La menace « émergents »

Les pays émergents sont souvent présentés par les entreprises comme une opportunité, un eldorado à conquérir. Mais ces pays vont aussi devenir des menaces pour ces mêmes entreprises. Les salariés des champions nationaux le savent déjà, puisqu’ils sont mis en concurrence avec les « petites mains » de nombreux pays émergents, en commençant pas la Chine. La Chine, l’Inde, le Brésil… sont aussi la patrie de groupes multinationaux qui représentent de plus en plus une concurrence sérieuse pour les occidentaux. Jusqu’ici, nombreux étaient ceux qui comptaient sur leur « avance technologique » pour se démarquer. C’est de moins en moins vrai.

Partant du constat de cette « menace émergente », la Société Générale publie jeudi une étude sur ce thème. Quels sont les groupes qui sont vraiment en mesure de tirer parti de l’opportunité liée aux marchés émergents. Quels sont ceux qui, au contraire, risquent d’en pâtir ?

La banque publie deux listes de valeurs: celles qui sont affectées, à plus ou moins brève échéance, à la menace des nouveaux acteurs émergents, et celles qui seront en mesure de tirer parti de la croissance des pays émergents. Cette dernière liste de valeurs ne permet pas d’éviter la correction des marchés (SG évoque une surperformance de sa liste, ce qui est vrai en relatif aux indices européens et émergents, mais faux sur le plan de la préservation du capital).

Baptisée « SG European Exposure to Emerging Markets », le panier de valeurs qui profiteront des émergents comprend les sociétés suivantes: Anheuser-Busch Inbev, Beiersdorf, BHP Billiton, BBVA, Carrefour, Diageo, Ericsson, HSBC, Inditex, LVMH, Nestlé, Prudential, Renault, Saipem, Santander, Schneider Electric, Siemens, Standard Chartered, Technip, Unilever, Veolia Environnement, Volkswagen, Xstrata.

Les bonnes idées de HSBC

Cela ressemble au nom d’une équipe sportive. HSBC l’appelle sa liste « Europe Super Ten », mais il s’agit seulement d’idées d’investissement qui font l’unanimité entre stratégistes et analystes de la banque.

Dans son étude publiée aujourd’hui, HSBC commence par planter un décor plutôt rassurant.

« Ce ‘bull market’ déjà âgé d’un an ressemble de plus en plus à une reprise cyclique classique. La croissance économique et les résultats continuent de surprendre positivement, les taux d’intérêt commencent à remonter, et les investisseurs sont un peu plus enclins à prendre du risque. »

HSBC table sur un gain de 10% sur les marchés d’actions européens. La banque a retenu des titres ayant à la fois une exposition aux Etats-Unis et aux marchés émergents (logique: ce sont les deux régions qui connaîtrons une croissance plus rapide qu’en Europe).

Les autres thèmes joués par HSBC incluent: des surprises sur la croissance du chiffre d’affaires, un fort levier opérationnel, les sociétés sorties renforcées de la récession et les titres délaissés et sous-évalués.

Malgré la crise de dette souveraine dans la zone euro, la banque conseille 3 financières (Barclays, Crédit Agricole et Legal & General), ainsi que des titres cycliques (Aker Solutions, Deutsche Post, Ericsson, Holcim, WPP). Parmi les titres au profil plutôt défensifs, on retrouve Kingfisher et Pernod Ricard.

Sur le segment des valeurs petites et moyennes, HSBC publie également aujourd’hui sa liste de valeurs recommandées en Europe pour la période du 2è au 3è trimestre 2010.

Quel rebond pour Alcatel-Lucent ?

Depuis le début de l’année, le parcours boursier d’Alcatel-Lucent est pour le moins hésitant. Déjà affublé d’un fort beta (qui le rend sensible aux soubresauts du marché), le titre du fabricant d’équipements de télécommunications est également malmené par les incertitudes sur son avenir financier, après l’échec de la fusion entre Alcatel et Lucent il y a maintenant 4 ans. Continuer la lecture de « Quel rebond pour Alcatel-Lucent ? »