un groupe de médias, c’est un paradoxe : Lagardère n’a pas d’histoire à raconter aux investisseurs. Son cours de Bourse est moribond. Les résultats plongent et le rendement du dividende ne semble même plus constituer un vecteur d’intérêt. Avec des résultats attendus à nouveau en net recul cette année, le groupe dirigé par Arnaud Lagardère doit se réinventer.

Or rares sont les analystes financiers qui ont une opinion franchement positive sur la société. Ceux qui recommandent d’acheter le titre le font du bout des lèvres. La plupart des analystes soulignent qu’en dehors de cessions des participations détenues par le groupe (dans Canal+ et EADS), Lagardère manque de réels attraits fondamentaux.

L’activité média – cœur des résultats du groupe depuis le recentrage décidé par Arnaud Lagardère – a du mal à redresser sa situation financière. En 2009 déjà, le pôle Edition (« Publishing ») a bénéficié de gros succès de librairie comme « Twilight », qui ne devraient pas se répéter en 2010.

Les autres métiers souffrent de la crise du marché publicitaire. Ainsi Lagardère Active – qui regroupe la presse et l’audiovisuel – a vu son résultat opérationnel plonger de 93% en 2009. La division pourrait engager de nouvelles restructurations, selon les propos tenus par des dirigeants devant les investisseurs lors de récents roadshows.

« La plupart des activités de Lagardère sont matures, et une part du capital employé est utilisé dans des participations financières, dans lesquelles Lagardère est actionnaire mais n’a pas de rôle d’opérateur. Nous pensons que la société devra réévaluer l’emploi de ses capitaux, et revoir son plan de développement sur le long terme », écrivait la semaine dernière HSBC dans une étude sur le groupe.

L’incursion dans le monde du sport s’avère pour l’heure un investissement peu rentable et certains analystes estiment que le groupe ferait mieux de réfléchir à un emploi plus efficace de ses capitaux plutôt que d’envisager une nouvelle acquisition dans ce métier difficile et cyclique.

« Nous ne pensons pas que cela soit la meilleure allocation possible » du capital, estimait la banque Citi dans une note du 19 mars.

Lors de rencontres avec des investisseurs, des dirigeants du groupe ont indiqué être satisfaits du niveau actuellement d’endettement (1,8 milliard d’euros, soit 50% des fonds propres environ). Or, la cession des participations dans Canal+ France (valorisée 1,2 milliard d’euros) et les 7,5% d’EADS (920 millions sur la base du cours actuel) permettraient en théorie de ramener la dette à zéro.

Se présenteraient alors deux possibilités pour retrouver une structure financière optimale : le versement d’un dividende exceptionnel, évoqué par le groupe mais pas envisagé à court terme, ou la réalisation d’opérations de croissance externe. Là encore, les investisseurs s’inquiètent des cibles envisagées, en espérant qu’elles auront un réel effet d’accélérateur sur la croissance du groupe et sur l’amélioration de sa rentabilité.

Ce que les analystes ont récemment écrit

Exane BNP Paribas (30 mars 2010) : sous-performance, objectif de cours : 25 euros

« Le problème n’est pas la gestion des actifs, mais bien plus la détérioration des fondamentaux, au moment où la vente d’actifs non stratégiques à un bon prix semble difficile. »

Morgan Stanley (24 mars) : sous-pondérer, objectif : 26,5 euros

La banque évoque des résultats « décevants ». « Contrairement à d’autres groupes de médias, nous abaissons nos prévisions après de faibles résultats annuels. (…) Si l’action est bon marché (6 fois l’excédent brut d’exploitation, 7 fois le bénéfice par action ajusté pour 2010), nous voyons peu de potentiel de surprise positive pour les résultats. En l’absence d’une vente réussie de Canal+ ou d’une reprise plus rapide que prévue, nous pensons qu’il y a peu de catalystes et restons sous-pondérer. »

HSBC (23 mars): neutre, objectif : 30 euros (contre 34 euros)

Prévisions 2010 décevantes : le groupe anticipe une baisse de 10% de son résultat opérationnel courant, contre 5% attendu par les investisseurs.

« Sur la base de nos estimations, l’action se traite sur un multiple de 14,8 fois le bénéfice par action estimé pour 2010, en ligne avec ses niveaux historiques. »

Evoquant les cessions d’actifs, HSBC ne pense pas que « ces événements feront à eux seuls le fondement d’une stratégie de long terme et changeront de manière significative la situation du groupe. »

Oddo (22 mars), Accumuler, objectif : 30 euros

« Il nous paraît prématuré de revenir à l’achat, d’autant plus que le flux de nouvelles devrait rester sous pression en 2010 au vu d’un calendrier peu favorable dans le sport, d’un marché de la publicité magazines toujours morose et d’un effet de base défavorable dans l’édition. »

Les seuls soutiens à la recommandation « accumuler » du courtier: la cession des titres Canal+ et EADS, le redressement du trafic aérien (favorable à la division Services) et la perspective de redressement des marges dans le sport à partir de 2011.

Citi (19 mars 2010) : conserver, objectif : 29,7 euros

La banque souligne une incertitude sur l’impact du livre électronique sur les résultats du groupe [Lagardère estime pour sa part qu’il s’agit d’une activité plus rentable que le papier] ; Citi juge difficile de voir le réel pouvoir bénéficiaire dans l’édition après l’effet « Twilight ».

Sur Lagardère Active, Citi souligne que les risques structurels (notamment pour les magazines) persistent malgré la restructuration et l’effet positif attendu d’une éventuelle reprise du marché publicitaire.

Nomura (11 mars) : alléger, objectif : 28 euros

« Nous réitérons notre opinion alléger et estimons que la société est composé en grande partie d’activités de faible croissance avec des problèmes structurels dans certaines divisions. »

Société Générale (11 mars) : conserver, objectif : 27 euros

« Le titre nous paraît correctement valorisé, mais avec des ressorts boursiers mal orientés : 1) le potentiel de rebond bénéficiaire est entravé par des problèmes spécifiques à ses activités défensives(comparables très élevés pour le Livre, détérioration du Sport) ; 2) une nette réduction de la décote nécessiterait un scénario ‘idéal’ de cession intégrale et rapide des participations EADS et surtout Canal+, incertaine dans des conditions favorables compte tenu des priorités apparentes de Vivendi . »

Kepler (28 janvier 2010) : achat, objectif : 35 euros

« La plupart des mauvaises nouvelles (notamment dans le sport) semblent intégrées dans le cours. Le couple risque-rendement du titre redevient attrayant, en particulier avec la probabilité d’une vente de la participation dans Canal Plus à Vivendi en 2010. »

CAC40: le cash avant tout

Comme on pouvait s’y attendre, les entreprises du CAC 40 ont été lourdement affectées par la crise internationale déclenchée outre Atlantique. Mais si elles affichent des bénéfices nets en baisse (-27% selon Les Echos, -20% selon mes calculs qui excluent les 2 entreprises à exercice décalé que sont Alstom et Pernod Ricard), leur priorité de 2009 a été la préservation du cash et du bilan. Continuer la lecture de « CAC40: le cash avant tout »